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Un visiteur
1,0
Publiée le 25 janvier 2014
Une atmosphère mystérieuse qui se développe bien au fil des minutes. Jusqu'à cette scène, qui laisse pantois : spoiler: la découverte du policier motard sur la plage arrière de la voiture . Dès lors, lorsque les explications arrivent, on se dit que ce film est un immense foutage de gu... qui insulte littéralement le bon sens du spectateur. Comment voulez-vous croire à : spoiler: - ce prof mollasson qui agresse un policier costaud en plein Lausanne, et qui le met dans sa voiture après l'avoir bien assommé.
- cette relation incestueuse.
- la mère de la disparue, pardon, la belle-mère, qui en fait est une flic, qui tombe amoureuse du suspect
- suspect d'ailleurs envers lequel il n'y a rien, pas le commencement d'une piste (ou du moins ce n'est pas montré) et envers lequel on déclenche une opération de grande envergure
- d'ailleurs, pourquoi lui avoue-t-il à la fin qu'il est le meurtrier ? S'il ne répond pas à la question direct "c'est toi qui l'a tué ?" qu'est-ce que la police a contre lui ?
- il a des trous de mémoire. Il ne sait pas, mais il sait quand même où est le corps. En fait c'est confus.
- et la soeur qui le couvre, mais de quoi ? Sait-elle ? Ou pas ?
Quel dommage que les trois quart du film soit assez plat , lent et un peu ennuyeux car la fin est bien , les acteurs pas mal et l'ambiance et les décors tres bien.
Marc anime un atelier d'écriture à l'université de Lausanne. Un bon job qui lui permet de faire plancher ses étudiantes sur un thème plus ou moins vaseux (le paysage comme reflet du monde intérieur) et de se dégager de tout suivi pédagogique une fois les consignes délivrées, la majeure partie de son temps consistant à séduire son public féminin avec bien sûr l'envie d'en tirer les conséquences le plus vite possible au lit ou dans tout autre lieu propice. Il vit en compagnie de sa soeur avec laquelle il entretient parfois des relations incestueuses sans le moindre complexe, le frère et la soeur se montrant toutefois jaloux des conquêtes de l'un et de l'autre. Un soir, il ramène une proie, une jeune et jolie Barbara qu'il honore durant la nuit. Au matin, la jeune fille ne répond plus. Voilà le départ d'un thriller très chabrolien avec une touche venue de ce cher Alfred - le titre du film est du reste un bon indice. Les conquêtes se suivent : Anna, la belle-mère de Barbara, qui enquête à sa manière sur la disparition de sa belle-fille, puis Annie, jolie petite étudiante dont le moins qu'on puisse dire est qu'elle n'a pas froid aux yeux. Et tout ce petit monde rivalise d'intelligence et de cynisme, servi par une distribution de qualité : Mathieu Amalric, égal à lui-même, à la fois élégant et prêt à tout, Karin Viard, dont l'attitude altière et la liberté de ton rappellent la grande Stéphane Audran des années 60-70, Maïwenn, délicieusement perverse, Sara Forestier à la grâce féline et l'exquis Denis Podalydès qui joue le rôle d'un recteur d'université qui n'hésite pas à se ridiculiser quand il tombe sous le charme de Marianne, la soeur de Marc. Tout cela a donc de quoi nous régaler. Et pourtant... Le film, comme souvent chez les frères Larrieu, est inégal : tantôt l'on est prêt à suivre les personnages dans leurs aventures érotico-sentimentales, tantôt en revanche on s'ennuie ferme, tantôt enfin les frangins retrouvent cette belle virtuosité qui nous rappelle à l'ordre et nous amène à ne pas décrocher. Car il y a de beaux moments : le meilleur exemple étant donné par les retrouvailles entre Marc et Anna, placées sous le signe de l'urgence érotique à satisfaire - et la caméra qui s'aventure dans un sous-sol en quête de toilettes où le désir pourra se donner libre cours est une pure merveille. Quant à l'image, elle est toujours soignée, esthétiquement très réussie et la fameuse lumière naturelle dont il est plusieurs fois question dans le film est parfaitement exploitée, trouvant un écho dans la maîtrise des lumières d'intérieur tantôt glacées, tantôt mordorées.
