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Fritz L
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1,0
Publiée le 16 septembre 2014
En 1954, François Truffaut dénonçait à travers son article « Une certaine tendance du cinéma français », une catégorie de films labélisés « Qualité française ». Il s’agissait d’œuvres académiques tournées en studio, très scénarisées et sans grande inventivité filmique. Soixante ans après, on pourrait reprendre cette appellation en l’adaptant à l’air du temps, et dont « Gemma Bovery » est l’un des plus beaux fleurons. Car depuis une bonne décennie, s’enchaînent des sorties cinématographiques de films tous calibrés à l’identique (pitch simpliste de comédie agrémenté de drame(s), états d’âmes petits bourgeois, casting bétonné (souvent les mêmes acteurs) et peu inspiré, mise en scène plan plan et linéaire, décors naturels passe partout). On pense aux récents « On a failli être amies » et « La liste de mes envies » ou encore à « Le grand méchant loup », « Amitiés sincères »… en 2013. La cible (au niveau du public) est aisée à cerner, il suffit de regarder la composition des salles : public familial et plus de 50 ans). Films réputés, par excellence, pour être diffusés un dimanche soir, à l’heure de forte écoute, sur l’une ou l’autre des grandes chaînes de TV. On se dit toutefois, malgré le piètre niveau de cette production, qu’au moins elle dit être rentable. Hors en se penchant sur les recettes d’exploitation en salle des quatre exemples cités, on se rend compte qu’excepté « Amitiés sincères », les autres films ne couvrent pas le coût du budget (68% pour « On a failli être amies », 52% pour « La liste de mes envies », 33% pour « Le grand méchant loup »). On se dit alors, que si le public « cinéma » ne suit pas, peut-on encore qualifier ces productions de films ? Ou ne sont-ce que des produits marketing qui entre droits télévisuels, VOD et autre merchandising trouvent une rentabilité qui dépasse le seul cadre du plaisir du spectateur ? Pour en revenir à « Gemma Bovery » (il faut bien en parler un peu !), séance de 20h en première semaine un dimanche, la salle était vide ! Logique, car si le pitch était intéressant (bande-annonce trompeuse notamment) il est au final très mal exploité voir improbable de bout en bout. En ce sens, Anne Fontaine vient contrarier Flaubert qui nous disait, « le mot ne manque jamais quand on possède l’idée ». Quant aux acteurs, ils restent au minimum de leurs capacités (Luchini hébété et totalement en retrait, Gemma Aterton filmée en unique objet de sensualité, Elsa Zylberstein ridicule en grande bourgeoise parvenue…). Quant à la mise en scène, elle ne dépasse guère son cadre et ne décolle pas, bien au contraire. Elle s’enlise sur la base de ce scénario totalement dénué de sens, pire, jamais drôle… Restent quelques beaux plans (le travail du pain), le plaisir de retrouver l’incroyable Edith Scob (A quand un nouveau vrai grand rôle ???), et l’inénarrable décor de la Normandie, bien mal desservie ici.
Le film d'Anne Fontaine n'est pas toujours d'une grande finesse, certains personnages secondaires se vautrant trop dans une caricature excessive (Elsa "oh my God" Zylberstein) (...) mais elle signe un divertissement tout à fait honorable.
Le leitmotiv de la filmographie d’Anne Fontaine qu’est le triangle amoureux se trouve cette fois comme point d’ancrage l’héroïne adultérine du célèbre roman de Flaubert, mais la subtilité de ce scénario est de ne pas transposer littéralement l’action du récit au 21ème siècle mais bien de jouer sur l’obsession que provoque son homonyme chez un pathétique féru de lecture. Le choix de Luchini pour interpréter cet homme fasciné par les écrits de Flaubert pouvait sembler être une évidence de casting mais, au bout du compte, il ne parvient pas à être crédible dans la peau de ce boulanger normand. Face à lui, Gemma Arterton, dont le rôle se limite pourtant à celui d’un objet de fantasme, ne parvient pas non plus à se montrer aussi désirable que dans ses films précédents. Entre eux se créé donc une relation plus qu’ambiguë, basée sur quelques jeux de regard filmés avec subtilité, mais aussi et surtout sur un voyeurisme accompagné d’une voix-off qui, en prenant du recul sur la vie amoureuse de la belle Gemma pour constamment la comparer à son alter-ego littéraire, en gomme tous les enjeux dramatiques. En effet, toutes les relations de cette anglaise, que ce soit ses amours hésitants entre son mari, son ex-fiancé et un jeune charmeur bourgeois (incarné par Niels Schneider, déjà irrésistible dans Les amours imaginaires de Dolan), ou encore son amitié hypocrite avec l’insupportable Elsa Zylberstein, n’ont aucun intérêt puisqu’ils ne passent que par le point de vue extrêmement limité de son voisin monomaniaque, ce qui empêche par conséquent à cette comédie de mœurs d’être un tant soit peu touchante.
