Rien de révolutionnaire dans le traitement, plutôt carré, rapide, précis de cette histoire que je ne connaissais pas, inculte que je suis, et qui m'a passionné de bout en bout. C'est le genre de films qu'on faisait beaucoup dans les années 70 (Pollack, Pakula) et puis beaucoup moins aujourd'hui, comme si l'investigation,la dénonciation, l'indignation avaient déserté les rangs. Signe des temps, d'une époque molle où tout se vaut. Michael Cuesta a signé des films plus originaux et plus confidentiels et son travail à la télévision est toujours garant de qualité, notamment en ce qui concerne la direction d'acteurs, qui sont vraiment tous très bons, n'en font pas des caisses, déjouent des situations parfois "clichés" en leur opposant sobriété et invention. Là encore, une histoire réelle (ça commence à être pénible ce label, comme si le réel, le vécu était à toute force un gage de qualité) sert de base à un scénario édifiant dont le scandale, nous apprend-on dans les dernières secondes film, a été passé sous silence au profit de l'Affaire Clinton-Lewinsky. Autre signe des temps, les chambres à coucher, les bureaux ovales, les secrets d'alcôve en France comme aux Etats-unis passionnent plus que les scandales d'Etat. Terrible constat, bon film, et un score au box office qui confirme mon assertion précédente. Combien d'acheteurs (je n'ose écrire lecteurs) déjà pour Merci pour ce moment? ...