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stjperse
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2,5
Publiée le 11 janvier 2021
La crudité, la cruauté voire la beauté de quelques scènes ne suffisent à soutenir l'intérêt et l'attention. Le jeu minimaliste de G.Ulliel, le personnage mal défini de G.Depardieu et le montage syncopé n'aident guère.
Le film est plutôt dur. La vengeance en est le thème. Néanmoins on peut être déçu de l'ensemble qui n'avance pas vraiment. Ce n'est pas faute de d'une action lente et sauvage mais on reste toujours en attente de quelque chose qui n'arrive pas. Il y a cependant cette ambiance et quelques scènes difficiles.
C’est un film un peu facile sur la guerre d’Indochine. On n’y voit rien et le film reste concentré uniquement sur un seul homme. Pis le film dit juste, car même si la guerre d’Indochine débute officiellement en 1946, en 1945, un corps de l’armée française débarque en Indochine et combattent. Après, il y a de grandes longueurs dans ce film. Il y a plusieurs points dans ce film, dont la présence de la fille, mais après le rôle de Depardieu reste anecdotique et presque inutile. Après bon, c’est un film moyen avec énormément de longueur. Les films d’auteurs ne sont pas toujours des réussites.
Attention, « Les confins du monde » n'est pas un film conventionnel sur la guerre d'Indochine... loin s'en faut ! A ce titre, il ne plaira sans doute pas à tout le monde et certaines images particulièrement crues le réservent même à un public plutôt averti. Ceci dit, l'ambiance poisseuse de la jungle s'infiltre peu à peu dans le spectateur qui s'immerge totalement dans l'univers étrange et effrayant des combattants de ce conflit sans réelle ligne de front. Le réalisateur nous fait intelligemment toucher du doigt leur manière de vivre (survivre) aux côtés de la population locale, dont on ne sait jamais très bien si elle est amie ou hostile à la France. La prise de conscience est brutale et s'approche probablement assez près de la réalité, même s'il est sans doute impossible de retranscrire sur un écran de cinéma toutes les horreurs et la complexité d'une telle guerre. Il en résulte un film tout en nuances, souvent âpre dans son propos et ses images, mais qui ne peut laisser indifférent... on y entrevoit la folie qui couve au fond de chaque soldat resté trop longtemps dans cet enfer vert, heureusement qu'il reste l'opium pour s'évader ! A voir, pour méditer et pour l'étonnante prestation de Gaspard Ulliel dans le rôle principal.
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4,5
Publiée le 4 août 2020
L'horreur de l'inhumanité de l'homme envers l'homme est dépeinte dans Les Confins du monde. Rien de gratuit, rien de sensationnaliste mais juste horrible. Mais nous arrivons à voir que l'homme bon est capable d'horreur aussi. Un film pour adultes et aussi éloigné d'un traitement du sujet de type Clint Eastwood que vous pouvez l'imaginer. L'histoire d'un homme à la recherche d'une tâche impossible à la recherche de lui-même sous prétexte de venger le meurtre de son frère. Tous les personnages sont fascinants et les performances géniales. Surtout Gérard Depardieu comme toujours. Malgré toutes les attentes modernes concernant le pacifisme nous sommes loin de trouver la paix. Le bien-être social, l'égalité, la liberté ou les écologismes de substitution comme une cause à tenir ne répondent pas à nos véritables angoisses et désirs. Nous souffrons durement de nos guerres externes et internes tandis que nous reproduisons : la vie et les guerres. Et la sensation de notre Apocalypse demeure. Scène finale de Depardieu : Les Européens trouvent toujours un moyen de ne pas demander pardon par la charité...
Guillaume Nicloux filme depuis vingt ans maintenant et il a abordé pas mal de genres différents mais il s’est surtout illustré dans le polar, notamment à ses débuts (il a transfiguré Josiane Balasko dans l’excellent « Cette femme-là » ainsi que Thierry Lhermitte dans « Une affaire privée » par exemple). Il y a quelques années, il nous a livré un chef-d’œuvre d’émotion contemplative à la lisière du fantastique grâce à « Valley of love » avec un couple Depardieu-Huppert monstrueux. Ici, il s’essaie au film de guerre avec « Les Confins du monde » qu’il teinte également de fantastique, ou plutôt d’onirisme, par les visions traumatisantes qu’il offre du conflit en Indochine en 1945. Le film est clivant, c’est un film de guerre intime et introspectif qui s’assume en tant que tel mais pourra laisser sur le bas-côté pas mal de monde. Même si sa vision est maîtrisée, le cinéaste semble moins à l’aise ici que dans le polar et on hésite constamment entre puissance et insignifiance.