Le joli minois de Gemma Arterton et la verve de Fabrice Luchini peuvent suffire à tout un chacun pour apprécier ce film. Et encore davantage mais à condition d'avoir une certaine culture littéraire, ce qui je l'avoue n'est guère mon cas. Mais visiblement dans la salle, il y a des spectateurs qui suivent bien le parallélisme entre le déroulement de cette histoire et l'oeuvre de Flaubert et qui donc apprécient pleinement au-delà de ce que je n'étais capable de faire. Pour les autres, comme moi, on reste sur sa faim et on finirait sans doute par s'ennuyer grave, s'il n'y avait les deux acteurs précités pour retenir l'attention. Mais il y a aussi la chute. Une vraie chute, comme on les aime dans la littérature ou au cinéma. Un bon moment, assez court mais riche, dont la scène semble créée et écrite pour Fabrice Luchini et personne d'autre. Une fin qui est un vrai moment de plaisir cinématographique. Hélas, personnellement je ne garde que ça comme souvenir vraiment plaisant.
Pour ceux qui adorent Emma Bovary, pourquoi pas. Mais très peu pour moi qui n'ai même pas lu le livre. Le film se regarde paisiblement, est drôle lors de rares moments. Il semble traiter quelques thèmes intéressants. Il y aurait sans doute matière à faire de longues analyses et des psychanalyses de personnage, mais je vais m'abstenir face à l'extrême vacuité de cette entreprise sur un film tel que Gemma Bovery.
C'est un film plutôt sympathique qui repose sur une idée pour le moins originale, basée sur un roman graphique de Posy Simmonds. En Normandie, Martin, bobo parisien reconverti en boulanger (un rôle taillé pour Fabrice Luchini, excellent) fait la connaissance de ses nouveaux voisins, des anglais nommés Charles et Gemma Bovery. Martin, friand de littérature, fait forcément le rapprochement avec le "Madame Bovary" de Flaubert et observe Gemma, qui inéluctablement, semble suivre le même destin que l'héroïne du roman. Traité sur un ton assez léger, l'histoire n'en est pas moins teintée de mélancolie puisqu'elle nous dépeint une femme que le mariage ne rend pas heureuse et dont la beauté attire des hommes qui finissent par l'abandonner. Dans le rôle de Gemma, Gemma Arterton est forcément parfaite, pleine de charme, de malice, de sensualité mais aussi de tristesse. Sa présence illumine le film dont le propos pourrait être que la nature finit éventuellement par imiter l'art, ce qui peut parfois virer au drame. Cela dit, on sort du film plutôt charmé qu'autre chose. L'hommage à Flaubert est original et surprenant, nous plongeant dans une Normandie bucolique où le boulanger voit s'animer sous ses yeux une héroïne de roman.
Très beau film, un Fabrice Lucchini toujours aussi bon et une magnifique Gemma Arterton! Le film donne envie de relire ses classiques... Il est doux, accompagné de magnifiques musiques et rempli de beaux paysages normands.
