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brunocinoche
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3,5
Publiée le 7 février 2015
"Sils Maria", ce sont donc les vrais retrouvailles d'Assayas, scénariste de "Rendez vous" et de Binoche, révélée par ce film au grand public. En effet, dans "L'heure d'été" d'Assayas, Binoche jouait un rôle parmi d'autres, celui de la sœur de la famille endeuillée. Ici, Binoche est ultra présente en actrice en proie à la vieillesse et au temps qui passe et elle est tout simplement une nouvelle fois superbe. Ses partenaires féminines ne déméritent pas mais leurs rôles sont en deçà. La mise en scène d'Assayas est efficace et certaines séquences sont très belles ou très fortes. Par contre, le scénario ronronne un peu, on a très vite compris le propos du film, c'est sa grande faiblesse. "Sils Maria" a beaucoup d'intérêts et de qualités mais ne possède pas la force des grandes réussites d'Assayas tels "Clean" ou "Demon lover".
Le titre français désigne un petit village suisse de l’Engadine, dans le canton des Grisons (région de Maloja) et connu pour avoir été fréquenté par de nombreux écrivains tels Friedrich Nietzsche (1844-1900), entre 1881 et 1888, Marcel Proust (1871-1922), Thomas Mann (1875-1955), Jean Cocteau (1889-1963) et Alberto Moravia (1907-1990). Le titre anglais est plus explicite (cf. infra) : « Les nuages de Sils Maria ». Maria Enders (Juliette BINOCHE, 50 ans) doit se rendre à Sils Maria pour recevoir un prix destiné à Wilhelm Melchior, écrivain subitement décédé d’une crise cardiaque ;spoiler: il marchait en montagne, dominant le lac de Sils, près du col de la Maloja [1 815 m, situé sur la ligne de partage des eaux des bassins versants du Pô et du Danube) et où est visible, en automne, un phénomène météorologique appelé « serpent de Maloja », constitué d’un ruban de nuages et qui a fait l’objet d’un documentaire en 1924 par le réalisateur allemand Arnold Fanck, pionnier du cinéma de montagne] . Il y a 20 ans, Maria Enders a joué, à 18 ans, dans la pièce écrite à 35 ans par Melchior, intitulée « Le serpent de Maloja », le rôle de Sigrid, jeune femme qui conduit au suicide d’Helena, femme plus âgée. Elle est accompagnée de son assistante, Valentine (Kristen STEWART). A Zurich, elle rencontre le metteur en scène Klaus Diesterweg qui lui propose de rejouer la pièce de Melchior mais dans le rôle d’Helena (spoiler: dont l’actrice qui jouait le rôle, est morte dans un accident de voiture ). C’est une starlette (notamment grâce à un film de science-fiction), Jo-Ann Ellis (Chloë GRACE MORETZ) qui va reprendre le rôle de Sigrid ; idole des adolescents, provocatrice (spoiler: arrêtée en état d’ébriété, elle insulte les agents de police), ayant pour amant, Christopher, romancier célèbre (mais marié à une actrice allemande connue), c’est l’actrice favorite de Valentine (qui lui ressemble beaucoup, ayant avec elle presque un rapport de gémellité) . Malgré quelques longueurs (spoiler: promenade puis baignade de Maria Enders et Valentine, redescente de nuit d’une promenade en montagne, aventure amoureuse de Valentine avec un photographe de la maison Chanel ou Valentine accrochant une voiture à la sortie du casino ), il s’agit d’un beau film (2h04) sur le métier de comédien, l’admiration qu’il suscite [Jo-Ann Ellis admire Maria Enders, tant au cinéma qu’au théâtre (dans « La mouette » de Tchekhov)], l’interprétation des rôles selon l’âge, leur fragilité (spoiler: Maria Enders veut arrêter les répétitions de la pièce car elle a du mal à rentrer dans le rôle d’Helena, humiliée par la manipulation de Sigrid qui en abuse, tout en étant son amante ) et leur hypocrisie ou leur pudeur (spoiler: Maria Enders cache ses sentiments lors de sa rencontre avec le réalisateur Klaus Diesterweg et l’acteur Henryk avec qui elle a eu une brève liaison à l’âge de 18 ans) . Cela rappelle « All about Eve » (1950) de Joseph Mankiewicz mais actualisé (usage des smartphones, présence des paparazzi) et hors des villes, dans un site enchanteur. Sans oublier le fameux « Canon de Pachelbel » (ou canon pour 3 violons avec basse continue – PWC 37, T.337, PC 358) qui illustre la scène de montagne avec le serpent de Maloja et la référence à l’écrivain espagnol jésuite, Baltasar Gracián (1601-1658), citée par Maria Enders et connu pour son livre « Art et figures du succès (Oracle manuel) » (1647) et qui comprend 300 aphorismes.
