Rêves d'or
Note moyenne
4,0
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111 critiques spectateurs

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poet75
poet75

298 abonnés 703 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 décembre 2013
En deux ou trois plans, le décor est planté. Une jeune fille s'isole dans un endroit discret, se coupe les cheveux, puis comprime sa poitrine dans un bandage. Une casquette sur la tête et voilà : elle ressemble à s'y méprendre à un garçon. Un autre plan nous montre un jeune garçon préparant son sac à dos pour un voyage. Enfin un autre plan sur une immense décharge à ciel ouvert et sur ceux qui cherchent à y récupérer ce qu'ils peuvent et l'on comprend : les deux personnages que le réalisateur nous a rapidement fait découvrir ont pris la décision de partir, de fuir la misère, de vivre une autre vie, d'aller vers le Nord, loin de leur ville du Guatemala, aux Etats-Unis, à Los Angeles.
Juan, Sara, et un troisième comparse qui n'aura pas le courage d'aller jusqu'au bout du voyage, entreprennent donc ce long périple, incapables d'imaginer à quoi ils vont s'exposer. Ils trouveront sur leur chemin un compagnon inattendu, un Indien du Chiapas nommé Chauk qui s'attachera si fort à eux qu'il ne voudra plus les lâcher. Pourtant, si Sara accepte volontiers sa présence, il n'en est pas de même du côté de Juan qui n'éprouve que mépris pour ce « sale Indien » qui ne parle pas un mot d'espagnol. A plusieurs reprises, Juan essaie de se débarrasser de ce gêneur, mais en vain.
Les voilà donc emportés dans un voyage semé de multiples embûches. Semblables à tous les migrants, ils empruntent des trains de marchandises déjà surchargés de squatteurs. Et comme tous les autres, ils vont être en butte aux pires dangers : quand ce ne sont pas des policiers corrompus qui les volent, ce sont des bandes armées qui brutalisent et dérobent aux migrants le peu qu'ils possèdent. Heureusement, le scénario ménage aussi quelques moments de répit, ainsi quand nos comparses affamés volent une poule mais se trouvent bien embarrassés quand il s'agit de la tuer, ou quand, dans une bourgade, les migrants sont accueillis par un prêtre qui les nourrit et leur offre un gîte pour la nuit.
Le danger, cependant, n'est jamais loin : il faut poursuivre le voyage au milieu d'un paysage qui, s'il est de toute beauté, cache néanmoins de nombreux êtres sans scrupule. Juan, Sara et Chauk, parviendront-ils à traverser le Guatemala, puis le Mexique, et enfin à franchir la frontière des Etats-Unis ? Comment évolueront les relations tendues entre Juan et Chauk ? Quand on affronte les mêmes périls, les préjugés raciaux ne finissent-ils pas par tomber ? Et qu'adviendra-t-il de Sara déguisée en garçon ? Autant de questions auxquelles le film répond, entraînant le spectateur dans une suite de scènes toujours justes et parfois inattendues. La violence est extrême, mais ce monde de violence génère des surprises, des solidarités étonnantes et même des conversions. Le salut, s'il y a un salut, ne peut venir que de la fraternité.
Ancien assistant de Ken Loach, Diego Quemada-Diez a conçu un film à mi-chemin entre le documentaire et la fiction, une œuvre rude, âpre et bouleversante. On ne peut oublier ces jeunes gens fuyant la misère de leur pays, rêvant des Etats-Unis et de la vie meilleure qu'ils sont sûrs d'y trouver, parcourant des centaines de kilomètres entassés sur des trains et subissant les pires tribulations. Quant au dénouement, il risque d'être aussi implacable que ce qu'ils ont connu au cours de leur périple. Pour son premier long-métrage en tout cas, Diego Quemada-Diez a réussi un coup de maître. Remarquablement filmé et superbement mis en scène, son film nous prend littéralement aux tripes ! 8,5/10
Vutib
Vutib

155 abonnés 701 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 décembre 2013
Des jeunes que plus rien ne retient quittent le Guatemala pour tenter de rejoindre les Etats-Unis. L’intrigue est simple mais brûlante de sens, chargée d’émotions. L’espoir fait rapidement place à l’indignation, lorsque se déroulent sous nos yeux les péripéties cruelles de ces protagonistes sincères, humains.
La traversée, par le Mexique, est âpre, rugueuse. La mise en scène se plait à capter la splendeur des paysages, sauvages et poussiéreux, suintant de chaleur. Rapidement, l’expédition prend des allures de survie. La froideur implacable de la réalité s’abat sur ces âmes naïves mais courageuses, aux émotions feutrées.

