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The Act of Killing - L'acte de tuer
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Un visiteur
5,0
Publiée le 16 avril 2013
Act of Killing est un miracle, il ne faut pas avoir peur des mots. Quelque chose d'halluciné et de formellement beau qui fait irruption dans le paysage médiatique, mais également politique. On ne sait pas ce qu'il y a de plus terrible dans ces images, car il faudrait parvenir à établir une graduation dans l'horreur. Est-ce ces horribles meurtriers indonésiens qui veulent montrer dans un film tourné à leur gloire qu'ils ont œuvré pour la paix, que les milliers et milliers de "communistes" qu'ils ont torturés et exécutés devraient les remercier, car l'Indonésie et libre et prospère aujourd'hui. Est-ce cette horrible alliance entre gangstérisme et affairisme qui caractérise la classe politique indonésienne, au point qu'un vice premier ministre exalte une assemblée de bandits endimanchés en rappelant qu'ils permettent au pays d'aller de l'avant. Ou est-ce cette fin, terrible, quand un des bourreaux s'essaye au repentir devant la caméra en se forçant à vomir sur le lieu où il a assassiné avec raffinement un millier de personnes. On a reproché à Joshua Oppenheimer de piéger le spectateur dans un système (Libération), mais non, il s'agit bien d'un documentaire de la plus grande neutralité qui soit, mais un documentaire donnant à voir l'événement de l'extérieur et de l'intérieur, ç-à-d dans un double mouvement allant de notre regard à celui des protagonistes. Le décalage moral qui en découle nous laisse alors totalement abasourdi. Quelles seront les suites politiques d'un tel travail qui aurait de quoi envoyer l'ensemble du gouvernement indonésien devant la Cour pénale ? Il n'y en aura pas, et ce sera peut-être la dernière révélation, involontaire celle-ci, de Act of Killing. Le film a obtenu deux Prix au festival de Berlin (du public et du jury œcuménique), un à l’Académie du cinéma danois, a provoqué un électrochoc aux festivals de Copenhague et Toronto, pourtant il n’a été diffusé que dans une poignée de salles (dont les 3 ou 4 en France) en dépit de la qualité de ses producteurs Werner Herzog et Errol Morris. Véritable « patate chaude », Act of Killing semble avoir provoqué une grande indécision dans les réseaux de diffusion. Une bonne part de la critique elle-même semble être passée complètement à côté en préférant attaquer le procédé du film plutôt que son contenu. Tout de même, je ne résiste pas au plaisir de relayer la réaction d’une journaliste allemande, Jessica Kiang, après une projection au festival de Berlin : « Putain de merde ! Jamais vu ça ! »)
Je défie quiconque de sortir indemne de ce film qui montre une vérité crue et dérangeante. Un film qui est plus qu'un documentaire. Le réalisateur a eu un véritable courage et nous offre une oeuvre bouleversante qui peut, à l'instar de son protagoniste, nous remuer les tripes. Bravo.
On ne sort pas indemne du visionnage de ce film qui n'est ni un documentaire, ni un docudrame. Un document absolument bouleversant et dérangeant qui donnerait du fil à retordre au TPI de la Haye mais qui questionne, surtout, la conscience du spectateur, car l'on ne sais pas très bien où se situe la frontière entre le réel -le vécu- et la fiction -l'interpreté- . La remise en question -réel ou supposée- du tortionnaire, au fur et à mesure du film, traite le côté humain, s'il en peut rester un dans ce tourbillon de violence. Ce qui est profondément inquiétant c'est la participation et la reconnaissance officiel du régime en place en Indonésie, du génocide des appelés "communistes" (comprendre par là: chinois, anti régime, communistes, etc. etc). L'on arrive même à la nausée ( comme le protagoniste) et pas précisément à cause de la mise en scène trash et sanguinolente du film tourné dans le film. À voir absolument en attendant et en souhaitant que soit présenté comme pièce conviction devant le tribunal de la Haye.
Il y a un milliard de raisons que ce film annoncé chef-d'oeuvre n'en soit pas un. Il y a encore plus de raison de s'emballer sur un coup d’esbroufe bien préparée qui nous retournera le cerveau deux heures avant d'être lavé par l'oubli et la consommation cinoche. Niet. Ce film est une supercherie car il a fait croire à des assassins en masse qu'il allait les faire stars et ils y ont cru, et se sont livré plus qu'ils ne l'auraient fait dans un documentaire grave et sérieux. Mais c'est une...tuerie (jeu de mot vulgaire compte tenu du contexte). L’appellation chef-d'oeuvre n'est pas contestable. Le personnage principal est hanté par ses mains rouges d'hémoglobine humaine, comme un héros shakespearien, et comme là-bas le vernis occidental ne recouvre pas l'aspect Tiers-Monde, il est cette âme déchirée, classique malgré lui, que le film va monter devant les portes de la catharsis, le happy end, pour mieux le faire chuter dans les flammes de l'enfer de sa propre conscience, pas avec les regrets aiguisés de la la culpabilité, ce serait trop simple, mais vers l'humiliation de la déchéance morale et psychique. La guillotine de cette justice morale nommé conscience avec ses bases universels sur le bon et le mal, va lui charcuter les neurones à défaut de sa nuque. Au-delà de notre star, c'est le portrait corrompu de tout un pays qui est mis sur pellicule. Ici si Cahuzac a fait du ramdam, allez-voir The act of killing. Par exemple, c'est équivalent à la cosa nostra vraiment au gouvernement sans la marionnette Berlusconi pour s'interposer devant le peuple, ou plutôt c'est l'empire USA qui agite les fils de la chimère Union Européenne pour dénationaliser/régionaliser les peuples sans Sarkhollande UMPS pour s'interposer devant nous. C'est impressionnant.Réel uppercut. Farce grotesque de tortionnaires sans foi ni loi, adoptant la pause en posant en prières musulmanes entre deux rackets au souvenir ému de viols commis passés, ah jeunesse quand tu nous tiens...Ils ont des physiques particulièrement pourris révélant pour beaucoup les turpitudes de leurs esprits, brutes épaisses indonésiennes efféminés... Sauf notre Anwar Congo national, pourtant mince, avec sa démarche de danseur et sa peau foncée dont on se moque. Il est assez beau pour que les dernières scènes de l'effet miroir l'inscrive dans l'histoire du cinéma à défaut des belles pages de celle son pays comme il l'a cru si longtemps. A un moment un des gangsters institutionnalisé, dans un sursaut de lucidité, après une déception à propos d'une ruse malsaine qui profita à des corrompus plus malins que lui, évoque l'esprit qui règne sur les gens, tous, n'agissant, ne bougeant corps et paroles que pour l'argent, se souriant en communauté comme la mer sur des ailerons voraces, mais mangés au fond par la haine que cela charrie, et dit à peu près que c'est vide et brillant comme à la télé, on a des âmes de télé : pas mieux. Même si ça passe loin de chez vous, ou qu'il vous faille pirater internet, mon Dieu, voyez ce film. Çà consolide l'instinct de survie plus qu'une grande frayeur ou un stage commando.