quel film ! quelle maîtrise ! j'avais déjà adoré "Santa Sangre" et Jodorowsky signe une nouvelle fois un chef d’œuvre absolu comme lui seul peut le faire. Poétique, baroque, flamboyant, chaque plan est un tableau, la lumière et les couleurs saturées fascinent et cette magnifique métaphore, ce long poème de plus de deux heures emporte le cœur et l'esprit du spectateur, le bouleverse, l'irradie. Un énorme coup de cœur !!!
Si le surréalisme du film est immédiatement prégnant dans la première partie du film - plutôt bonne au final - conférant au film une originalité burlesque, il l'est beaucoup moins dans sa seconde moitié où l'amusement qu'on avait pu avoir au début se meut en ennui ferme.
(...) Après 20 ans d’absence cinématographique, le poète cinéaste chilien Alejandro Jodorowsky, underground et psychédélique revient avec La Danza de la Realidad, un long métrage audacieux, kitsch, une autobiographie fantasmée à l’ambiance fellinienne où il explore la psychogénéalogie des Jodorowsky.(...) La danza de la realidad est un trip poétique coloré, une fable politique à la Pablo Neruda où l’image est utilisée comme une métaphore pour parler du fascisme, de son regard sur le Chili, d’une enfance dans un milieu où ses origines juives sont perçues comme un travers, avec un père autoritaire tendance stalinienne niant toute spiritualité, prônant une discipline de fer, et une mère douce s’exprimant par des chants lyriques.(...) Derrière l’aspect comique, excentrique, il s’agit de voir dans cet univers ésotérique, une thérapie poétique exorcisant les démons familiaux à travers des images fortes et symboliques. (...) A travers cette psychomagie se déroule une quête initiatique entre un père et un fils finalisée par une réconciliation et un nouveau départ. Il est inutile d’être un spécialiste de la filmographie de Jodorwsky, La danza de la Realidad est un trip baroque de l’âme guérissant de ses poisons à travers l’imagination, l’art…
Attention danger. Pour qui ne connaît pas le cinéma de Jodorowsky cette intrusion dans l’univers du réalisateur chilien peut décontenancer,au pire, choquer. C’est son histoire qu’il raconte à travers un délire burlesque et baroque où la demi-mesure des sentiments et de la mise en scène n’est pas à l'ordre du jour. Le cinéaste fait du cinéma qui réinvente sa propre vie, peuplée de personnages illusoires, habitée par des gnomes mutilés, hantée par des visions fascisantes. Tout en convoquant Fellini et Fassbinder , voire même Wes Anderson, Jodorowsky n’en fait qu’à sa tête, bien pleine mais totalement hallucinée. C’est un grand cirque déréglé car un autre cirque s’installe, le sien, et personnellement j’applaudis au clown mirifique.Pour en savoir plus
L'enfance rugueuse de Jodorowski à Tocopilla, un patelin âpre du bout du monde. La narration est étonnante, violente et crue ou cruelle, mélange hyperréaliste et onirique, les sardines sur la plage, les oiseaux et les villageois qui se les disputent, l'enfant qui doit prouver à son père qu'il est dur au mal pour être un homme et mériter son amour, l'improbable boutique "Ukrainia", l'incroyable, fascinante, envoûtante procession des lépreux, les chaussures rouges, le petit cireur, le petit Juif à la plage, le militantisme du père, la mère, puissante et soumise, fleuve d'amour tout puissant, le cabaret, les pompiers, la guérison du père, le concours de chiens, le cheval Bucéphale, la disgraciée du bidonville, la peur de l'obscurité, l'humanité du menuisier Joseph, les fascistes... Jodorowski nous envoie à la figure le cirque de la vie en une kyrielle de séances hallucinées, puissantes, marquantes, elles éclosent comme des flashes, libèrent un flot d'émotions -amour, peur, douleur, colère, compassion, solitude- et de couleurs et s'évanouissent comme dans un rêve. Comme s'évanouit Tocopilla dans la dernière scène. Magnifique "va, vis et deviens".
