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Septième Sens
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3,0
Publiée le 2 avril 2014
Le support cinématographique est l'un des plus efficaces lorsqu'on souhaite évoquer la fantaisie et les mondes parallèles. Par essence irréel, cet art ouvre aujourd'hui ses portes à un couple japonais. Fous amoureux l'un de l'autre, Koichi ne comprend pas comment sa compagne Atsumi, dessinatrice talentueuse de manga, a voulu mettre fin à ses jours il y a an. Par l'intermédiaire d'une nouvelle machine, il va pouvoir pénétrer dans l'inconscient de son grand amour, plongé dans le coma.
Ces derniers temps, il semble que le cinéma sert à guérir les douleurs passées et les tourments pour Kurosawa. Déjà dans le diptyque Shokuzai, le septième art avait des vertus thérapeutiques, et cela se concrétise avec Real. Grâce à cette expérience scientifique cherchant à explorer l'inconscient, les protagonistes ont la capacité d'éclaircir un passé obscur et soulager leur propre conscience.
Mais le réalisateur n'a pas choisi d'excellents acteurs pour ce duo qui n'arrive que très rarement à être romantique. Peut-être par excès de théâtralité ou manque de compatibilité, ces deux êtres ayant pourtant grandis ensemble ne nous font pas croire en leur histoire d'amour. Le dernier quart d'heure, un peu long et excessif, fait également partie des autres petites faiblesses ternissant le film.
On ne peut évidemment s'empêcher de penser au pitch d'Inception en voyant Real. Plus centré sur ces personnages et moins ambitieux, ce dernier se révèle intimiste et détient de bonnes idées. Tout le monde se fera avoir par certains jeux de faux-semblants, bienvenus dans un rythme qui pêche cependant par sa répétitivité narrative.
Gardons en tête que le cerveau et la mémoire humaine sont d'une complexité déconcertante, et que cette œuvre invite à une réflexion psychologique sur l'inconscient et les failles qu'il comporte. Malgré son scénario assez schématique (notion qu'on reprochait déjà à Shokuzai), Real vous transportera dans un voyage initiatique parfois effrayant, mais débordant d'humanité.
Real n'est pas une franche réussite pour ce réalisateur de renom. J'ai trouvé que le film était long, mal réalisé et surtout que j'ai trouvé le poteau rose au bout de 30 min de film. Cela casse l'intrigue et surtout rend le film ennuyeux et long. Surtout quand on a l'impression que le film ne veut pas se terminer ! Côté jeux d'acteurs, je me demande comment le réalisateur a bien pu les choisir. Ils jouaient mal mais en plus ils ne collaient pas avec ce qu'ils devaient représenter. Je n'en dis pas plus car sinon je risque de spoiler. spoiler: La fin a été plus qu'ignoble, car j'avais l'impression que celui-ci ne voulait pas se terminer entre le fantôme, le plésiosaure et le retour du plésiosaure ...
D’un côté, il y a le travail formel de Kurosawa, toujours aussi impressionnant (sa capacité à rendre le moindre plan anxiogène, de faire naître l’effroi d’un hors-champs anodin ou d’un discret mouvement de caméra), d’un autre côté, il y a un récit alangui par la fadeur de l’interprétation et des dialogues et par la mollesse de sa narration, finalement très convenue (un twist qui ne sert pas à grand-chose, une résolution très clichée). Bref, un petit Kurosawa.
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0,5
Publiée le 6 juin 2020
Cette histoire de science-fiction de haut niveau fait immédiatement penser à certains films hollywoodiens tels que Inception ou The Cell. Dans la première moitié des horreurs sont a l'écran avec des images surprenantes accompagnées d'un travail de caméra patient. Ce qui rend les jumscares potentiels effrayants dans quelque chose de vraiment sinistre. La frontière entre la réalité et le rêve est floue. L'histoire de Real est remarquable, les nouvelles technologies permettent à un homme de s'aventurer dans l'esprit de sa femme comateuse. Mais ce film est juste dans le style de Kiyoshi. Ce réalisateur a le don de prendre un thème psychologique global et de l'explorer de manière inintéressante...
« Real » est une histoire d’amour pleine d’émotions. La partie science-fiction relatant une technologie permettant la plongée dans les rêves de personnes dans le coma, tire trop vite ses cartouches et n’a rapidement plus de bonnes idées dans sa façon de nous perdre entre illusion et réalité. Les relations amoureuses entre les deux personnages rendent les deux acteurs attachants. Le scénario s’enlise cependant dans un thriller métaphysique fonctionnant sur le système des imbrications de rêves dans le réel qui va se trouver un sens dans le retournement de situation aux deux tiers du film qui, de fait, arrive un peu tard. Malgré l’excellent concept sur lequel il se développe et la poésie que dégage sa mise en scène, Real pêche par un mauvais équilibre entre les genres et les thématiques (psychanalyse, amourette fleur-bleue, fantastique…) qu’il tente de brasser. « Real » reste une belle histoire d'amour teintée de fantastique avec une réflexion sur l'imaginaire et le poids de la culpabilité. De superbes images, beaucoup de charme et de poésie…
Si nous pouvions entendre clairement notre " Autre ", nous saurions alors que notre petit monde bien construit, n'en ait rien. S'il y a Amour, alors il y a tout .
