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Jonathan M
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3,5
Publiée le 17 avril 2014
Mon âme par toi guérie, c'est d'abord un scénario vérité. Juste un peu romanesque certes, mais rendu clairvoyant par un parti pris scénaristique assumé. C'est aussi un message qui est passé. Que la France sous cette angle, çà peu choqué, çà peu aussi sembler banal, mais déjà çà bouscule. Le propos du mec qui a un dont, oui c'est bien, mais moi l'histoire je la vois pas là. Si tu veux apprécier ce film à sa juste valeur, tu prends un peu de hauteur, tu observes en faisant le curieux, et tu te dis que "merde, c'est pas con". Troublant.
Un film qui touche surtout par sa simplicité mais aussi par la manière dont il entraîne peu à peu le spectateur dans son univers. L’image est globalement très belle et Grégory Gadebois formidable. Marquant.
François Dupeyron, jeune prodige du cinéma français révélé par "Drôle d'endroit pour une rencontre" avant d'emprunter des chemins de traverses hasardeux ("La chambre des officiers", "Monsieur Ibrahim et els fleurs du Coran", "Trésor" ...) et Yves Angelo qui signe la lumière tirent tout le parti d'une Côte d'Azur hivernale filmée à contre-jour. On est proche de la mer, dans une atmosphère de vacances, mais aussi parmi des gens simples. Frédi vit dans une caravane. Épileptique, il doit quitter son travail. Sa mère vient de mourir. Elle était guérisseuse. Elle lui a légué son don.
Gros nounours solitaire, embarrassé par des pouvoirs dont il ne sait que faire, Grégory Gadebois (de la Comédie française) livre une composition extraordinaire qui lui vaudra à coup sûr une nomination aux Césars. Son rôle n'est pas sans rappeler celui qu'il tenait dans "Angèle et Tony" aux côté de Clotilde Hesme, un film passé hélas inaperçu qui racontait, lui aussi, au bord de la mer, la rencontre de deux êtres brisés. C'est Céline Sallette, une comédienne qui monte ("L'Apollonide", "Ici-bas", "Un château en Italie"), qui joue ici le rôle de celle dont l'âme sera par Frédi guérie. Alcoolique, elle a l'élocution lourde et la démarche incertaine. Quel beau titre ! Quel beau film !
Le titre baudelairien évoque non seulement le pouvoir de guérison de Frédi, le personnage principal, mais aussi toutes ces âmes en souffrance qui peuplent le film : le père de Frédi, veuf, peu enclin à la solitude et en rage contre le monde du travail ; sa fille ado, dépressive, témoin muet des disputes de ses parents, séparés ; une amie d'enfance, qui gère sa vie tant bien que mal entre ses trois enfants turbulents et un compagnon volage ; la mère du gamin renversé, qui en veut à Frédi et à Dieu ; une inconnue croisée dans un bar, complètement alcoolique et désespérée... Sans oublier tous les "patients" de Frédi, qui viennent le trouver pour de petits bobos ou de grands malheurs. Bref, il y a dans ce scénario un bon concentré de misère humaine... Mais Dupeyron a su transcender son sujet, ou plutôt ses sujets, en excluant tout pathos inutile, sans sécheresse non plus, en tout cas sans misérabilisme, mais en allant "de profundis" vers la lumière (mouvement illustré par la superbe photo d'Yves Angelo). Le film affiche une belle intensité, humainement parlant, grâce à de bons dialogues, mais surtout grâce à une excellente interprétation d'ensemble : Grégory Gadebois, qui en impose en termes de présence, à la fois puissant et subtil ; Céline Sallette, convaincante dans un rôle casse-gueule (et malheureusement un peu artificiel) d'alcoolique ; Jean-Pierre Darroussin, dense sous des dehors peu expressifs ; Marie Payen, très bien dans un registre borderline ; et Philippe Rebbot, acteur étonnant, qui dégage une drôle d'énergie brute. Il y a de la générosité dans ce film, du don de soi. Et une envie d'embrasser large qui constitue aussi, hélas, l'écueil principal du scénario. En introduisant beaucoup de personnages, beaucoup de pistes dramatiques, Dupeyron ne parvient pas à tout faire exister et laisse quelques petites frustrations de traitement. Par exemple vis à vis de l'enfant renversé, de sa mère, ou encore de la fille de Frédi, personnages que l'on aurait aimé voir plus travaillés. Dommage, également, que le personnage interprété par Céline Sallette amène comme un deuxième film dans le film (du coup un peu long) et fasse perdre certains fils narratifs tissés jusque-là. "Mon âme par toi guérie" n'en demeure pas moins une oeuvre assez inspirée, avec une histoire prenante et un contexte insolite, une Côte d'Azur comme on l'a rarement montrée au cinéma, un envers du décor des cartes postales, un no man's land avec ses êtres en marge et ses mobil-homes.
