Yves Saint Laurent ou « La vie d’un jeune sodomite » Pourrait t’on titrer après avoir vu cet embarrassant biopic. Un film a la maladresse électrisante tant sur son esthétique poussé à l'extrême ou du sexe, qui domine tout le long du métrage tel un oppidum romain. On pourrait le comparer au film Cloclo, bien que les personnages soient sans commune mesure. Mais la ou Cloclo trouvait son parfait équilibre entre la vie de Claude François et sa musique, YSL le film ne trouve son réconfort que dans son défilé sexuel, un comble pour un homme de la mode. Le cheminement du personnage de Cloclo donnait l’envie d’en savoir d’avantage, ce film partait de quelque chose pour aller vers quelque chose en nous racontant une histoire. YSL ne raconte rien, juste un vide ou l’on s’engouffre sans pouvoir remonter a la surface. Je reste attristé d’avoir vu un film qui raconte la vie d’un Grand, d’un Géant de la mode et d’en avoir retenu qu’une succession de sexe a vous en dégouté, là ou « Shame » pouvait donner cette même sensation.
YSL le film donne ce sentiment d’avoir vu, et excuser moi du mot, la vie d’un enculé. Le secret de Brokeback Mountain qui partage également l’amour identique reste a mon sens un des plus grands film d’amour de tous les temps et cela n’a rien à voir avec l’orientation sexuelle, juste un film d’amour d’une beauté inouïe, presque indescriptible, surpassant allègrement les comédies romantiques dit homme/femme. Je n’irais pas jusqu’à dire que ce film donnait l’envie de partager un amour homosexuel mais ce film donnait l’envie d’aimer, point. YSL prend a contre-pied le sens d’aimer pour rester sur un amour sauvage. La question se pose a moi comme une évidence : le sexe pour le sexe a t’il un réel intérêt ? L’assouvissement d’une pulsion animale nous rends t’il plus heureux ? Non, puisque la bestialité pénétratrice nous condamnent à l’auto destruction, elle mène a recommencer indéfiniment sans trouver d’accomplissement personnel, juste a provoquer en nous la satisfaction d’avoir pendue a vue notre bel étendard. Aimer ne se justifie pas dans l’acte sexuel a proprement parlé mais dans l'acheminement qui mène a cet acte. YSL ne fait que provoquer en nous ce dégoût de l’acte ou aimer passe au second plan, ou l’esthétisme surréaliste de ses scènes n’a aucun intérêt ou peut être, de rendre jaloux les productions cinématographiques pornographiques.
On ne pourra pas nier l’interprétation formidable de Pierre Niney, au mimétisme stupéfiant, mais imaginez ce même personnage joué par lui transposé dans un univers qui n’est pas le sien ? Un gâchis.
Avant la projection, j’ai aperçu Charlotte Gainsbourg dans la file d’attente, annonciateur de ce qui allait m’attendre suite a son « nymphomaniac » (Pas vu) Charlotte Gainsbourg ou la colombe au signe évocateur de ce qui allait se passer.
Pourrais je encore baiser après avoir vu ce film ? Surement pas, puisque je ne baise pas, j’aime.