Océanie
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velocio

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3,5
Publiée le 22 février 2019
En 1997, Charles Belmont avait réalisé "Les Médiateurs du Pacifique", un documentaire consacré à la mission de médiation composée de 7 hommes envoyée en mai 1988 en Nouvelle-Calédonie par le Premier ministre Michel Rocard et dont l’action allait donner naissance aux accords de Matignon. Dans "Océanie", même si toutes les blessures ne sont pas encore fermées, cette nouvelle visite de la Nouvelle-Calédonie n’est pas liée à des événements dramatiques : il s’agit de « couvrir » une manifestation artistique de grande envergure, le 8ème Festival des Arts du Pacifique, qui s’est déroulé en Nouvelle-Calédonie à la fin du mois d’octobre 2000. Un Festival qui se déroule une fois tous les 4 ans dans un des pays du Pacifique, et qui, cette fois-ci, réunissait 2000 participants venant de 26 pays différents, avec un thème commun : Paroles d’hier, d’aujourd’hui, de demain. Comme l’a dit Jean-Marie Tjibaou : « L’homme qui n’a pas de culture est comme un coco qui tombe dans la mer, il erre, stérile, au gré des océans, balloté de rivages en rivages ». Avec toutes les chances de tomber dans l’alcool et la violence, renchérit un des protagonistes du film !

Pour un tel documentaire, la richesse culturelle de ce qu’on voit et de ce qu’on entend est a priori très grande, mais les pièges qu’il faut éviter sont nombreux, le principal étant la durée à accorder à chaque prestation artistique. En effet, la plupart de ces prestations sont à l’origine des rituels et il est déjà difficile pour les artistes de passer d’un temps de rituel à un temps de représentation scénique. Difficulté qui s’accroît lorsqu’on doit choisir ce qu’on va montrer dans un film en respectant au mieux le rituel et le spectacle, sans ennuyer le spectateur. Face à ce piège qui leur était tendu Charles Belmont et Marielle Issartel, la monteuse du film, ont répondu par un très beau travail de montage et par une brillante idée : se faire accompagner par Ariane Mnouchkine et venir glisser régulièrement des extraits de ses discussions avec des participants et avec Marie-Claude Tjibaou, la veuve de Jean-Marie. C’est d’ailleurs une des confidences de cette dernière qui a entraîné l’absence de sortie en salle, le film ayant ensuite attendu 8 ans pour être programmé sur France Ô et 14 ans pour être projeté au cours d’une rétrospective.
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