Ce film était tombé dans l'oubli d'une part parce qu'il n'y a aucun "grand nom" au générique et surtout parce que sa carrière fut courte, sa scène clé où l'on voit le conseil des ministres décider à l'unanimité d'étouffer l'affaire ayant été censuré ! Aujourd'hui ce film se regarde comme un petit bijou ancien, une excellente et savoureuse fable sur l'arrivisme. Si le film souffre quelque peu d'être une adaptation d'une pièce de théâtre (Louis Verneuil, 1931), mais la réalisatrice s'en sort plutôt bien. Victor Boucher est très bon et Mona Goya tout à fait charmante. Quant à René Bergeron dans le rôle du pauvre type, il nous fait une composition tout à fait étonnante.
Film de bonne qualité, et qui donc n' a pas "vieilli". Quelques fois un peu lent, un peu vaudevilesque il bénéficie de bons acteurs, de beaucoup d' humour et de cynisme. Le son et l' image, malgré l' âge du film, restent excellents.
Avec courtoisie et sans scrupules, Gustave fait son trou à la banque Nemo. Opportuniste distingué et à peine cynique, Gustave fait flèche de tout bois pour grimper dans la hiérarchie. Histoire d'un arrivisme souriant, la pièce théâtre de Louis Verneuil, mise en scène par la dénommée Marguerite Viel, ironise sans subtilité sur les scandales financiers, les faillites bancaires ou les corruptions politiques de son époque, celle de la Troisième République. La comédie enfonce des portes ouvertes. Le vaudeville est dans une illustration assez pauvre de la mentalité et des magouilles de certains établissements. La dimension satirique du sujet est renforcée par des sarcasmes ou des boutades qui manquent malheureusement d'esprit. La réalisatrice met en scène de façon élémentaire et tout est lisible. Victor Boucher, guindé, gominé et fardé comme au théâtre, fait une prestation lisse. C'est un comédien, au cinéma en tout cas, transparent et sans beaucoup de personnalité. Il joue bien mal la malice de son personnage. Avec lui, la comédie gagne en raideur ce qu'elle perd en espièglerie. Et ce n'est évidemment pas à son avantage.