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WardStradlater
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2,0
Publiée le 28 janvier 2014
Ressemblant un peu à "Funny Games", "Borgman" mélange donc avec brio des bribes de surréalisme, de fantastique, de thriller et de suspense. Outre le scénario, assez bien mené, c'est la part de mystère qui est au centre du film. Cela dit, il semblerait que le film fasse l'apologie de l'acte gratuit et du jeu pervers et macabre, puisque Borgman dit "je m'ennuie, j'ai envie de jouer". Et c'est sur ces bases que tient tout le film. On serait donc loin de la critique de l'absurde, comme Camus, mais de son apologie.
On a coutume de nommer ce genre de film des OVNI cinématographique. Borgman attise d'abord la curiosité. On cherche, on cherche, on est surpris, on cherche… Mais au final, on trouve pas. Sans doute, parfois, des intuitions. Mais non, quand çà veut pas, ben çà veut pas. Alex van Warmerdam nous laisse donc avec un goût amer, celui de nous laisser en plan, sans une once d'explications tangibles.
Aucun doute là-dessus, c’est un véritable ovni ! Il vous sera bien difficile en quittant la salle de ne pas vous poser mille questions. Qui est réellement Borgman ? Quel est cet incroyable réseau capable de truquer (avec peu de subtilités) un entretien d’embauche ? Que cache cette cicatrice commune. C’est évident que le film d’Alex Van Warmerdam alimentera les conversations en laissant une intrigue ouverte à l’extrême mais ça a surtout un coté frustrant pour le spectateur qui aimerait bien avoir quelques réponses en dépit de quelques notes d'humour noir. En revanche, il n’y a rien à reprocher au niveau du casting qui pour le coup est juste impeccable mais ça reste quand même un film spécial à réserver aux spectateurs très curieux !
On pouvait être assez excité à l'idée de découvrir la nouvelle création d'Alex Van Warmerdam, Hollandais fantasque, auteur notamment des Habitants, très beau film surréaliste, noir, poétique et tordu. La première partie de Borgman comble nos attentes en matière de bizarrerie intrigante. Cette histoire de SDF qui s'incruste dans une famille pour en pourrir lentement mais sûrement l'ordre et la sérénité captive immédiatement. Le personnage central, sorte de démon sorti du Cauchemar de Füssli, agit comme le révélateur et le détonateur des tares de cette famille "cliché" de la bonne bourgeoisie néerlandaise : égoïsme, violence latente, désirs refoulés, hystérie, racisme, mélange de suffisance et de mauvaise conscience par rapport à la richesse (héritage de la culture protestante ?), etc. Van Warmerdam brode un canevas à la fois inquiétant et drôle, traversé d'éclairs surréalistes ou absurdes, toujours empreint d'un humour à froid étonnant et réjouissant. Le problème, c'est que ce canevas est très référencé, pour ne pas dire un peu imité (Théorème, de Pasolini, pour la trame générale ; Funny Games, de Haneke, pour le jeu de massacre glacé ; quelques films de Buñuel pour l'esprit surréaliste antibourgeois). Et le réalisateur, une fois son dispositif narratif mis en place, peine à embrayer, à transcender sa "folie" très organisée, son entreprise méthodique de démolition. Ça patine un peu, ça se répète, ça s'égare en symboles parfois gratuits ou abscons, et surtout ça s'étire en longueur, une longueur qui finit par noyer un peu l'aspect subversif et explosif du propos. D'autant que le dénouement ne tient pas vraiment les promesses de l'originalité initiale. Ouvert aux interprétations, autour d'une possible révolution sociale, d'un effacement punitif des valeurs bourgeoises, ce film déçoit donc un peu dans ses développements et ses aboutissements. On attend toujours qu'Alex Van Warmerdam retrouve l'inspiration géniale qui était la sienne lorsqu'il a conçu Les Habitants.