A part la beauté fracassante de l'actrice, le film est mou et assez dépourvu d'intérêt. En plus de ça, les acteurs sont vraiment moyen. 10€ est vraiment trop cher pour un tel film. A voir chez sois tout au plus.
observateur avisé de ses fantasmes flaubertien, Luchini se regarde jouer en roulant ses œillades et effarements dont il a le secret. A coup sur, il porte le film dans une dimension cinématographique qu'il aurait pas eu sans lui. Expurger des voluptueuses envolées littéraires et dramatiques de l'histoire originale, le film de décolle pas de sa platitude. En effet, encombré de rôles secondaires sans âmes et bavards, nous allons de scènes en scènes sans s'attacher vraiment aux personnages. Embellie obsessionnellement par le narrateur (F.Luchini), vu de not' coté, c'est résumer ce chef d'oeuvre de la littérature française en une partie de fesses qui tourne mal. Tout cela tourné dans une Normandie verdoyante et magnifique, nous sortons de la salle un peu déçu....par tant d'emphase inutile.
Quel mauvais film ! Quelle déception !!!!! Insipide, ennuyeux, long sans aucun intérêt (même pas celui de voir Luchini que j'adore d'habitude !!!)... Tout sonne faux.... Quant à Gemma, (entièrement refaite : lèvre supérieure, poitrine qui reste bien haute en position allongée), bof.... bof.....
Ne perdez pas votre temps et allez voir autre chose......
Très bon et beau film dans toute sa simplicité. On passe un bon moment à suivre cette histoire aux allures de tragédie inévitable pour Gemma Bovery. Bien que prévoyant, le scénario offre un agréable enchaînement de péripéties qui relancent sans cesse l'intrigue principale, à savoir la transposition de la vie d'Emma Bovary à celle de Gemma Bovery. Cette idée qui est a la base du film a offert à Anne Fontaine toute une possibilité de scènes réussies, notamment la dernière séquence du film qui est des plus hilares. J'ai également trouvé très intéressant le rapport anglais/français qui octroie une certaine rivalité toujours présente finalement. Le personnage de Gemma est également très intéressant bien qu'extrêmement torturé, Gemma Arterton est parvenue à trouver le ton juste pour une interprétation sans artifices mais en disant long sur la souffrance muette de cette Gemma. On a donc un bon film a la française au fin fond des paysages ruraux de la Normandie ou se mêlent des personnages hauts en couleurs confrontés a la large palette de la complexité des sentiments humains. De la souffrance, de la joie, de l'amour, de la tristesse, de la rancune, des remords... Anne Fontaine nous livre un film beau et poétique a l'instar de ces nombreux sentiments présents tout au long de l'histoire.
Déception pour ce film qui m'a semblé très sage et assez froid, il faut dire que le scénario n'est pas non plus des plus original et n'avait rien de passionnant. À part les acteurs tous très bons et la bande son très approprié, ce film ne m'a pas convaincu. Dommage!
Recréer sans lourdeur un personnage phare de la littérature, qui plus est à travers les yeux d'un boulanger néo-rural à demi dépressif, joué par Luchini, voilà qui n'est pas sans risque.Anne Fontaine réussit son pari, ne serait-ce que par les rires qui fusent dans la salle. Avez-vous ri en lisant le roman? Seul le pharmacien Homais pourrait pousser le lecteur à cette extrémité, mais c'est plutôt l'accablement qu'il ressent.Le décentrage opéré par Mercier, le personnage de Luchini nous permet de relire l'histoire à travers son regard, et finalement de le suivre dans sa propre projection du personnage littéraire sur la pulpeuse Gemma. C'est là que le décalage se produit, et on partage son effarement tout en riant de ses réactions. C'est la composante comique et ironique du film. Mais ce ne serait qu'une aimable satire de la vie de province, s'il n'y avait aussi l'idée, beaucoup moins drôle qui nous traverse, que nous ne sommes peut-être pas autre chose que les personnages du théâtre intime de notre entourage. Gemma est traitée comme une icône romanesque incarnée et un fantasme érotique par Mercier, comme une fille banale et peu intéressante par sa femme, comme une petite chose ignorante par le couple franco-anglais, comme une fille qu'on jette et qu'on reprend par un autre personnage,jusqu'à l'épilogue, parce qu'aucun de ces personnages ne veut lâcher l'idée qu'il se fait d'elle. Finalement, ceux qui se font un roman de sa vie, ce sont les autres, et Madame Bovary, c'est eux. Très bon film, avec une Gemma A. à la fois enfantine et sensuelle, et un Luchini tout en retenue, ce qui laisse apparaître une vis comica de plus en plus irrésistible.