Ce drame, mettant en scène le don de guérisseur est, malgré une bande-son agressive, doté d'un scénario au sujet peu traité, d'une bonne mise en scène et d'une sensationnelle interprétation de Grégory Gadebois. Un très joli moment de cinéma.
Avec un certain charme, les comédiens (tous très justes) nous embarque dans une reflexion intéressante sur ce qui pourrait être l'âme et la façon dont celle-ci se meut en chacun de nous. Il est dommage que le film s'allonge sur une telle durée (2 heures) car entre scènes un peu bavardes et redondantes l'ennuie nous gagne par intermittences.
Fredy et Nina sont deux estropiés de la vie. Fredy, renfermé, épileptique et guérisseur malgré lui. Un don hérité de sa mère qu’il utilise d’abord pour réparer la faute qu’il pense avoir commise en renversant un enfant à moto. Cette culpabilisation le taraude tellement, qu’il va petit à petit accueillir dans son mobil home des cas de plus en plus désespérés. Entre deux séances d’imposition des mains, il descend des « 16-64 » dans l’attente d’une improbable rédemption. Lucide, il avoue « je suis à côté de ma vie ». Question picole, Nina fait encore plus fort. Elle est à la ramasse du matin au soir. Se noie dans les coupes de champ’ en souvenir du temps où elle était la muse d’un grand artiste. Quand Freddy décide justement de la ramasser dans un bar, on devine que la meilleure façon de noyer deux solitudes c’est de soigner leurs bleus à l’âme. En ouvrant le grand chantier des non-dits. Voilà les deux infirmes des sentiments transformés en guérisseurs de leurs douleurs intérieures. C’est une jolie fable, forte et dense que propose François Dupeyron. Une fable servie par deux superbes comédiens, Grégory Gadebois, épais et fin à la fois et Céline Salette qui s’abandonne avec une rare vérité.
Mon âme par toi guérie...Le titre est particulier, la phrase est particulière aussi. Dernier film de François Dupeyron (Drôle d’endroit pour une rencontre, La chambre des officiers), oeuvre elle aussi particulière dans le fond et dans la forme. Oui je vais défendre ce film qui ne sera plus à l’affiche dans une semaine, même s’il y a des moments chiants et des scènes non essentielles. Le pitch ? Fredi a peut être le don de guérison hérité de sa mère. Pourtant il le renie. Jusqu’au jour où il renverse un enfant qui va sombrer dans le coma. Fredi, c’est Grégory Gadebois, ours au grand coeur, néanmoins un peu mal léché, qui est omniprésent et très convainquant. Plus encore, ce mec est bouleversant d’intensité, de fragilité, d’intelligence de jeu, et porte le film quasiment à bout de bras, et ce pendant deux heures chrono. En revanche d’autres personnages moins intéressants nous détournent de l’action et de l’affection portées d’emblée à Fredi. Son ami d’enfance, personnage lourd et pas essentiel, incarné par un comédien qui en fait des tonnes qui casse la poésie de l’ensemble et n’apporte rien à rien. La mise en scène ne ressemble à aucune autre, surtout aujourd’hui dans l’ère du speed, car Dupeyron prend le temps de se/nous poser et propose de longs plans, des champs/contre-champs où celui qui parle n’est pas toujours celui que l’on voit. Il impose un rythme plutôt lent, dans une lumière du sud, orangé mais crue, un savant cocktail original que l’on ne voit pas souvent à l’écran. L’histoire racontée est triste, les personnage le sont aussi, le lieu, la côte d’Azur est également mélancolique, mais malgré cela le film propose un espoir, une petite lumière qui sauve tout. Signalons une bonne fois pour toutes, que Céline Sallette est peut être la plus grande actrice de sa génération, et que sa composition d’alcoolique, rôle casse gueule à souhaits, remet pas mal de pendules à l’heure. Ce n’est pas un film à mettre entre toutes les mains, mais c’est un film qu’il faut aider coûte que coûte. Je poste en même temps le papier de Grégory Marouzé dans lequel il fait état du coup de gueule de François Dupeyron sur l’état de la production dans le cinéma français d’aujourd’hui. Je recommande.
