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Arthur Lafont
4 abonnés
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2,5
Publiée le 16 août 2026
Je salue la performance de l'acteur principal. Pour ce qui est du récit, il est hélas trop saugrenue pour moi mais j'ai pû me contenter de certains passages plus "terrien". Mais l'ensemble est parti beaucoup trop loin pour moi dans la métaphore, les propositions scénaristique et les idées de mise en scène. Trop d'absurde et de loufoquerie tue le sens même de la poésie. Par parcimonie beaucoup plus digeste que 2h non stop.
Jodorowsky était déjà une référence majeure en matière de BD. Il excelle aussi, ici, comme metteur en scène. Son film est une autobiographie imaginaire magnifiquement surréaliste. Avec une mère ultra-possessive, magnifiquement félliniène, le petit Alejandro est à la fois victime d'un père maladivement exigeant, assimilé au pouvoir fasciste du Chili dans les années 1930, et de l'antisémitisme. Il se réfugie dans un univers magique mais plein de menaces. On retrouve la pâte de la BD dans la mise en scène très ''dessinée'' mais surtout dans la façon dont Jodo ''déguise'' ses personnages. Fellini aurait aimé avoir autant de liberté. Une très belle et très jouissive régression psychanalytique.
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1,0
Publiée le 3 juillet 2021
Je voulais aimer ce film même si je ne suis pas un fan de l'art pseudo magique de Jodorowsky. Je suis sûr que je pourrais passer des heures à essayer de décoller les couches de motifs très subjectifs pour le réalisateur dans le film mais je ne suis pas le réalisateur donc cela n'a finalement que peu de sens pour moi et il s'est avéré frustrant d'essayer de m'engager dans La Danza de la Realidad. La nudité et les comportements graphiques désagréables des personnages qui y sont associés ainsi que le fait que la mère prononce toutes ses répliques en chantant comme à l'opéra sont tout aussi frustrants. Le format numérique haute définition ne convient pas à l'imagerie surréaliste de Jodorowsky aussi bien que la pellicule utilisée pour ses œuvres antérieures qui sont trop mystiques pour moi. J'ai perdu tout intérêt aux trois quarts du film mais je suis resté jusqu'à la fin me souvenant de la promesse faite par d'autres spectateurs que les derniers plans valaient la peine d'être vus malheureusement ce n'est même pas le cas...
J'ai triché : j'ai vu Poesía sin fin avant La Danza de la Realidad. Ce faisant, j'ai toutefois pu remarquer à quel point les deux films se répondent, pouvant être la suite l'un de l'autre, formant une boucle qui les incruste dans la saga rétrospective que Jodorowsky est en train de concocter tout en les laissant chacun être leur propre entité.
Ces entités, c'est un ensemble de chapitres dans l'autobiographie filmique de l'artiste, qui revient au grand écran après 23 ans d'absence pour montrer qu'il est au sommet. Pas seulement de son art mais de son existence : jetant un dernier regard sur son parcours, il nous présente sa propre mort prochaine comme un évènement libérateur qui est d'ailleurs presque prophétisé de nos jours par sa fanbase. La première mort au panthéon de la pop culture. Comme si la fin de sa vie allait être sa plus grande ouvrage, il nous montre comment il a appris à mourir heureux, exorcisant au passage certains démons avec cette élégance qu'on prête à la vieillesse, quoique souvent non sans condescendance. Difficile d'en faire preuve face à lui.
Jodorowsky est un monstre sacré qui m'intimide, et un critique intimidé n'est pas grand chose. Je ne suis rien pour parler de lui, cependant il me dérange. Le duo de films m'aura en fait appris que je n'ai pas tant peur de lui que des raisons pour qu'un homme comme lui existe. Il semble peuplé de cauchemars d'un autre monde, la poésie coule de lui comme une humeur alien, et sa manière lucide, violente et magnifique de recomposer une vie de souvenirs paraît trop exempte de doutes et de tergiversations pour que d'autres que lui-même puissent avoir le droit d'en parler. Ou ses proches.