Dès le debut du film, on est happé par l'étrangeté et par la brume de mystère qui enveloppe "Borgman". Absurdité est bien le maître mot ici. Sans comprendre la pensée et la direction de l'auteur, on reste fasciné par cet enchainement de scènes quasi-onirique, on s'interroge beaucoup et l'on est curieux de savoir où le cinéaste va nous mener. Et C'est bien là le problème. Alex Van Warmerdam ne répond jamais à nos questions, laisse peu d'indices pour une interprétation et l'on se rend compte que "Borgman" nous mène dans une impasse. La facilité de la fin est frustrante et cette déception déteint du coup sur l'ensemble de l'histoire. C'est vraiment dommage que la chute ne soit pas la hauteur du reste de l'oeuvre d'autant que celle-ci avait le mérite d'être passionnante.
Voilà Un film saisisant qui, dès son ouverture, projette le spectateur dans un monde où l'absurde et le fantatique cottoient un quotidien sans relief. Un film assez long qui déroule implacablement un scénario miné de mystérieuses zone d'ombre. Le rythme est posé, qui laisse le temps pour mettre les unes à côté des autres les différentes clés de lecture d'un film original dont la progression narrative, en forme d'entonnoir, raconte l'inéductabilité d'une confrontation de classe. Et un monde bourgeois, très asseptisé, nourri de culpabilité et de phantasmes violents par un homme sauvage, pur représentant d'exclus qui n'auraient pas baisser les bras, de voler en éclat. Un déroulé toujours ambigü entre froideur et humour, répulsion et fascination. Du cinéma comme je l'aime.
Un film très intriguant que l'on peut qualifier d'ovni. "Borgman" suscite beaucoup de curiosité tant le fond de l'histoire surprend. La première partie du film est la plus aboutie car malgré la part d'étrange, elle reste assez réaliste. Le reste du récit parait nettement plus incohérent s'écartant petit à petit d'une certaine réalité...Quant à la fin, que dire...elle conserve cette part de mystère autour de cette communauté d'hommes bien étrange...
Il est peut-être temps d'arrêter de considérer Alex van Warmerdam comme le "Tati néerlandais". Son huitième film est de loin le plus sombre de sa carrière, même s'il subsiste dans Borgman des éléments burlesques (les cadavres dans le lac). "Qui est Borgman ? Un rêve, un démon, une allégorie où l'incarnation bien réelle de nos peurs ?" Euh, un peu tout cela à la fois dans cette fable (farce) noire à mi-chemin entre le Haneke de Funny Games, le Théorème de Pasolini et Bunuel. Warmerdam voulait faire un film très ouvert à l'interprétation, qui pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses. De ce point de vue, Borgman ne rate pas sa cible. L'absurde métaphysique est peu présent dans le cinéma contemporain qui emprunte des voies bien plus balisées, hyper formatées. Dans tous ses films, le réalisateur montre que ses origines théâtrales sont bien présentes. Borgman a cet aspect là, également, l'impression générale est celle d'un huis-clos alors que les scènes extérieures sont nombreuses et libératrices, d'une certaine façon. C'est un film sur le mal, sur l'extinction du capitalisme (?), sur le retour à la virginité de l'homme des cavernes, ou des forêts si l'on préfère. Ou bien pas du tout. A chacun de créer sa propre interprétation. A condition de vouloir jouer avec le cinéaste.