On en a vu des films sur le rapport étroit entre l'art et la vie : le cinéma et la vie, le théâtre et la vie, la littérature et la vie... Que de mises en abyme plus ou moins réussies, mais qui parfois comportent des chefs-d’œuvre absolus ("La règle du jeu", "Chantons sous la pluie" ou "La nuit américaine" pour ne citer que les plus célèbres). C'est donc à une admirable mise en abyme que nous convie Olivier Assayas dans son dernier film qui a tous les ingrédients pour être un film d'exception. Une comédienne de réputation internationale, Maria Enders, est sollicitée pour jouer dans une pièce de théâtre le rôle d'une patronne dominée par son assistante et qui en vient à se suicider tant l'emprise de celle-ci est omniprésente. Seulement voilà : vingt ans plus tôt, alors qu'elle débutait sur les planches, elle incarnait l'assistante dans la même pièce. Or Maria elle-même est secondée par une jeune femme, Valentine, dont la personnalité ne va cesser de s'affirmer. C'est donc le plus souvent à des répétitions de la pièce que l'on assiste avec dans le rôle de la patronne Maria et dans celui de l'assistante la jeune Valentine. Nous ne sommes pas loin des "Bonnes" de Genet et la fascination gagne le spectateur qui joue le rôle du voyeur dans ce face à face de plus en plus malsain. Olivier Assayas exploite à merveille le cadre naturel des Alpes suisses (Sils Maria est une petite commune des Grisons) : la montagne se fait l'écho du drame qui se noue, avec entre autres la référence à un phénomène naturel, le serpent de Maloja, ainsi dénommé par référence à des bancs de nuages dont l'allure n'est pas sans évoquer la reptation d'un python gigantesque. En outre la mise en scène insiste sur l'aspect vertigineux de ces montagnes où l'on frôle souvent le vide : le symbole est évident. Il serait profondément injuste de ne pas terminer cette critique sur la triple performance des actrices. Rien d'étonnant à ce que Juliette Binoche nous enchante une nouvelle fois par son jeu contrasté et d'une grande finesse. En revanche, le film nous offre deux révélations : Kristen Stewart dans le rôle de Valentine qui réussit à imposer le personnage d'une jeune femme dominatrice et manipulatrice; quant à Chloë Grace Moretz, elle parvient sans grande difficulté, malgré son jeune âge, à convaincre dans son rôle de lolita - elle jouera le rôle de l'assistante dans la nouvelle mise en scène de la pièce - qui acquiert une étonnante maturité au fil de sa confrontation avec le personnage de Maria Enders.
Première expérience dans l univers de ce metteur en scène olivier assayas, je n avais à ce jour pas vu un de ses films. J ai commencé par sils maria, car déjà intrigué et surtout excite par le casting, juliette binoche et kirsten Stewart connu pour la série de film twilight. A travers Ces 2 actrices, assayas nous montre un peu plus la vie d une actrice célèbre (binoche) et de son assistante (Stewart). Tou au long du film on va découvrir cette relation ambiguë de ces 2 femmes . J ai beaucoup apprécié ce film grâce à l interprétation de ces actrices et le regard de assayas envers elle.
Alors, le synopsis était vachement intéressant et je m'imaginais un délire plus ou moins précis de l'histoire, c'était franchement intriguant, mais c'était pas du tout ce que dont je m'imaginais! Mais c'est pas pour autant que le film est mauvais au contraire, mais pour être honnête, j'ai pas spécialement accroché, à part les scènes intéressante où ça parle des rôles, des interprétations, du fond des personnages et de comparaison avec les deux personnages de la pièce, sachant que c'est le même délire pour le cinéma, c'est très intéressant, le reste ça reste plus l'actrice et son assistante qui s'entraîne pour le rôle d'Helena, que ce soit dans une maison ou en pleine montagne, le tous avec très très peu d'action et beaucoup de dialogues. Du coup, si on aime le théâtre et savoir comment ça se passe "dans les coulisses", ça peut vraiment intéresser, mais c'est loin d'être un film auquel je m'intéresse! Et encore une fois, je suis bien content que Chloë Grace Moretz n'ai pas un grand rôle, genre 20-25min sur les 2 heures de film à l'écran mais rien de fou fou! D'ailleurs la VF de Chloë est vraiment pas bonne, ou du moins, les paroles ne suivent pas le mouvements des lèvres et ça le fait pas du tout, mon dieu!!! Lisa Caruso , tu m'as manqué pour le coup...! Heureusement j'ai pu revoir ses répliques en VOSTFR autre-part! D'ailleurs, à un moment, dans une scène avec elle, elle parle de la pièce "La Mouette" et de son personnage de Nina que Maria a interprété, et pour le coup, malgré mon désintérêt pour le théâtre, mes cours m'auront servit pour cette référence théâtrale , et sachant que c'est le personnage de Chloë qui en parle, y'a des coïncidences assez amusante dans la vie quand même ! Sinon mise à part une histoire qui peut intéresser, le montage est assez mal branlé, les champs contre champs compte des faux raccord en masse, c'est presque de l'expertise dans le domaine tellement c'est voyant et permanent, ça pique les yeux et c'est dommage...! Conclusion, un film qui se laisse regarder mais qui peut vraiment être passionnant si l'on est fan de théâtre, mais mettre le nom de Chloë direct sur l'affiche, c'est un peu gros quand même vu son rôle très secondaire!