Car La Danza de la Realidad et Poesía sin fin sont des films de la "maison" Jodorowsky : direction, production, écriture (évidemment), acteurs, costumes et musique, bref : de la concision éloquente du premier à l'intense poésie du second, tout est familial. Cela participe à en faire les œuvres d'une sorte de secte, mais pas du genre sur lequel on jette un regard à moitié dégoûté : plutôt du genre qui devrait nous inquiéter. Si je ne savais pas quoi faire de mieux de mon imagination, j'inventerais bien une conspiration disant que les Jodorowsky viennent d'ailleurs pour nous imiter, saisir notre âme, puis conquérir le monde.
Voici un ovni, un film poétique, superbe, dont l'histoire transporte allégrement. Tout en couleur, il étonne, surprend, on attend fébrilement l'enchainement des scènes plus farfelues les unes que les autres, le tout dans une poésie enivrante. Quelques scènes de nudités subsistent mais elle ne sont jamais "gratuite". C'est un vrai coup de cœur, on aime ou on n'aime pas, il faut juste laisser un peu de temps à l'histoire qu'elle se mette en route, après on est conquis !
Après 20 ans d’absence cinématographique, le poète cinéaste chilien Alejandro Jodorowsky, underground et psychédélique revient avec La Danza de la Realidad, un long métrage audacieux, kitsch, une autobiographie fantasmée à l’ambiance fellinienne où il explore la psychogénéalogie des Jodorowsky.
Alejandro Jodorowsky est un scénariste de bande dessinée, romancier, tarologue comptant parmi ses inconditionnels David Lynch et Nicolas Winding Refn (Only God Forgives) Ses films sont poétiques, singuliers, mystiques, surréalistes et l’image sert de métaphores à des thèmes comme la question sociale, l’engagement politique, la violence, le sexe, la mort ou encore la spiritualité. Un cinéma underground certes dérangeant mais surtout magiquement réaliste comptant des œuvres cultes comme d’El Topo (1970) Montagne sacrée (1973) Santa Sangre (1989).
L'histoire d'une famille immigrée russe dans une petite ville du Chili, vue à travers les souvenirs d'un petit garçon, traité durement par son père, anticatholique et communiste, mais aussi aimé par sa mère. Ce sont des souvenirs réels ou imaginés ou fantasmés et racontés avec des images baroques et fantastiques. Très beau film de Jodorowsky. Son style personnel est toujours présent, excessif et poétique à la fois, souvent inspiré par le surréalisme et le mysticisme. Réalisation très réussie et, bien qu'il y ait quelques longueurs, on n'éprouve aucun ennui à suivre cet enfant et son père à travers des chemins douloureux. C'est très inventif, avec de belles musiques, des séquences inoubliables (même si parfois scabreuses). Un film de poète, de créateur, de philosophe.
Mon entrée dans le cinéma chilien se fait par la découverte d'Alejandro Jodorowsky, artiste atypique s'il en est, figure avant-gardiste faisant jongler son art provocant entre surréalisme et ésotérisme. Né en 1929, il est au fait de sa carrière lorsqu'il développe son projet de raconter son enfance, dans la ville de Tocopilla, entre un père stalinien jusqu'au bout de la moustache et une mère castafiore parfois castratrice (Pamela Flores). Et la première chose qui frappe – si j'ose dire – dans ce film est l'ambivalence de la relation père/fils, à travers l'omniprésence de la figure paternelle. Bambin, Alejandrito est vu par sa mère comme la réincarnation de son propre père, mort dans un accident domestique. Une substitution stoppée net par Jaime, le chef de famille qui rétablit la hiérarchie en privant le petit père de ses longues nattes blondes et bouclées lui donnant l'allure de son aïeul. En outre, Jodorowsky senior s'inspire d'un autre "petit père" en la personne de Staline, dieu vivant pour cet athée tyrannique qui souhaite diriger sa famille comme Joseph règne sur l'URSS. Il n'est d'ailleurs pas anodin de voir le propre fils du réalisateur, Brontis Jodorowsky, interpréter le rôle de son grand-père.