Raaaah ! Rageant ce "Borgman" ! Je vais être honnête : voilà un film pour lequel j’aurais pu mettre seulement 1, peut-être 2 étoiles, si j’avais écris la critique au sortir de la salle. Parce que oui, le premier sentiment qui m’a pris en sortant, ce fut la frustration. C’est que, sans trouver la réalisation aussi soignée que celles des dernières productions 100% danoises, ce "Borgman" avait quand même quelques atouts qui avaient su capter mon attention et mon intérêt. C’était sobre mais subtil : le lieu devenait très vite insolite, tandis que les personnages, leurs actions et leurs réactions étaient des plus intrigantes. En toute honnêteté, c’est même ce dernier point qui m'a laissé scotché à mon siège. Je voyais bien qu’on me ficelait un truc dans le dos, je ne comprenais pas vraiment quoi, mais ça me semblait être un truc bien pensé par Alex Van Warmerdam tant plus d’une fois il ouvre des pistes qu’il referme aussitôt, juste pour le plaisir de nous tromper. Mais bon, au final le bilan s’est révélé des plus frustrants pour une raison bien simple : après un suspense savant entretenu, il se trouve que la résolution finale de tout ce mystère... spoiler: n’existe pas. Eh oui ! Tout ça pour rien ! C’est tellement facile. Nous, en tant que spectateurs on se demande comment le réalisateur va parvenir à retomber sur ses pattes, alors que lui, réalisateur, fuit le tour de magie avant l’accomplissement de la prestidigitation finale. Quel sentiment d’arnaque ! Mais bon... D’un autre côté, malgré cette douche froide qui fait que je ne peux que nourrir une rancœur à l’égard de ce film, je dois malgré tout bien avouer que l’objectif de l’ami Alex n’est pas totalement raté me concernant. Cette mise en intrigue m’a quand même ouvert sur une atmosphère et un état d’esprit assez spécial – et surtout assez unique – si bien que je ne peux m’empêcher de me dire que je n’ai pas perdu mon temps à voir ce film et qu’il a malgré tout laissé une trace... Pire, je pense que dans quelques mois ou quelques années, si l’occasion se présente, je ne rechignerais pas à le revoir, juste pour capter cette atmosphère à nouveau... Dommage donc qu’il se la soit jouer aussi facile en fin de compte, parce ce "Borgman" avait quand même ses quelques atouts, au moins celui de ne pas laisser indifférent...
"J'ai voulu montrer comment le mal se glisse dans le quotidien, comment il s'incarne dans des hommes et des femmes ordinaires, normaux, bien élevés, qui sont heureux et fiers d'accomplir leurs tâches, en portant une implacable attention aux détails." -> Il me semble que "Carrie au bal du diable" apporte plus d'éclairage sur la perte d'une jeune ado... "Je voulais montrer qu'on ne fait pas le mal seulement par de froides nuits d'hiver, mais aussi sous la chaleur d'un soleil bienfaisant, dans l'optimisme de l'été." -> Il est connu que les actes malveillants se multiplient avec le printemps. Mais bon je voudrais bien consulter les statistiques des homicides sur l'année pour voir la différence... Ah oui l'optimisme de l'été... et l'optimisme des vacances de ski, des fêtes de Noël (Festen) ? En fait est-ce si important que ça se passe en été, ou en hiver ?? Bien-sûr que non... "Je voulais montrer qu'un homme comme Borgman, perpétuellement insaisissable, est capable d'inspirer à une femme un désir si obsédant qu'il va la laisser complètement démunie." -> C'est le mérite de ce film, des acteurs qui sont plutôt bons, en effet, en particulier cette femme qui se laisse fasciner par ce tueur. "Borgman est plus sombre que mes précédents films car je voulais aller plus loin. J'ai eu envie de plonger dans une région obscure et inconnue de mon imagination pour voir ce que j'y trouverais." -> Il va falloir faire des efforts supplémentaires... Avez-vous "Orange mécanique" ?
"Je voulais aussi faire un film très ouvert à l'interprétation, qui pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses." -> D'après ce que je lis dans les commentaires des cinéphiles, c'est réussi de ce point de vue... Mais pas pour moi, je ne trouve pas d'intérêt à se poser plus de questions pour un film si mal construit.