On peut lui accorder une manière de filmer le conflit plutôt particulière. On ne verra aucun combat ou presque, mais plutôt l’attente, l’errance de soldats perdus et leur réflexion. En revanche, il filme comme personne les abominations pratiquées en temps de guerre, des éviscérations aux décapitations très gores, comme celles provenant de la nature (sexe rongé par une sangsue, morsure de serpent, …). Cela procure quelques belles fulgurances de mise en scène. L’atmosphère du long-métrage est poisseuse, crasse, sale et la caméra de Nicloux parvient à rendre cela de manière percutante. Le climat est malsain et vénéneux et ça pue la sueur, le sang et la boue à travers l’écran. Le rythme languissant, voire ennuyant, et le montage décousu, fait d’ellipses brutales, renforce encore plus ces ressentis. Cependant, « Les Confins du monde » n’est pas aussi envoûtant qu’il le voudrait.
On est face à une œuvre presque existentielle, le cheminement physique et psychologique du personnage principal est la ligne directrice du film. Par là même, « Les Confins du monde » est un film très cérébral et conceptuel. Nicloux a pour cela bien choisi son acteur principal. Gaspard Ulliel donne en effet tout pour ce rôle complexe et son visage émacié tout comme sa maigreur fantomatique rajoutent au côté spectral de cette œuvre singulière. Une errance mentale où les hommes ressemblent à des ectoplasmes. On trouve donc la relation de Tassen, le héros, avec une prostituée dont il tombe amoureux totalement accessoire et celle avec l’écrivain joué par Depardieu trop sibylline même si l’acteur, fidèle du cinéaste, apporte apaisement et sérénité au film. Au final, cette proposition de cinéma de guerre psychologique est aboutie mais laisse un goût mitigé. Comme si elle était trop fermée sur elle-même et ne parvenait pas à captiver le spectateur. Un faux film de guerre qui questionne les notions de vengeance, de violence et les idéaux en temps de conflits de manière originale mais hermétique.
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Les Confins du Monde reprend l'histoire d'un soldat français durant la guerre d'Indochine qui voudra se venger d'un massacre dont il fut le seul survivant et auquel sera tué son frère. Au sein d'une garnison française, ce soldat sera dépassé par la cruauté des viet-minh et se retrouvera ébranlé par sa rencontre avec une prostituée Indochinoise. Bon, j'avoue sortir complètement déçu de ce film qui me paraissait au départ terriblement intéressant sur un sujet si peu présent au cinéma et pourtant pour lequel tant de choses sont à dire. Mais je n'ai pas été pris par la noirceur, la folie et le rythme du film qui se révèle peu passionnant et qui décroche complètement le téléspectateur au bout de quelques minutes. Même le rôle de Depardieu me semble complètement inutile ici. Bref : un échec pour moi aux confins du monde...
Un film quasi expérimental envoûtant plus par sa photo, son ambiance, ses silences, que par ce qui s’y passe. Gaspard Ulliel est sublime, habité. Le scénario, où plutôt la quasi absence de scénario est tout de même un peu déroutante.
Un film français évoquant la guerre a la manière de "Apocalypse now" mais qui n'y arrive que partiellement. Le rythme est lent et contemplatif mais cela fini par être ennuyant. L'idée de départ était plutôt bonne dans le fond, mais la réussite n'y est pas dans la forme...
Film extraordinaire dans le sens où aucun ne relate vraiment des faits relatifs à l’Indochine Française post 45 après l’occupation japonaise. Le fait même que la légion soit abordée, encore plus sur les troupes d’origines germaniques qui furent envoyer la bas, loin de la métropole... vaut déjà tout mon respect car c’est une part d’une fresque historique oubliée de l’histoire collective fr à cause de la défaite terrible subie. Avec le « Soldat Blanc », c’est la meilleure œuvre audiovisuelle de ces 20 dernières années. Ils rejoignent Diên Biên Phu de Shoendorffer d’une certaine manière. Pour les fans d’histoire
Contrairement à d'autres critiques, j'ai trouvé que le jeu des acteurs et les dialogues sonnent juste. Sauf peut-être les propos de l'officier "humain" qui s'indigne de certaines pratiques sanguinaires. La cruauté de la guerre sonne elle aussi juste. Mais le réalisateur semble renvoyer dos à dos la cruauté d'une population opprimée et celle des soldats de l'impérialisme français. Au delà de cet aspect idéologique, le plus gros défaut de ce film, c'est son scénario décousu qui laisse le spectateur sur sa faim. Le personnage de Depardieu est par exemple totalement inutile et la dernière séquence sans lien avec le reste du film et dépourvue d'intérêt. Au final, un mélange d'Apocalypse now et de la 317ème section, le souffle en moins.
Moiteur et violence crue transparaissent à l'écran pour créer une atmosphère malsaine et envoutante, mais le film ressemble à un errement dans la jungle sans réelle direction et en devient ennuyeux.
Film non conventionnel, elliptique, bourré de non-dits, intéressant. Les acteurs sont excellents, le script brumeux est bien pensé. Poétique et violent, un film qui trace sa route, quitte à laisser quelques spectateurs sur le bas côté des rizières.