Bercés de chaudes illusions, ces adolescents tenteront coûte que coûte de réaliser leur rêve : le rêve américain. Mais à quel prix ? L’œuvre se veut très réaliste, sans concessions. Elle nous interroge sur les différences ethniques, sur les rapports humains aussi. Avec une finesse remarquable, cette quête illusoire du bonheur nous plonge dans un chaos où tendresse, tensions et espoirs froissés s’entremêlent.

Au-delà des images, subtiles et maitrisées, le film critique violemment la politique migratoire des Etats-Unis, vis-à-vis de ses voisins d’Amérique latine. Chaque année, des milliers d’individus, déboussolés, affrontent les pires atrocités avant de s’écraser contre les frontières de « la grande nation du libéralisme et de la liberté ». Les « chanceux rescapés », qui seront parvenus à atteindre les Etats-Unis, seront alors très vite rattrapés par la déception, rongés par la précarité et la mentalité écœurante du pays du dollar. Nombreux sont ces songes dorés qui se disloquent peu-à-peu, face à une brutalité humaine plus débridée que jamais.
cyclo86
cyclo86

15 abonnés 129 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 décembre 2013
C'est tout bonnement formidable : un road-movie assez terrifiant vers un Eldorado improbable. Le réalisateur montre les difficultés et les dangers de l'émigration, mais aussi la camaraderie, la solidarité. Et pas de happy end hollywoodien; tant mieux, c'est plus conforme à la réalité. Les jeunes acteurs sont excellents, on a envie d'être leur ami.
NewBoorn
NewBoorn

70 abonnés 576 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 août 2014
Rêves d'or est une oeuvre d'une humanité bouleversante sur le besoin d'échapper à sa vie quotidienne. On peut sans nul doute avancer que c'est un quasi-documentaire, montrant du doigt toute "l'industrie" de l'immigration illégale en Amérique Centrale. Guatemala, mais aussi Honduras ou El Salvador, autant de petits pays que fuient par tous les moyens leurs habitants. Le film offre une photographie de qualité, de clichés assombris par la misère mais aussi de paysages magnifiques. Une amitié improbable va naître et le réalisateur n'a pas fait l'erreur de tomber dans le pathos gratuit puisque le réalisme plombant est de mise, avec des scènes parfois difficiles et une absence de"happy-end". Parlons-en de cette fin d'ailleurs, car si le tout est largement maîtrisé, la scène finale est très décevante, un peu clichée et alambiquée, malgré la volonté de montrer que l'on ne peut échapper à ce que l'on est au départ.
Thierry-Gautier
Thierry-Gautier

57 abonnés 151 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mai 2014
Un film comme un match de boxe avec de jeunes héros qui reçoivent des coups de plus en plus durs et se relèvent non pas pour en rendre mais pour poursuivre leur chemin, leur rêve d'un avenir meilleur. Impossible de ne pas s'attacher aux personnages et de ne pas sortir secoué de la salle de cinéma. Une réussite !
Noémie Laurent
Noémie Laurent

54 abonnés 141 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 décembre 2014
Un film tres emouvant et realiste. La proximité avec les personnages prend le sujet avec humanisme alors qu'il est souvent traité de maniere bureaucratique.
gemini-hell
gemini-hell

31 abonnés 395 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 janvier 2014
Le scénario pourrait aisément être comparé à la trame d’une émission de télé-réalité où des candidats doivent affronter mille et une péripéties avant d’atteindre l’Eldorado tant convoité. Endurance, éliminations, conflits, mise en danger permanente : rien ne sera épargné au petit groupe de jeunes migrants prêts à quitter leur terre natale pour tenter de gagner la frontière nord-américaine avec l’espoir d’y trouver une vie meilleure. Désillusion et réalité seront tout autres. Diego Quemada-Diez a réussi un film initiatique, palpitant et qui fait froid dans le dos tant on devine que les obstacles et les conséquences dramatiques qui nous sont exposés reflètent hélas une épouvantable réalité. Les jeunes acteurs principaux du film sont tous remarquables de présence et d’authenticité.
Sandrine S.
Sandrine S.