Vous dites vous-même que : "J’ai commencé à écrire, je n’avais ni plan, ni structure et j’ignorais dans quelle direction j’allais. Je n’avais pas d’idée précise de ce à quoi l’histoire allait ressembler, c’est vraiment arrivé au fur et à mesure. Une scène après l’autre. J’ai même continué à écrire durant le tournage. Je crois que Borgman est un film intense." -> Pas du tout, à aucun moment je ne me suis senti happé par le supsense, la peur ou tout autre sentiment de malaise vis-à-vis du "mal" que le film est censé raconter. Est-ce que le réalisateur a vu "Holy motors" ? Parce que là dans le registre thriller/fantastique, on est bon là.
"Camiel Borgman (Jan Bijvoet) est le mal. Il rend les choses mauvaises." Il ne se contente pas de mettre en lumière ce qui ne va pas, il fait en sorte que ça n’aille pas." Il a un vrai pouvoir sur les gens. Il force Marina à faire des cauchemars à propos de son mari. Il détruit les choses." -> C'est évidemment bien vu de donner une dimension complexe et humaine (ou inhumaine) à ce type de meurtrier.
"Je voulais que ce film soit plus dur que mes précédents. Mais quand j’ai commencé le montage je me suis aperçu qu’il était drôle… Je l’ai montré à deux amis et ils ont beaucoup ri. Ça n’allait pas du tout ! J’ai donc coupé pas mal de passages. Je pensais avoir effacé toutes traces d’humour mais visiblement c’est encore drôle… Dans ce film l’humour est une coïncidence. Je n’ai pas voulu faire quelque chose d’amusant, et je n’ai pas écrit de sketches, c’est arrivé par hasard." -> c'est proprement hallucinant. De quel humour parle-t'on ? Désolé mais je n'en vois pas ! Même noir (comme un journaliste sous-entend dans l'article) ! Et justement pas d'humour noir.. Cela aurait pu relever le film d'une catastrophe. Vous avez coupé des passages et en même temps vous continuiez à écrire le scénario pendant le tournage ??
Le fait de lire ces commentaires me font donc bien conclure que mon sentiment premier était le bon (car le doute est là pour ne pas s'enfermer dans une certitude...) : ce film est un ramassis de bricolage, sans queue ni tête, pas assez fantaisiste pour faire rire, pas assez grave pour marquer les esprits, sans aucun intérêt.
J'ai quand même hésité à mettre une ou 4 étoiles....mais pas longtemps. Sans fil conducteur et ayant comme but apparent épater, intriguer et surprendre le spectateur, celui ci est comblé mais sort bredouille de la salle. On attend trop de réponses aux questionnements que l'on se pose tout au long du film, mais elles n'arrivent pas et je suis sorti frustré après toutes les expectatives que je m'était faites.
Le début est brillant : belle "chasse" dans les bois, contraste saisissant avec une zone bourgeoise, tension et mystère ... Et puis du mystère, encore du mystère ... trop de mystère ! Résultat : le film se termine sans que j'en ai compris le réel sens. La partie film d'horreur réserve une tension certaine grâce à une mise en scène au cordeau et il y a des scènes très réussies : parfois drôles, mordantes ou bien noires ... Mais le côté film d'auteur qui ne veut rien expliquer m'a gâché tout le plaisir. C'est bien de vouloir laisser le spectateur imaginer, mais là, on ne sait même pas pourquoi tous ces massacres, pourquoi "sauver" les enfants, ... on ne sait même pas ce que le film entend dénoncer en fait.
Le nouveau film de l'iconoclaste néerlandais Alex Van Warmerdam commence superbement bien.
Le début du film est en effet diablement intrigant avec ces scènes étranges dans la forêt, dans lesquelles des hommes (et plus particulièrement un prêtre) en ... la suite ici :
Un thriller haletant de bout en bout. Et sans que l'on sache la réalité des intentions, on devine ce qui s'insinue . L'angoisse viens autant du personnage énigmatique , que de ses intentions . Qui est il et que veut il . Dans le confort de cette opulente maison bourgeoise il y a comme une parabole sur la société qui refuse de voir le chaos social qu'elle révèle