Combien d’entre nous avons déjà littéralement craqué pour une fille qu’on pensait inabordable ? Combien sommes-nous à avoir fantasmé sur une relation idyllique avec l’être convoité des semaines voire des mois sans oser faire le premier pas ? L’angoisse du rejet, de la moquerie, de la mise à nu des sentiments, cette angoisse grandissante avec le temps est la principale cause de notre inaction. C’est le cas d’Alex interprété par Kev Adams, étudiant d’une vingtaine d’années qui depuis son enfance est obsédé par Sandra Valenti, belle et jeune Italienne de son bahut. Mais voilà, Alex est un solitaire maladroit, sans amis, pas réellement le genre de garçon qu’une fille aussi branchée regardera avec gourmandise. C’était sans compter sur une révélation surprenante ; quelques années plus tôt, la mère de Sandra, Monica Valenti, faisait elle aussi tourner toute les têtes du quartier et un seul homme est parvenu à la séduire : Antoine Chamoine, incarné par Frank Dubosc. Ni une ni deux, Alex va harceler Antoine pour qu’il lui confie son secret afin de parvenir lui aussi à séduire sa dulcinée.
Si le scénario n’est pas des plus subtil et sans grande surprise, cette comédie véritablement générationnelle, se traduisant par des gags sur l’âge d’Antoine et l’inexpérience d’Alex est présente là où on ne l’attend pas, à un niveau que, ni sa bande annonce, ni son synopsis, ni la critique spécialisée ne laissait entrevoir. En effet, si en dehors des caméras m’est d’avis que Kev Adams est à l’humour ce que Mimie Mathy est au saut à la perche, il est à l’instar de Frank Dubosc, particulièrement crédible dans son rôle de jeune premier face caméra, nous régalant de son insolence adolescente et de ses sarcasmes bien sentis. Les seconds rôles quant à eux ne font pas de figuration, ils servent tous le propos du film avec talent. Mention spéciale à Alice Izaaz, jeune actrice montante, et non des moindres, qui brille de mille feux et dont on a du mal à oublier le sourire ravageur. Hasard du calendrier, elle est à l’affiche de plusieurs films dont la Crème de la crème et les yeux jaunes des crocodiles. Mais revenons-en à nos deux moutons.
D’une certaine façon, Alex et Antoine se complètent et s’apportent mutuellement une relation qu’ils n’ont jamais eue, celle pourtant si complexe entre un père et son fils. A cet égard, le film de Pascal Bourdiaux est extrêmement tendre et humain, il s’en dégage quelque chose de presque poétique sur l’amour et les relations humaines. La morale de l’histoire y est sans doute pour quelque chose car s’il faut vivre sa vie à fond, il faut pouvoir le faire en mettant son égo de côté et en ne partant pas fâché, car ça n’en vaut pas la peine. Et si d’aventure vous tomberiez amoureux, assurez-vous que ce soit de la chose elle-même, et non pas de l’idée que vous vous en faites.
Vaste sujet que celui de l’amour et des relations, traité ici avec légèreté et simplicité, il confère à ce film une aura touchante, sympathique et plein de bons sentiments sans que cela ne soit péjoratif. Si on entre dans la salle obscure sans grande conviction, on en ressort avec le sourire et paré à vivre sa vie pleinement.