23 abonnés 72 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 juillet 2015
J'ai adoré !!! Le destin tragique, brutal et sanglant des migrants latino-américains vers les Etats-Unis, totalement méconnu voir oublié en Europe ! <3 <3 <3
Emmanuel G
Emmanuel G

16 abonnés 42 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 avril 2018
Chef d'oeuvre: ce film est à la fois émouvant, palpitant et vrai. Loin des étoiles d'holliwood le réalisateur nous présente 4 acteurs adolescents qui traverse une épreuve insurmontable, une aventure extraordinaire et romantique: à coupé le souffle film unique en son genre; à voir absolument !
Felipe Dla Serna
Felipe Dla Serna

32 abonnés 245 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 décembre 2013
Malgré la beauté intrinsèque des valeurs d'amitié et solidarité qui nous montre ce merveilleux film social, il laisse un sentiment d'amertume et de tristesse très fort, seul comparable à la brutal réalité de l'immigration clandestine que ça soit aux USA ou ailleurs. La seul remarque que l'on pourrait faire au réalisateur ce serait les quelques longueurs qui, de toutes façons n'enlève pas un brin à l'intérêt de cette histoire forte. Une question s'impose à la fin: est ce que ça vaut vraiment la peine toutes ces souffrances pour un résultat si maigre.....à chacun de se faire une réponse.
Chevalier du cinéma
Chevalier du cinéma

282 abonnés 338 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 avril 2014
Rêves d’Or, ou La Jaula de Oro en espagnol, est un très beau film de Diego Quemada-Diez où les acteurs principaux sont quatre jeunes originaires du Guatemala. Le film montre la dure vie que mène les habitants d’Amérique latine car victimes de la pauvreté ou de violences et dont la plupart espèrent entrer aux Etats-Unis pour démarrer une nouvelle vie. Originaire du Guatemala, Juan, Sara et Samuel aspirent à une vie meilleure et tentent de se rendre aux Etats-Unis. Pendant leur périple à travers le Mexique, ils rencontrent Chauk, un indiens Chiapas ne parlant pas l’espagnol et qui se joint à eux. Mais, lors de leur voyage dans des trains de marchandises ou le long des voies de chemin de fer, ils devront affronter une dure et violente réalité. Avec ce sujet assez méconnu en France, l’immigration d’Amérique latine vers les Etats-Unis, le réalisateur Diego Quemada-Diez a réalisé ce film, Rêves d’Or, dont c’est actuellement le seul long-métrage composant sa filmographie. Rêves d’Or est un film réaliste, émouvant et dur dans son message puisqu’il nous montre avec son aspect ultra-réaliste le monde d’aujourd’hui en Amérique latine et les conditions d’immigration vers les Etats-Unis pour des milliers de personnes. Réalisé entièrement en décors naturels, le film nous montre les magnifiques paysages du Mexique et du Guatemala mais aussi leurs points négatifs avec comme par exemple la pollution avec les bidonvilles où les déchets font partis du quotidien des habitants. Le film dépeint une violente et pauvre réalité car tous ces gens qui quittent leur pays, le fuient avant tout pour faire sortir de leur vie cette pauvreté et cette violence qui gangrènent leur patrie. C’est ainsi que nos quatre héros se lancent dans un périple long d’environ 4000 kilomètres pour aller commencer une nouvelle vie aux Etats-Unis, vivre le mythe du rêve américain. Le titre français du film fait référence à ce mythe américain puisque « rêves d’or » signifie rêves de richesse et de réussite. Le personnage de Juan croit en ceci jusqu’au bout mais, pour y arriver, il faut passer par de multiples péripéties. Entre la police et l’armée qui traquent les immigrants, les cartels ou les gangs qui enlèvent les femmes pour en faire des prostitués ou encore les trafiquants de drogues, le chemin vers la liberté, la réussite et une nouvelle vie est difficile pour nos héros. Et le film est très réussit à ce niveau là car avec sa mise en scène réaliste nous pouvons voir de quoi sont victimes les immigrants au court de leur voyage sur un train de marchandises, par ailleurs très bien exploité dans le film comme une sorte de personnage principal qui est présent sans l’être, une force de métal qui emmène nos héros vers une nouvelle vie. Le film peut paraître assez lent de part son histoire relativement simpliste et ses dialogues quasiment absents. Le film est en fait un voyage visuel pour le spectateur et un voyage physique et psychologique pour les personnages. Le scénario, lui, est bien plus selon moi qu’une simple aventure. C’est une odyssée violente et poignante que les personnages affrontent, une quête initiatique qui leur montre le vrai visage du monde dans lequel ils vivent et que pour arriver à leur objectif principal il faut parfois passer par des épreuves difficiles. Mais ce voyage à aussi ses points positifs puisque nos héros y font une rencontre inattendue, celle d’un jeune indien ne parlant pas espagnol mais qui va s’intégrer petit à petit dans le groupe. Les jeunes héros vivent différentes expériences qui relèvent du sentiment, ils éprouvent de la joie, de la colère, de la déception, de la tristesse mais aussi de l’horreur parfois. Le film m’a donc vraiment très intéressé au niveau du réalisme et de son scénario qui est dans le fond plus complexe qu’il n’y paraît, et tout ceci grâce aux acteurs qui sont vraiment très bon. De jeunes acteurs, certainement issue de la pauvreté, porte le film comme jamais : Brandon Lopez, Rodolfo Dominguez, Karen Martinez et Carlos Chajon y sont formidables de sincérité et de talent. De plus le film précise que tous les autres acteurs sont de vrais immigrants, cela montre encore plus la volonté du réalisateur de faire de son film le plus réaliste possible. Et au niveau de la réalisation il y a aussi de la qualité puisque le cinéaste Diego Quemada-Diez filme à l’épaule les scènes de rythme comme par exemple la scène de poursuite entre les immigrants qui tentent d’échapper à la police après avoir sauter du train, la scène d’entrée aux Etats-Unis qui passe par la frontière entre les deux pays représentée par un long canal où patrouille la police ou encore une scène fatale à l’un des personnages qui surprend et choque à la fois tellement la réalisation est de qualité. Et en plus de ceci, le réalisateur a magnifiquement filmé les paysages du Mexique et du Guatemala, ce qui donne au film un aspect naturel très agréable à voir. Pour terminer cette critique je tiens juste à signaler que le film a été présenté au 66ème Festival de Cannes dans la catégorie Un Certain Regard et qu’il a reçut le Prix un Certain Talent, preuve que ce beau film a su attirer l’œil du plus grand festival de cinéma de tous les temps.
Jmartine
Jmartine