Le réalisateur Japonais Kiyoshi Kurosawa nous emmène dans une sphère psychologique dès le début du film avec un principe d'expérimentation médicale d'avant garde, sans pour autant le projeter dans un milieu futuriste. Intéressant et captivant ! Et en brouillant habilement les pistes, le revirement de situation est du plus grand effet. Bluffant ! Mais en rentrant peu à peu dans le domaine fantastique avec le dinosaure (effets spéciaux d'une impressionnante qualité au passage), on assiste sur la dernière partie du film à une véritable psychologie de bas étage, réduisant à néant tous les efforts d'avant...
Koichi (Takeru Satoh) et son père s’installent sur une île isolée du Japon, ce dernier lance la construction d’un complexe touristique sans l’approbation de la population locale. Alors que Koichi est rejeté pour les actions de son père, Atsumi (Haruka Ayase) se rapproche du garçon. Les deux enfants deviennent rapidement inséparables, 15 ans plus tard, le couple s’installe à Tokyo, Atsumi pour devenir mangaka, Koichi professeur de sport. Atsumi qui tente de s’ouvrir au monde par le dessin s’isole davantage de la société. L’enfermement d’abord physique sur son île natale, puis moral vis à vis de ses camarades (qui n’acceptent pas la présence de Koichi), ne s’estompera pas avec la distance, Tokyo sera source d’une claustration encore plus écrasante. La jeune femme se barricade dans l’univers qu’elle ne cesse d’améliorer, de détailler dans ses mangas, l’amour pour Koichi sera bientôt insuffisant pour lutter contre l’amertume qui la ronge. Le suicide comme ultime exclusion.
Le film s’inscrit pleinement dans le style du réalisateur japonais, explorant de nouveau les tourments intérieurs par un procédé novateur. En effet, l’exploration mentale arrive à son paroxysme dans Real puisque les personnages n’évoluent qu’en étant directement connectés à la conscience de l’autre. Cette habile introspection ne concerne en vérité qu’une partie du film dont la réussite tient à l’ascenseur réalité/fiction que Kurosawa alimente par des séquences quasi oniriques (les incrustations dans la voiture, les apparitions inopinées).
Très beau film, qui nous surprend tout au long de l'histoire, un mélange d'amour et d'un peu de manga horrifique. Un vrai plaisir à regarder. Mais malheureusement une fin trop décevante avec des effets spéciaux accablants, sur la fin.
Je suis entièrement d'accord avec le commentaire d'une autre personne concernant ce film (Flore A.). Ce qu'elle dit résume ce que je pense. On a là un film qui parle d'amour, de culpabilité. Aussi au 2/3 du film il y a un retournement de situation important que j'ai trouvé sensationnel, cela relance l'intrigue du film.
Film vu au Festival asiatique de Deauville, tout bonnement magnifique à voir! Les plans sont de superbe qualité et la fin est intéressante, on ne s'y attend pas!!
Pas fantastique comme film ! Petite intrigue certes mais rien de passionnant, y a plein de rebonds mais c’est très long pour arriver à l’épilogue qu’on imagine dès le début.
Bonjour ! Bon : bof, tout "ça pour ça" ! Trop inégal, trop lisse, acteurs et dialogues dignes des bisounours. J'ai connu Kurosawa mieux inspiré ! Et que dire de la scène en voiture (tournée en studio, sauf la fin) qui fait bien désuète ; alors que les grands moyens ont été mis pour le monstre -superbement réalisé par ailleurs- ; ceci restant certes anecdotique par rapport à la globalité de la mise en scène. Je reconnais toutefois l'idée du scénario louable, mais cela ne suffit pas ; pas cette fois. Bien cordialement.
Kiyoshi Kurosawa nous a livré un hymne à l’amour intimiste et spectaculaire (tel "Godzilla" dans un film de Godard). J’ai aimé cette idée de voyager dans l’inconscient d’un être aimé plongé dans le coma. J’ai apprécié cette vision poétique de la science-fiction qui utilise des effets kitsch (toile filmée) comme l’inclusion numérique dernier cris (le monstre marin) avec le traitement de la peur d’un nouveau Fukushima en filigrane. Quelques longueurs et un jeu d’acteur un peu théâtral ne sont guère parvenus à gâcher mon plaisir. Merci Martine pour ce regard sur le cinéma du soleil levant sur le ciel couchant de Fréjus.