La voix monocorde de Mathieu Almaric m'a d'abord exaspérée. Puis dans son rôle de professeur de littérature où il exerce sa profession de façon assez originale et ses thèmes choisis intéressants, son ton collait fort bien à ce personnage pour le moins mystérieux et déjanté. De plus les rapports frère/soeur sont pour le moins curieux. Le somnambulisme dont est atteint l'acteur principal fait qu'au fur et à mesure que l'on avance dans le film on ressent non seulement un malaise, une inquiétude, mais personnellement je ne voyais pas la fin le concernant se passer autrement. Petite question : si le sexe n'existait pas, il y aurait-il encore des sorties de film ? Bref, du suspens jusqu'au bout et pour un film français, il n'est pas mauvais.
Un professeur de littérature en suisse, qui vit avec sa soeur, est un séducteur maladif. Ce qui frappe d'emblée c'est qualité de la réalisation, elle est tantôt aérienne, tantôt proche des personnages mais toujours dans une forme de distance neutre. Ensuite, comment ne pas parler des acteurs, Amalric en tête, le film pourrait être vu que pour eux. Enfin l'histoire compliquée à souhait, labyrinthique et tortueuse envoûte. Rien n'est évident tout est suggéré avec une grande finesse. Voilà un film dont on se dit, que le cinéma parfois cela produire cela, une aventure humaine inédite et fascinante. Un grand film.
le scénario est vraiment moisi, et très confus et pour tout ride, ridicule. un franc ratage! j'ai quand même aimé les paysages de montagne enneigées, ça m'a rappelé mes vacances à l'Alpe d'huez il y a quelques jours, et aussi mon mal de dos dû au ski, ouille!
La mise en scène est élégante, la photographie et les couleurs superbes, l'histoire originale, la musique atypique et hypnotique, les effets sonores impressionnants... Et cette université tout en baies vitrées, quel décor de cinéma extraordinaire ! Pourtant, "L'amour est un crime parfait" peine à passionner ou à se révéler vraiment intéressant, la faute à des dialogues bien trop littéraires qui décrédibilisent les personnages et les éloignent du spectateur. Le long-métrage aurait pu être un grand film de mise en scène, et c'est certainement ce qu'il serait devenu s'il n'était pas aussi bavard. L'effet produit est de donner l'impression d'assister à un long et agaçant – voire prétentieux – monologue de Mathieu Amalric, ici bien peu attachant en Don Juan hautain contemplant le monde d'un air supérieur avec sa cigarette électronique aux lèvres. Les acteurs sont pourtant bons et impliqués, mais la fadeur de leurs répliques les rend finalement peu convaincants. C'est d'autant plus dommage qu'il existe un certain nombre de scènes marquantes et surréalistes, comme le générique d'ouverture, l'essai de l'écran 3D, les déplacements du professeur à l'université, spoiler: sa crise de folie devant le policier et sa lente ascension dans la neige avec le cadavre sur les épaules, ou encore la très belle fin (hommage explosif à Godard ?). Onirique tout en étant trop réaliste, sentimental tout en refusant l'émotion, beau tout en se gardant de toute poésie : "L'amour est un crime parfait" multiplie les qualités mais ne va pas jusqu'au bout et paraît finalement bien trop vide, vide que le mystère du scénario ne parvient pas tellement à combler. L’œuvre reste cependant une expérience cinématographique audacieuse et inédite, à l'atmosphère faussement héritière de "Twin Peaks" particulièrement réussie, mais j'ai tout de même eu le même sentiment que j'avais connu à la sortie de "Cartel" de Ridley Scott : l'impression que l'ensemble des éléments permettant la constitution d'un chef-d’œuvre était présent dans le film, mais que ce dernier était incapable de s'en servir pour atteindre la grâce suprême (admettons toutefois que sur le papier et même jusqu'à la fin de la post-production, tout film ou projet cinématographique est un chef-d’œuvre potentiel).
une catastrophe. Une dizaine de personne est sortie tout au long du film, sans doute motivées par un ennui sans fond. Un phrasé théâtreux, des répliques ridicules.
