Avec une telle bande-annonce (il faut avouer que dans le style « aguicheur », elle vaut son pesant de cacahouètes !), j’étais parti pour voir un film d’action/catastrophe décomplexé et spectaculaire ; mais qu’elle surprise de découvrir que "Everest" était finalement bien loin d’un "Vetrtical Limit" ou même d’un "Cliffhanger"…et la surprise n’en fut que plus agréable ! En effet, basé sur une histoire vrai, "Everest" est avant tout le récit d’exploits d’hommes et de femmes éprouvant une attraction irrésistible pour l’extrême et dont la détermination pourrait déplacent des montagnes (désolé mais le jeu de mot n’était pas réellement recherché !). Et suite à un terrible évènement imprévu, cet exploit va tourner au cauchemar pour devenir un cinglant drame humain. Et oui, ici nous avons à faire à un film réaliste : point de super-héros capables de réaliser l’impossible, juste mais des Monsieurs-tout-le-monde souhaitant tester leurs limites au travers de la poursuite d’un rêve. Dans cette volonté de réalisme, le réalisateur s’attarde énormément sur le lieu de l’action, nous proposant de magnifiques plans des montagnes népalaises (à ce titre, je dis bravo pour la mise en scène car, lors de certains passages, il est extrêmement difficile même pour un œil avisé de deviner si on voit à l’écran un décor naturel ou une reconstitution dans les studios de Pinewood : du très bon travail !!) ; ainsi que sur la préparation de cette fantastique expédition (presque les ¾ du film !) : avec une précision quasi-documentaire, Baltasar Kormákur nous décrit les intensifs préparatifs obligatoires par lesquels les alpinistes doivent passer afin d’acclimater leurs corps aux conditions extrêmes et hostiles du lieu où ils se trouvent. Et cette longue exposition permet en même temps au spectateur de s’acclimater au contexte du récit afin d’être préparé pour se qui va suivre ensuite : le procédé marche incroyablement bien car, après avoir fait connaissance avec les protagonistes et découvert leur personnalité, on ne peut que rester attentif à leur incroyables ascension ainsi qu’aux péripéties qu’ils vont subir ensuite. On parvient à être beaucoup plus impliqué et à avoir bien plus d’empathie pour ces alpinistes coincés dans la fureur de mère nature que l’on a pu en avoir pour la pauvre petite Sandra Bullock seule dans le vide spatial de "Gravity" ou pour le pompier Nicolas Cage prisonnier de moults débris dans "World Trade Center". Et on pourra dire ce que l’on veut, mais l’empathie, dans ce genre de film, c’est absolument primordial (combien de films se sont vus considérés comme plats et vides uniquement parce qu’on se foutait de ce qu’il pouvait arriver à leurs personnages ?!) Alors certains diront certainement que Hollywood aura encore frappé en poussant à mort le côté pathos du film…dans certains cas je suis d’accord car le pathos y est plus poussif que de raison, mais ici rien de tel n’est reprochable : sincèrement je mets au défi quiconque de ne pas balbutier un « je t’aime » désespéré à sa femme enceinte au téléphone quand on sait qu’on va forcément y rester, sans aucun espoir de pouvoir voir un jour son enfant…je prends les paris !! Rajoutons que le casting trois étoiles tient parfaitement ses promesses et que tous les acteurs sont vraiment bons et justes, avec une préférence personnelle pour le personnage interprété par Josh Brolin qui est une incroyable incarnation vivante de l’expression « la volonté de vivre ». Bilan : "Everest" est un grand spectacle très immersif, prenant et poignant : tout y est réuni pour passer un excellent moment dans une salle obscure. Finalement, le seul reproche qu’on pourrait lui donner est de ne pas avoir plus insisté sur le fait que ce drame est aussi survenu à cause d’un certain tourisme de luxe (vive le commercial !) exploitant l’envie humaine de se confronter aux sites plus inhospitaliers de la planète (dès le départ de l’expédition, on souligne que le circuit menant au sommet est saturé par toutes les différents tours : il aurait été très intéressant que l’on s’attarde sur la part de responsabilité plus que probable de ce problème)...mais bon : je chipote ^^.