202 abonnés 744 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 décembre 2013
Un beau film sur le thème des migrants, cette fois ci les migrations des populations pauvres de l'Amérique centrale vu au travers de trois adolescents attirés par le mirage américain, et qui s'accrochent au risque de leur vie malgré le racket des mafias mexicaines, leur utilisation dans les trafics de drogue, la prise en otage des femmes pour les prostituer..pour finir sous les balles d'un de ces volontaires américains qui s'érigent en supplétifs des gardes frontière et s'arrogent le droit de tuer sans sommation...tout ceci est plausible et souvent présentés dans des reportages télévisés. Le film est un peu lent, au rythme des ces improbables trains où s'accrochent des grappes de migrants...seul l'un des trois adolescents survivra pour finir dans un abattoir géant, à nettoyer les chaines de conditionnement de la viande..où est le rêve dans tout cela ?? les jeunes acteurs garçon et fille guatémaltèques ( 16 ans ) ont été castés dans l'un des quartiers des plus pauvres et des plus dangereux de Guatemala City..le troisième, jeune indien Tzotzil, a été repéré dans les montagnes du Chiapas...ils sont excellents de vérité. Rêves d'Or est un film puissant et réaliste, dans la peinture de l'insouciance et la cruauté de l'adolescence, avec l'arrivée du jeune indien Tzotzil, brimades, rejets, violences et jalousie amoureuse prennent soudain le pas sur le rêve initial. Cependant la scénarisation n'a pas la force d'un documentaire comme L'Escale..Avant de voir The Immigrants autre auscultation du rêve américain, je conserve à L'Escale ma préférence...Une phrase de ce film me reste en mémoire " Quand les migrants ne viendront plus en Europe, se sera aux européens de migrer !!"
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 21 octobre 2014
Magnifique odyssée adolescente autant sur la forme, avec une précision de cadrage digne d'un Visconti, que sur le fond, avec une histoire racontée sans concession et avec justesse, sans jugement. La musique, enivrante, utilisée avec parcimonie apporte, elle aussi, sa pierre à l'édifice. Le réalisateur nous offre un constat brutal et magnifique à la fois.
Jonathan M
Jonathan M