Ce film est absolument déplorable ! J’ai rarement vu un film aussi mauvais, malsain et glauque. Les acteurs principaux entretiennent une relation incestueuse frère/ sœur tout au long du film avec des scènes à faire froid dans le dos, sans que l’on sache d’ailleurs pourquoi ... De plus , c’est un thrilleur où l’on recherche le coupable du meurtre mais sans en connaître les mobiles .... qui ne seront jamais mis au grand jour puisque le film s’arrête sur toutes les questions mises en suspend depuis le départ ... Un film n’ayant ni queue ni tête ! Une catastrophe cinématographique, se voulant intellectuel et snobinard mais est tout simplement pathétique du début à la fin ... J’ai d’ailleurs du mal à comprendre comment des acteurs français renommés comme ceux apparaissant dans le casting aient pu un jour lire ce scénario et acceptés d’y jouer ... Honte à eux pour leur carrière cinématographique.... Quelle tristesse , c’est navrant.
Je mets une demie étoile en revanche pour les paysages sublimes ...
Malgré une histoire intéressante et un casting convaincant, ce thriller érotico-littéraire basé sur un roman ne propose qu'une intrigue lente, lassante et suscitant rapidement l'ennui. Dommage...
Décrire un paysage pour parler de soi, donner "de la pure présence" en faisant disparaître la première personne: "L'Amour est un crime parfait" est un film où l'on n'arrête pas de théoriser sur l'écriture. C'est ce que fait Marc (Mathieu Amalric) : il donne des cours de "creative writing" dans une université suisse ultramoderne. Mais de quelle écriture parle-t-on? Celle d'un texte ou celle d'un film? A travers les cours d'écriture de Marc, je ne peux m'empêcher de voir ce que les Larrieu veulent dire sur leur façon d'écrire un film. Et ce qu'ils disent est particulièrement intéressant: ils disent qu'il faut revenir aux paysages (et c'est ce qu'ils font), ils disent qu'il faut en finir avec le cinéma du "moi", cinéma de "l'histoire vraie". "C'est mon histoire", a dit Guillaume Gallienne à propos de "Guillaume et les garçons à table"; "c'est notre histoire", ont dit Valerie Donzelli et Jeremie Elkaim au moment de la sortie de "La Guerre est déclarée". Et si toutes ces "histoires" ne nous intéressaient pas? Et si ce cinéma du "moi" avait fini par nous écoeurer? Et si l'obscénité dont on parle en ce moment à propos de Nymphomaniac se trouvait plutôt dans ces films où les auteurs ont besoin du spectateur pour procéder à une catharsis qui ne concerne qu'eux? Le film des Larrieu me plaît parce qu'il se situe à l'opposé de ce cinéma narcissique que je ne peux plus voir. Il cultive sa très grande bizarrerie et celle-ci se ressent partout: dans le jeu des acteurs, qui sonne faux, dans les dialogues, très inégaux, dans le traitement des décors et des paysages, dans le choix des musiques. On est parfois dans une autre dimension, qui n'a rien à voir avec le "naturalisme" français, concept vide par lequel on essaie d'ériger aujourd'hui la misère esthétique de certains films d'ici en posture. Dans son dernier quart d'heure pourtant, le film revient vers une sorte de "droit chemin": il se termine au bord d'un lac, dans un bungalow qui ressemble à n'importe quelle chambre d'hôtel, ou à n'importe quel appartement de film français moyen. Et là commence quelque chose qui ressemble en effet à un très mauvais film français, mais ce film n'aura pas le temps de naître: tout va brûler, personnage et décor. On peut trouver cette fin maladroite, mauvaise (et elle l'est, si l'on s'en tient strictement à l'histoire), on peut aussi y voir une sorte de signal, comme si les Larrieu voulaient dire, très simplement, très radicalement aussi, qu'ils n'iraient pas plus loin sur cette pente-là, celle du mauvais cinéma français, avec ses histoires d'amour, ses crises de larmes, son pathos. A cette pente raide sur laquelle le film se laisse un peu glisser, ils préfèrent les montagnes enneigées, les chalets, les "buffets nordiques" et les routes tortueuses. Un tel désir d'étrangeté est rare, c'est ce désir qui porte le film, c'est ce désir qui le rend si précieux.