Partant de ce postulat familial, Jodorowsky fait danser la réalité à travers l'expérience d'un enfant (Jeremias Herskovits), un gosse qu'il accompagne tout au long du film comme il l'accompagnera lui-même durant toute sa vie. Le réel se confronte à l'imaginaire enfantin qui, bien qu'élevé à la dure, n'évite pas les peurs et les apprentissages propres à cette période de l'existence. L'éducation paternelle lui enseigne comment "devenir un homme" quand sa cantatrice goulue de mère lui apprend l'art de se fondre dans le noir pour effacer ses craintes, et d'effacer le poids de ses origines pour se fondre dans la société.
Le père quant à lui s'éloigne, partant à la conquête de ses idéaux. Son aventure le conduit d'une réunion clandestines de camardes communistes dans un bouge obscure à la fomentation d'un complot visant à assassiner Carlos Ibanez del Campo qui règne en maître sur le Chili. spoiler: Des pérégrinations, qui n'auront pas l'effet escompté, le confrontant à la complexité du genre humain et à travers lui à l'indicible destinée de l'âme.
Découvrant la foi au contacte de gens qu'il méprisait au départ, il en revient transformé, brûlant ses anciennes idoles et le despote intransigeant qu'il était pour sa famille.
Alejandro, lui, poursuit sa découverte de la vie, côtoyant des personnages uniques et loufoques (le Théosophe ou la bande des infirmes entre autres), conscient que ce qui sera déterminant dans le futur se trouve déjà en lui.
La famille prend le large, quittant Tocopilla et le spectateur en laissant derrière eux des images rythmées, vives et colorées, parfois violente mais qui composent un récit autobiographiquement fictif : en somme, à travers lui chacun peut peut y découvrir la métaphore de sa propre enfance.
Un chef d'oeuvre de poésie étrange et surréaliste. Un film sur la vie, la rédemption, l'enfance, peuplé de personnages incroyables et d'images inoubliables.
N'ayant pas encore eu l'occasion d’apprécier les films de Jodorowsky qui s'apparente à un véritable artiste touche à tout, j'ai donc pu au travers de son dernier film toute l’étendue de son imagination. En effet ce récit autobiographique montre à quel point le cinéma et l'art peuvent communier pour accoucher d'une œuvre surréaliste où l'extravagance se mêle au psychanalytique avec énormément de poésie et de folie. La durée excessive peut rendre l'ensemble quelque peu plombant par moments mais nul doute que cet homme de maintenant 85 ans est un artiste total unique en son genre.
passées les premières minutes un peu déroutantes, je me suis habitué à l'univers de ce film fait comme une fable . Cela reste un film assez violent dans son ensemble, dans les couleurs (couleurs vives des costumes,) dans les actes du père , dans le chant de la mère, tout cela en contraste avec la douceur de l'enfant.On ne peut s'empecher à FELINI . un cinéma particulier
Un objet cinématographique bizarre que ce "Danza de la realidad", réalisé par un Alejandro Jodorowsky inspiré. Même si l'ensemble paraît parfois un peu barré, l'ensemble se tient et se suit avec plaisir. Le plaisir esthétique d'abord, est évident, avec ces jeux de couleur et ces plans parfaits mettant en mouvement des personnages plus ou moins burlesques, emprunts d'une forme de gravité, et d'un drame intérieur terrible. Plus axé sur le personnage du père finalement que sur lui-même, le réalisateur autobiographique dresse un portrait peu reluisant du Chili des années trente, alors en pleine dictature. Quelques scènes fortes, parfois choquantes, font de ce film une œuvre marquante, proche de l'essai cinématographique, ou du cinéma expérimental.