Heureusement que François Dupeyron a réussi à trouver un producteur, nous n'aurions pas eu la joie et le bonheur de vois ce très bon et très beau film. Il fait du bien à l'âme de ceux qui vont le voir !
Film rempli de chaleur humaine, et d’alcool aussi (on dégoupille des 1664 à tour de bras), "Mon âme par toi guérie" (adapté d’un romande Dupeyron himself), renvoie une image de la Côte d’azur et de la mer assez atypique, presque à contre-emploi, que le réalisateur utilise non pas comme un objet de glamour mais plutôt comme un contre-feu à la douleur ressentie par les personnages durant tout le film. Un contraste qui en tout cas fonctionne bien et offre un film original et touchant qui parle de la vie, dans ce qu'elle peut avoir de banal et d’extraordinaire à la fois.
Drôle de film ! Vraiment athypique. Je suis allé au ciné un peu a reculon pour finalement me laissé hypnotiser petit à petit. Le film démarre doucement puis la vie du personnage principal progresse vite (amour, drame, dispute, accident). Certains plans peuvent même faire penser a du Bergman notamment la scène ou la mère de l'enfant accidenté cherche un dernier espoir auprès de Georges et part dans un monologue, la tension et l'émotion y sont palpables. Mention spéciale à Cecile Salette très bonne actrice que je découvre et aussi à Jean Pierre Darroussin dans un second rôle pas vilain même si il parle peu. A l'image de ce film singulier, envoûtant, un poil trop long peut-être. Mieux vaut aller le voir au cinéma pour ma part, histoire de voir les choses en grand et de n'être distrait ni par un ordinateur, une télécommande ou un téléphone car quelques longueurs existent tout de même.
Grerory Gadebois tient le film avec son superbe jeu. Il nous emmène dans sa vie, dans ses doutes, ses problèmes. Il est touchant, solaire. C’est un beau film, cependant le réalisateur nous plonge dans plusieurs histoires, sans pour autant les approfondir et ça laisse comme un goût amer. Qu’en est-il de cet enfant qui débute l’histoire ? D’un coup, plus rien ! On ne sait pas !. Une réserve sur Céline Sallette qui sur joue complètement et qui rate la sa prestation d’actrice et c’est vraiment dérangeant d’assister à un tel mauvais jeu. Heureusement qu’elle n’arrive à l’écran tardivement car c’est insupportable. Cela reste toutefois un beau film inachevé avec la découverte d’un acteur qu’est Gregory Gadebois.
Au secours ! Comment est-il permis de mettre à l'écran pareille déconfiture ? J'ai cru un moment qu'il s'agissait d'un film d'adolescent tourné sur un téléphone mobile pour mettre en ligne, tant c'est bâclé... Pas de narration, pas de dialogues cohérents et encore moins pas de direction d'acteurs (on aperçoit Darroussin seulement que de dos !) Nul de bout en bout. Je pense qu'ils ont du tourner ça sur 2 jours maximum...La honte... Manquerait plus que des aides aient été accordées, là ça friserait l'escroquerie.
Un film admirable, superbement réalisé et merveilleusement interprété. Grégory Gadebois, que je ne connaissais pas, est tout simplement extraordinaire. Il y a une force pure qui se dégage de son personnage et sa prestation, d'un naturel absolu, est réellement marquante. Je regrette juste une bande son trop forte.
Très , très décue j"ai traversé tout Paris pour une chronique nauséeuse des laissés pour compte de notre société caricaturés ( bonjour les femmes toutes à l'ouest et avec un numéro criant et dérangeant d"une poivrote bipolaire , le copain""nanard" mérite son nom de navet Fredy est plus "museau que placide") seul Darroussin en grand pro surnage... Je me suis trouvée plus voyeuse qu'invitée à comprendre et je crois que tous les lauriers des critiques viennent comme hélas souvent de leur méconnaissance d"un pauvre milieu plus que d'un milieu pauvre!