La Danza de la Realidad
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beautifulfreak
beautifulfreak

131 abonnés 343 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 septembre 2013
Bienvenue dans le théâtre de la guérison familiale de Jodorowsky. Le film est moins violent que les mythiques "El Topo", "La Montagne Sacrée" et "Santa Sangre", mais il est dans une veine tout aussi surréalistico-métaphorique (qui surprendra, déroutera et même peut-être agacera mais ne laissera pas indifférent. Certains spectateurs risquent tout de même de faire un rejet, tant le film est différent de la production actuelle. Si l'on n'est pas familiarisé avec son oeuvre, cela risque d'être perturbant).
Après 20 ans d'absence cinématographique, Jodo n'a rien perdu de sa force et de sa magie de cinéaste culte. Il faut dire que c'est sans doute son film le plus personnel, le plus sincère, car il explore la psychogénéalogie des Jodorowsky et propose une thérapie poétique de l'âme. C'est une véritable petite entreprise familiale: Brontis Jodorowsky (son fils dans la vie) joue le rôle du père d'Alejandro - et mériterait un prix d'interprétation -, Adam Jodorowsky compose la belle musique du film, sa femme fait les costumes.
On peut percevoir le film comme une succession de moments excentriques et ne retenir que le côté "cirque", ou choisir de voir qu'en réinventant le passé familial, Jodorowsky modifie le destin de ses ancêtres, il leur donne ce qu'ils ont désiré au fond d'eux mais n'ont pas pu accomplir. Quand la mère chante de l'opéra au lieu de parler, il lui fait réaliser son souhait. Quand le père fait un parcours christique, il lui offre sa rédemption. On peut donc voir le film sous l' aspect superficiel de la tragicomédie surréaliste, un univers haut en couleurs avec des clowns, des nains, des saints, des éclopés, des travestis, des nazis, ou voir l'aspect guérisseur de l'arbre généalogique, plus profond.
Certaines scènes de "La Danza de la Realidad" font écho à d'autres scènes de ses anciens films, et l'on comprend que les obsessions de l'homme et du cinéaste s'enracinent dans un passé mutilant mais formateur, un passé qui ne demande qu'à être transcendé. Le cinéaste poète-chaman cherche moins à provoquer que par le passé, son style est plus épuré et il va à l'essentiel. Le budget est petit, mais la liberté artistique est immense. Et c'est réalisé avec le coeur, avec à la fois le regard de l'enfant rêveur et celui du vieil homme sage qui a su traverser la folie personnelle et collective pour accomplir son destin d'être libre.
Skipper Mike
Skipper Mike

112 abonnés 650 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 octobre 2013
Vingt-trois ans après son dernier long-métrage, période qu’il a majoritairement occupée à développer son talent pour la bande dessinée, Alejandro Jodorowsky retourne au cinéma pour livrer une œuvre autobiographique belle et puissante. Plus accessible que certains de ses précédents films grâce à sa narration linéaire, "La Danza de la Realidad" témoigne de l’attachement du cinéaste à son enfance douce et tragique qu’il s’amuse à recréer ici magistralement. L’univers mis en scène est déjanté, regorgeant de trouvailles dont on peine parfois à déterminer la véracité. Cependant, si ce monde délirant semble bien éloigné d’une quelconque réalité, on prend ces informations telles que le narrateur nous les donne et on accepte sans sourciller la philosophie du maître, celle qui lui vient à l’esprit alors qu’il pense au suicide : si la vie doit s’achever dans la mort et l’oubli, chaque individu disparaissant à jamais de la mémoire des générations futures, on peut considérer que toute existence n’est qu’un rêve dont on doit profiter au moment où il intervient ; en un mot, vivre. De ce point de vue, le principe de réalité objective est bien amoché et il semble logique de pouvoir réinventer à sa guise un passé qui finira de toute façon par être oublié.
La jeunesse revisitée d’Alejandro ressemble ainsi à un bric-à-brac poétique d’où la grâce parvient toujours à émerger malgré la cruauté omniprésente. De nombreux thèmes chers à l’auteur sont aussi abordés : la relation père-fils basée sur un respect qui se fonde sur la résistance à la douleur (cf. "El Topo", "La Caste des Méta-Barons"), le dévouement à une puissance supérieure réclamant une foi à toute épreuve ("L’Incal"), la force de l’amour-passion ("John Difool avant l’Incal", "La Caste des Méta-Barons") ou encore l’élévation grâce à l’enseignement d’un maître ("El Topo", "Bouncer", "John Difool avant l’Incal", "La Caste des Méta-Barons", voire toute son œuvre). On retrouve de même son engouement pour les marginaux, qu’ils soient nains, amputés, pestiférés ou tout simplement illuminés (mais c’est le cas de la plupart de ses personnages). Quoi qu’il en soit, au crépuscule de sa vie, Alejandro Jodorowsy signe un nouveau chef-d’œuvre qui conforte un peu plus son statut de grand maître du surréalisme contemporain et source d’inspiration majeure.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 5 septembre 2013
Moi qui adore La Montagne Sacrée, je m'étais empressé de vouloir regarder le dernier film du Maestro. La Bande Annonce m'avait submergé d'émotions. J'en ai eu beaucoup moins pendant le film.
Le film raconte l'enfance d'Alejandro Jodorowsky à Tocopilla et son role est joué par le petit fils du réalisateur, rien à dire. Le gamin a du talent. En revanche, le jeu d'acteur du père est très décevant. Je pense que la grosse erreur pour moi dans le film est le fait que sa mère (avec seins proéminents, bien mis en avant) chante sans arrêt comme une cantatrice d'opéra, et ce à chaque dialogue, ce qui a le don de lasser très rapidement. Les maigres apparitions du Maestro ne font pas remonter l’intérêt de ce film, une sorte de huis clos gênant. concernant la narration, on tourne très vite en rond. Pas beaucoup de moyens pour la réalisation, je le conçois. Mais trop de déja vu: les amputés, la nudité, le masochisme, communisme et bien d'autres références déjà connues quand on a vu les films de Jodo. Dommage, car l'idée était bonne à la base. Et forcément décevant.

Pour résumé, un faible scénario avec un jeu d'acteurs moyen (hormis celui du gamin). L'ennui vient progressivement - Des scènes choquantes qui n'ont pas vraiment leur place - Beaucoup de longueurs dans un huit clos à petit budget.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 29 mai 2013
J'ai découvert ce film lors de la quinzaine des réalisateurs à Cannes. J'ai été très surprise du burlesque et du surréalisme du film. Un film très touchant qui est d'autant plus l'autobiographie de Jodorowsky. Il évoque le contexte politique et sociale de l'époque, la notion d'identité, d'individu ... et nous invite à nous posez les bonnes questions, avec de nombreux messages explicites ... Des images fortes, un film intelligent, qui mélange de plus art et poésie dans sa façon de filmer.
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