Excellent film. Les deux actrices crèvent l'écran et la tension entre elle est parfaitement mise en scène. Les paysages sont également magiques. Un beau moment de cinema .
Je me suis ennuyée pendant tout le film. Voir un film sur l'égo d'une actrice pendant autant de temps et de cette manière très peu pour moi. Kristen Stewart à ma grande surprise sauve le film par son interpretation mais sans plus. Film à oublier...
Malgré de très bonnes performances d'actrices, de beaux paysages et un bon début sur le thème de la célébrité, du théâtre et du cinéma, le film devient plat et inintéressant. Dommage.
C est du déjà vu et revu. Un film d actrices sur les actrices pour les actrices. Une interrogation sur le métier qui n apporte pas grand chose sur un sujet déjà traité une multitude de fois au cinéma. Du coup cela donne au film une dimension nombriliste que je n aime pas. Alors oui l interprétation de Juliette Binoche et de Kristen Stewart est très bonne, ainsi que l ambiguïté de certaines scènes de répétition de la pièce que le personnage de Juliette Binoche prépare. Mais au final il m a terriblement ennuyé car j ai eu l impression de l avoir déjà vu une dizaine de fois.
C'est mon premier Olivier Assayas, mais il faut dire que je ne suis pas forcément attiré par sa filmo, et cette dernière œuvre en date ne fait que valider mes craintes. Parmis les différentes lectures que propose "Sils Maria", la digression sur le métier d'acteur (surtout d'actrice en fait) est de loin la plus intéressante. La situation des anciens dont le talent était repéré sur les planches est opposée aux nouveaux dont la vie privée et les diverses frasques font plus parler d'eux que leur capacité scénique. Le classicisme ringard (ennuyant?) face au voyeurisme moderne (illusoire?). C'est vite résumé mais en gros dans le fond c'est ça. La réalisation se construit de façon métaphorique, grâce au jeu ambiguë entre une comédienne de quarante ans et sa jeune assistante : fiction ou réalité? On ne nous donne pas les réponses (et moi ça, ça m'agace). La photographie est propre (trop), on a le droit à de superbes paysages des alpes suisses caractérisés par un phénomène naturel angoissant et magnifique (les nuages, la partie du titre anglais retiré pour la France). Finalement avec tous ces bons sentiments ça sentait le jackpot, car même du point de vue du casting tout est très soigné et solide (un trio d'actrice improbable et réussi). Mais le problème est qu'Olivier Assayas est tout sauf impartial, il nous impose son avis de façon si peu subtil que s'en est même choquant. Et ça tue le film. La séquence du cinéma est irréaliste, sans déconner c'est quand la dernière fois qu'il a vu un blockbuster? 40, 50 ans? Si j'ai bien compris lunettes 3D = daube? Du coup ce côté très prétentieux ne m'a pas du tout parlé voire carrément déplu. Et puis globalement le film agace plus qu'il interpelle, et la dernière partie est tout simplement bâclée, pas du tout aboutie. En conclusion "Sils Maria" se résume à : on nous fait la morale à coup de grands discours bien travaillés sous forme de petites répliques entre une célébrité et son employée. Bien dommage.
Un très grand film ! Olivier Assayas fait preuve ici d'une très grande ambition, tant dans le sujet traité que dans la forme. Le scénario et les dialogues sont très bien construits, emboitant la pièce de théâtre jouée et la vie réelle. Le film est aussi une passionnante immersion dans le monde des gens riches et célèbres. La mise en scène est d'une inventivité constante, alternant des séquences très contemporaines et d'évidents hommages à la peinture romantique allemande. Les actrices sont magistrales. Bref, à voir.
Remarquable mise en perspective de la vie d'une actrice (le plus beau rôle de Binoche ?) et de la pièce qui l'a rendue célèbre et qu'elle accepte de rejouer 20 après. La mise en scène d'Assayas est remarquable de précision et de fluidité ; on reprochera peut-être au scénario la trop brusque disparition du personnage joué par Kristen Stewart, dont il ne sera plus question jusqu'à la fin du récit. Si le cinéaste est habituellement doué pour les ellipses, on aurait apprécié ici qu'il en usât plus modérément.
Ce "Sils Maria" est une belle surprise, avec un duo inattendu mais loin d'être incompatible, bien au contraire. Sur fond de superbes paysages des Alpes, Olivier Assayas joue remarquablement sur les parallèles du temps qui passe, à travers la relation qu'elle entretient avec son assistante incarnée par une très sérieuse Kristen Stewart et au gré de leur répétition, mais également de par la rencontre avec la jeune et sulfureuse actrice dans un pièce de théâtre destinée à inverser les rôles. Juliette Binoche éclabousse de son talent ce film où son jeu semble même nous transmettre à demi-mot le même message que le personnage qu'elle incarne. Une chose est sûre, on est loin d'avoir envie qu'elle arrête... A noter également l'effort de modernité et de réalisme sur les métiers et le monde actuel du cinéma, agréable et assez rare pour le signaler.