163 abonnés 1 528 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 mai 2014
Road-movie initiatique pour un parcours du combattant, avec pour gain le rêve de liberté. "Rêves d'or" balance les dérives d'une Amérique latine en péril. Ces quatre nomades affrontent la lois du plus fort, subissent avec l'espoir d'une vie meilleure. Diego Quemada-Diez nous propose sur un plateau quatre esprits juvéniles pour nous les enlever brutalement du récit, et se retrouver, tout comme eux, dépourvu. En çà, il y a là un grand metteur en scène qui est né.
Kilian Dayer
Kilian Dayer

130 abonnés 838 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 juin 2014
Alors que l’histoire des indigènes d’Amérique centrale est chargée et bedonnante, l’avenir tiendrait facilement dans un pantalon de taille XS. C’est le constat pessimiste que dresse Diego Quemada-Diez dans Rêves d’or, nouvel essai traitant au cœur la problématique de l’immigration latino aux Etats-Unis. Ici, trois jeunes guatémaltèques, dont une fille travestie en homme, l’on comprendra vite pourquoi, tentent de rejoindre la Californie. Il faut pour ce faire traverser l’Etat mexicain, terre hostile aux clandestins. A la suite d’un bref essai et d’un retour manu-militari à la maison, deux d’entre eux repartent, accompagnés bon-gré mal gré par un indien qui ne parle ni l’espagnol ni l’anglais. Arriveront-ils à destination? Le cinéaste ne faisant pas de sentiments, très dur envers ses protagonistes, ne semble pas s’orienter sur cette voie là, préférant la noirceur à la réjouissance.

Rêves d’or n’est sincèrement que peu passionnant, à son grand désavantage. Oui, le film, pourtant, s’avère d’un réalisme saisissant. L’on s’imprègne très rapidement de l’ambiance, des personnages parfois mutiques. L’on saisit immédiatement la portée de leur périple, qui s’apparente d’avantage à la croisade qu’à un simple changement de vie. La force du film de Quemada-Diez est qu’il tourne avec les moyens du bord, dans une Amérique Centrale ravagée par le pauvreté et la criminalité, sans artifices, sans contrefaçon. Les acteurs du cru ont pleinement la gueule de l’emploi. Les décors naturels sont aussi beaux qu’inquiétants. Tout est parfait, techniquement parlant, mais le rythme manque cruellement. A l’exception de quelques séquences précieuses en émotions et ressentis, l’apparition du cartel le long de la voie ferrée, la rebutante séquence finale qui démontre l’âpreté de la condition clandestine au pays du rêve, le film ne rebondit jamais vraiment.

Le ton monocorde employé par le metteur en scène permet d’éviter l’écueil du mélodrame, permet de ne pas s’appesantir sur les malheurs des uns et la fatalité des autres. Pour autant, il aurait été appréciable d’y voir plus de spontanéité, comme lors de la prise en otage d’un petit groupe de voyageurs par des truands locaux dont on ne comprend guère les motivations. Très ancré dans la culture latino-américaine, Rêves d’or, sans approfondissement, pourra paraître pour nous presque suranné, produit brut de décoffrage ne s’adressant pas vraiment à la planète mais simplement aux intéressés. Faute d’un mutisme drôlement curieux, dont j’ai parlé plus haut, les personnages peine à provoquer l’attachement. Qui plus est, le réalisateur ne leur faisant pas de cadeaux, ils ne sont finalement que de toutes petites fourmis anonymes dans un système ravagés, des exemples sans personnalité de victimes du système.

Pour autant, le film est explicite. On ne peut pas lui enlever ça. Il s’agit là d’un témoignage brut, d’un métrage sans arrondi tendant à évoquer l’anonymat et le peu d’intérêt que portent les pays concernés aux clandestins en quête de jours meilleurs. Fataliste jusqu’au bout des ongles, Diego Quemada-Diez fait de l’américain l’assassin, du mexicain le criminel et du guatémaltèque le paria. La mort, la prostitution, la drogue, l’enlèvement, la traite humaine, tout y passe et le film ne laisse qu’un souvenir mitigé, une vision peu réjouissante d’un monde malheureusement de plus en plus malmené. Drôle de film quasi-documentaire que voilà, objet témoin d’une époque, film sans concession qui aura plu au jury d’Un certain regard, à Cannes, en 2013. Tant mieux pour lui. 12/20
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