Dans ce film iconoclaste et inclassable, Alejandro Jodorowsky nous raconte son enfance chilienne, ou en tout cas essaye. Une vraie curiosité, à voir absolument !
Chef d'oeuvre ou grand n'importe quoi ? film à la fois déstabilisant et passionnant. On pense irrémédiablement à Fellini et son Amarcord où le jeune Titta pouvait être Fellini enfant. Les références sont là...la femme aux gros seins, le cirque, les estropiés, une mère qui ne s'exprime qu'en chantant...par certains aspects on retrouve Bunuel dans sa période surréaliste, où réalité, rêve, fantasme se mêlent...Jorodowsky lui même a travaillé avec Arrabal et Topor..Ce film peut être vu comme un poème burlesque joyeusement et foutraque , un univers de folie sur lequel souffle un vent de poésie libertaire. D'un autre coté le film s'égare entre mille thématiques : dictature, argent, Dieu (père stalinien qui devient hyper-croyant), judaicité, handicap, pauvreté et là on a envie de dire pouce...heureusement la force des images trompe l'ennui que pourrait naitre de cette accumulation thématique.
un film unique et puissant et qui témoigne de la réalité non ordinaire qui nous anime. Un film sacré. Un film avec l'Amour. Merci tant. Je le reverrais des quantités de fois.
un MONUMENT !!! un film puissant malgré son coté déjanté, un film sensible malgré sa violence ('modeste) un film artistique dans tous les sens du terme , un coté "Fellini" ... quelle créativité!!! les images, la musique , les personnages .... la philosophie! a voir et revoir pour profiter de tout . un régal absolu .
Ouah Jodorowsky a encore la pêche. Il ne s'épargne pas. Il ne nous épargne pas. A plus de 80 ans il revient sur ses premières années au Chili. Son enfance, sa mère et surtout son père. Des images fortes, très fortes, trop fortes ?
Même si la seconde partie essentiellement axée sur son père est parfois un peu longue, la première partie nous ferait penser à Felini et son "amarcord" peut être la généreuse poitrine de la mère peut nous y faire penser.
Un film qui se mérite. Peut être un peu trop "télé rama"
Quel poème mon dzami ! Quel voyage psychotique et visionnaire dans le Chili des grands drames ! Quel enchantement surréaliste, allumé et libertaire ! Quel univers bunuelo-felinien cardinalement déjanté ! Quelle Odyssée hallucinogène ! Quelle colorade et quelle décolorade ! Époustouflant ! Grandiose ! Saignant ! A 84 ans le bougre possède encore du jus, et quel jus ! Du jus de couilles, oui ! Le film regorge de Jodorowsky, de la réalisation aux acteurs, des costumes à la musique(magistrale)... le partage de la bête a été fait de son vivant, on dirait. Alléluia !
Malgré quelques fulgurances ça ou là, l'ensemble ne m'a pas emballé. On comprend les grandes lignes du film (le temps qui passe, la mort, les relations parents-enfants, le communisme), mais le sens plus profond des images m'a échappé...
Plusieurs années après son dernier film Jodorowsky qui s'était converti en scénariste de BD (et des bons comme La Caste des Méta-Barons, Bouncer bien d'autres et bien sur le culte L'Incal) le voici à nouveau derrière une caméra pour nous livrer un film complètement barré comme seuls quelques cinéastes en ont le secret. Jodorowsky revisite à sa manière sa relation avec son père, un homme brutal qui tient une boutique dans une petite ville du Chili, ce sont des immigrés juifs et communistes venant d'Ukraine. Jodorowsky use d'une poésie particulière, très baroque et si on ne rentre pas dedans on peut trouver La Danza de la Realidad totalement grotesque (certains moments le sont comme la scène de miction) mais si vous avez apprécié ses précédents films vous regarder La Danza de la Realidad avec une certaine joie. Sans atteindre la beauté et la magie de Santa sangre ou de La Montagne sacrée, Jodorowsky réalise un film original, une ode à la vie avec des passages plus intenses que d'autres, des instants plus émouvants et si La Danza de la Realidad souffre d'inégalité cependant il s'en dégage une vraie passion de la part de son réalisateur de nous offrir une folie picturale. Un beau film.