1h15 d'exposition chiante à mourir puis 25 dernières minutes assez chouette. Est-ce que ça suffit ? Pour moi, non. Le cinéma français se perd à vouloir à tout prix être réaliste. Qui veut encore transcender les choses, nous faire vivre autre chose que notre propre quotidien dans une salle obscure ? Qui ? Les frères Larrieu, Alain Resnais... Ils sont si peu...
Comment rentrer dans ce film (mou) et "croire" à cette histoire (banale, insignifiante) quand le "rocker" de retour au pays - Tonnerre - est incarné par Vincent Macaigne à qui on pourrait conseiller d'arrêter de jouer les post-adolescents vu l'âge qu'il a. Franchement, ça ne passe pas. La pseudo histoire d'amour avec une gamine qui paraît avoir 17 ou 18 ans à tout casser, là on frise le grotesque (problème de casting évident). Le (petit) virage vers le polar (vers la fin) amène un peu de tension à ce nanar, et puis pschitt ! l'amour reprend son cours .. encore que. Ennui mortel distillé si l'on n'a pas l'œil énamouré du critique raide fan de ce réalisateur (Brac). J'ai (retrouvé et) apprécié la prestation de Bernard Menez qui est convaincant dans ce rôle de père.
Un premier long-métrage, donc une surprise, un manifeste tel "Boy meets girl" de Carax à l'époque. Soit une poétique à flux tendu donnant un tour dramatique à l'item "comédie du remariage". C'est l'histoire de Maxime, rocker parisien rentré chez les siens dans un no man's land digne du "beau Serge" de Chabrol où y'a rien d'autre à faire qu'à aimer et (se) buter. Ca tombera sur Mélodie post Nelson, flanquée d'un footbaleur de seconde zone un brin jaloux. Et comme l'amour rend fou, Maxime finira de sombrer comme moi. L'intrigue est si simple qu'elle en devient idoine. Surtout, dans la lignée évidente de Dewaere, Macaigne est chialant de romantisme. Aucune compromission dans son amour. On se croirait dans un Blier de la bonne époque, en plus speed et moins ronflant. Un drame nival à la française avec quelque chose de magique.
"Tonnerre" est un film déroutant qui commence comme une comédie romantique et se termine comme un polar angoissant. Maxime (Vincent Macaigne au charisme cabossé) est un rocker en panne d'inspiration. Il vient se ressourcer à Tonnerre dans l'Yonne chez son vieux père, veuf et bourru (Bernard Menez à mille lieues de pitreries auquel il nous a accoutumés). Il y rencontre Mélodie, une jeune pigiste, en tombe amoureux, la courtise, la séduit. Cette première partie du film est charmante. Elle a le parfum rafraichissant du marivaudage. Maxime a le coup de foudre (à Tonnerre ... c'est un comble) ; Mélodie lui cède bientôt, le rouge aux joues, non sans lui opposer les résistances d'usage. Puis, le film bascule. Car Mélodie se refuse à Maxime qui part en vrille. Sa colère le dispute à son chagrin. Il verse dans la violence, contre lui-même d'abord, contre les autres ensuite. Cette seconde partie est malaisante. D'un côté, on est touché par le désarroi de ce grand garçon maladroit, amoureux jusqu'à l'excès comme on l'est à 16 ans. De l'autre, on n'adhère pas à cette dérive obsessionnelle, trop excessive, trop violente, mal filmée, pas assez crédible pour être totalement convaincante. Ami cinéphile, j'aurais une question à te poser en MP si tu as vu ce film : qu'advient-il de Mélodie à la fin ?
J'ai trouvé ce film absolument sans intérêt. Je l'ai vu (avec ennui) jusqu'au bout à cause des critiques qui avaient encensé le film. Mais le film est très lent et a du mal à démarrer. Les acteurs sont parfaits, notamment Vincent Macaigne et Bernard Menez, mais que sont ils venus faire dans ce film.
Parfois, le froid peut rapprocher les corps égarés. De temps en temps, une ville morte perdue au fin fond de la Bourgogne peut donner lieu à des rencontres mémorables, mais à des films qui le sont moins. Quelquefois, nous sentons que le temps s'est faufilé dans la pellicule pour nous faire sentir de terribles impatiences où l'attente de l'être cher devient pesante, et le poids des années difficile à supporter. Bienvenue à Tonnerre, où un rockeur, son père et une jeune journaliste vont tenter de vivre.
Ici, l'ambiance est hivernale, fixée dans le temps, telle les habitants figés dans leur propre quotidien, terne et sans saveur. Parmi eux, un extraterrestre au nom de Maxime, rockeur déséquilibré de trente ans. Avec cet homme et après La bataille de Solférino, l'excellent Macaigne campe un nouveau personnage fragile, abîmé, inconstant. L'amour peut aussi vite nous faire pousser des ailes que nous les brûler. Attention alors aux conséquences qu'il engendre, car elles peuvent être terribles.
Tonnerre traîne toutefois en longueur et sa lenteur lancinante lassera probablement l'auditoire, notamment lors de l'épilogue. Malgré ce souci rythmique, le réalisateur recèle de bonnes intentions, comme le fait d'interroger son héros sur la place qu'on occupe sur cette Terre. Cette question renvoie à la propre condition de ce sentimental déprimé. Idem pour cette relation père / fils faite de non-dits et de rancœurs, qui réussit par décoller à certains moments sans vraiment nous toucher. Enfin, sa liaison amoureuse est elle aussi sensible mais manque d'originalité pour vraiment nous accrocher.
Finalement, le film tout entier ressemble à une sorte d'anecdote humaine, peu mémorable mais bienveillante, qui, à certains moments, réchauffe également nos cœurs. Pourquoi ? Parce qu'on sent émerger de ce chaos quelque chose qui ressemble à de l'amour.
Ceux qui comme moi avaient aimé le moyen métrage de Guillaume Brac " Un monde sans femme " devaient être impatient de découvrir son premier long-métrage. Aucune déception. Un véritable vent de liberté souffle sur la manière de Guillaume Brac a de raconter son histoire, diriger ses comédiens, loin des chichis maniérés d'un certain jeune cinéma français nombrilique et parisien. Ca donne de l'espoir, c'est généreux et très inattendu. Et non, le cinéma français n'est pas encore mort.
Un magnifique film sur la rencontre amoureuse et le vide créé par l'absence. Macaigne est toujours aussi excellent. Et Solène Rigot très prometteuse... Le film le plus émouvant de ce début d'année !
Je mets 1 étoile. Parce que ce qu'après avoir savouré la bande-annonce de "Tonnerre", j'avais l'espoir de voir un long poème dans la neige avec des comédiens détonants dont l'excellent Vincent Macaigne. Et puis, patatras. A refaire. Tout est vraiment à refaire (direction d'acteur, montage, mise en scène...). Quelle déception!