Nul besoin de rappeler qu'Infinity War n'est pas un film comme les autres. Voilà 6 ans que les studios Marvel le préparent, et c'est une première dans l'industrie cinématographique. Le projet a réuni une armée de fans, prêts à en découdre pour voir cette anomalie sortir sur grand écran. Alors, cela valait-il le coup ? Eh bah franchement, oui, même si on se serait bien passé d'une telle promotion médiatique. Après deux visionnages, "Infinity War" a littéralement dépassé mes attentes. Certes, dans des proportions raisonnables, mais il les a dépassées, ce qui n'est pas peu dire quand il s'agit du MCU. Alors, pourquoi me direz-vous ? Eh bien, d'abord grâce au dosage. Cela faisait longtemps, et même une éternité, qu'un film Marvel n'avait pas su trouver un véritable équilibre. Le dernier en date était les "Gardiens de la galaxie" ; et depuis, chaque film s'est efforcé d'appliquer la recette Marvel, sans savoir comment mêler l'humour aux émotions conformément aux exigences de la firme. Dans "Infinity War", ces deux ressources se sont enfin canalisées, l'une faisant rarement obstruction à l'autre, au grand bonheur des nerfs qui savent enfin quand se tendre et quand se relâcher. Et même s'il reste des ratés, la tension est palpable de bout en bout, avec tout de même une petite régression au niveau de la bataille, sur laquelle je reviendrai après. Mais dans un Marvel, ça relève du miracle, depuis le temps qu'on n'avait pas vu ça! Et il en va de même de l'esthétique, avec la même remontée aux sources. Car, je n'avais pas apprécié de si beaux visuels depuis les "Gardiens de la galaxie", et là-dessus il faut l'avouer, certaines scènes sont simplement éblouissantes. Chose inespérée, "Infinity War" adopte même l'esthétique d'un space opéra, en proposant une myriade de planètes au style très léché, encore qu'on trouvera à redire du cadre médiocre de la dernière demi-heure. Mais pour une fois, Marvel assume pleinement ses espaces interstellaires, ce qui, en vase clos, se vit comme une bouffée d'air frais. Troisième et dernier point, les personnages. Et là, c'est plus compliqué. "Infinity War" envoie du lourd sur son personnage de Thanos, qui est sans conteste le meilleur méchant du MCU jamais transposé à l'écran. Chacune de ses interventions imprime sur pellicule un moment mémorable, qui explore profondément sa psychologie et l'étendue de ses motivations. Cependant, les autres personnages posent souvent problème, les uns étant réduits au rôle de figurants (Captain America, Black Widow), les autres à une utilisation foireuse (Vision, Docteur Strange). Une majorité solide fait tout de même avancer l'histoire (Iron Man, Spiderman, les gardiens et sans doute Thor pour le deuxième volet). Je pourrais détailler chacun de ces points, mais ce serait fastidieux. Par "utilisation foireuse", entendez seulement que Vision est fragile à en devenir ridicule, et que Docteur Strange résoudrait tout s'il utilisait sa pierre d'infinité, ce qu'il ne fait pas sous prétexte d'une vision cuisinée à la sauce MacGuffin. C'est donc dans les personnages que se trouve la principale faiblesse d'Infinity War, ceux-ci aimant remplir le cadre sans raison, et souvent aux dépens du rythme. Parce que, l'air de rien, il s'en trouve de l'énergie dépensée à regarder ces superhéros castagner ! Si encore, c'était agréable à voir... mais les combats sont gâchés par un montage excessivement nerveux. Et ici, je pense surtout aux 30 dernières minutes, qui tombent dans une lourdeur dont on se serait bien passé (n'est pas Peter Jackson qui veut...) Mais malgré tout, ne vous méprenez pas sur mon ressenti général. Ces quelques détails négatifs ne neutralisent pas l'impression de spectacle que j'ai eu face à "Infinity War". On reste loin du chef-d’œuvre, mais le rendu final est très honorable.