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Un visiteur
4,0
Publiée le 19 décembre 2013
Surprenant, différent, sensible, subtile, original. Un voyage intimiste dans la vie quotidienne du travailleur de Bombay mêlé a une très jolie relation épistolaire. Beau!
Une nouvelle petite merveille du cinéma indien , mais ici pas de danse et de chant on est loin du Bollywood de strass et de paillettes , c'est la réalité , les difficultés de la vie , ces joies , ces peines , pas de temps mort ,c'est bien écrit , bien réalisé et interprété avec talent , à consommer sans modération .
Un rythme doux. Une relation épistolaire se développe au travers d'une boîte-repas relation idéalisée et tendre en regard de la vie que la femme mène avec son mari qui n'est pas très attentionné. C'est la découverte d'un espoir. D'une illusion peut-être, mais un plaisir nouveau et bien innocent. C'est joli aussi car l'homme qui est proche de la retraite est triste et solitaire et aime ces lettres qui le réconfortent. C'est très beau.
Très joli film, subtil, pudique, profond et plein d’humour. Un film sur la solitude des êtres, mais aussi sur la vie sentimentale et la vie sociale en Inde. On s’attache très vite aux personnages dont on devient intime. C’est drôle, touchant et plein de nostalgie, très riche de détails dont on perd probablement un peu la saveur, tant la culture indienne nous est étrangère. Mais ça reste un vrai régal. L’interprétation est brillante dans sa finesse et le montage très habile. Un excellent film qui nous dépayse totalement.
je me suis dit, bof, ca va être long. Et puis, l'idée est originale, le mode de vie à l'indienne et la livraison des repas est tellement énigmatique que le film en devient passionnant. Tout un hymne à la cuisine indienne qui nous donne envie d'y goûter. A voir absolument.
Produit hors du système de Bollywood cette comédie romantique indienne séduit par ses personnages attachants biens croqués, par ses petites touches d’humour et par sa description du quotidien des habitants de Bombay, dépourvu de misérabilisme mais évoquant la souffrance de l’extrême solitude avec pertinence. Un long-métrage soigné et particulièrement attachant.
Premier film de Ritesh Batra il a eu le privilège d'être présenté à la sélection de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2013 où il a été remarqué avec un joli succès en salle par la suite. Le réalisateur a eu l'idée après une étude de l'université de Harvard sur le phénomène des Dabbawallahs à Bombay, soit les livreurs qui apportent le déjeuner maison que les femmes préparent pour leurs époux sur les lieux de travail ; pour info cette étude prouve que ce système est presque sans faille avec 1 repas non livré sur 1 million !... Voici donc le point de départ de cette rencontre entre une femme mariée et un célibataire veuf presque retraité... On pense évidemment à "Vous avez un message" (1999) de Nora Ephron à la différence près que la gastronomie et le papier à lettre remplace les livres et internet. En 2013, où la malbouffe et les liens via internet ont passablement changer les liens entre les gens ce film est une petit bouffée d'air frais. On a le sourire naturel et une faim qui se dessine durant tout le film. Mais dans le fond le film interroge aussi sur la relation de couple, les regrets et le courage de changer de vie avant qu'il ne soit trop tard. Mine de rien ce film passe un message qui se veut épicurien tout en étant doté d'une mélancolie fataliste. En prime un duo d'acteurs magnifiques avec la charmante Nimrat Kaur et Irrfan Khan, on a déjà pu voir ce dernier dans de nombreux succès comme "Slumdog Millionaire" (2007) de Danny Boyle ou "L'Odyssée de Pi" (2012) de Ang Lee. Bon point pour la voisine qu'on voit jamais et le stagiaire. Une comédie douce-amère qui fait du bien.
Il ne faut pas de fier à la bande annonce qui ne dit rien de ce film subtil et sensible, plus profond qu'il n'en a l'air. On sourit, on est touché dans cet univers de Bombay si loin et pourtant si proche.
Je ne suis pas fan, et pour tout dire peu curieux, du cinéma indien dont les productions me semblent toutes pondues sur le même patron, un scénario faiblard où régulièrement les personnages se lancent dans des chorégraphies chantées qui masquent péniblement l'insuffisance de l'intrigue. Même si j'étais conscient que ce film était différent de la production habituelle de Bollywood, je n'étais pas plus intéressé que d'habitude et c'est donc bien loin d'être enthousiaste que je me suis mis à le regarder. Pourtant, sans avoir été enchanté par ce que j'ai vu, j'ai trouvé le film intéressant dans son intrigue et dans son propos. Il permet d'avoir un instantané de l'Inde d'aujourd'hui : statut de la femme, ségrégation selon la caste, surpopulation... Et ce à travers une intrigue qui flirte avec le drame romantique où l'on voit une femme au foyer et un comptable proche de la retraite avoir une relation épistolaire où l'amour émerge. Elle est seule à la maison et délaissée par un mari qu'elle tente de reconquérir via les repas qu'elle concocte dans une lunchbox. Lui près de la retraite et veuf doit à son corps défendant former son successeur. Leurs chemins vont se croiser via une erreur (rarissime environ une sur un million) du service de livraison de lunchbox (le film en livre une illustration ahurissante, qui vaut quasiment le visionnage du film). Réalisant l'erreur ils entament une correspondance de plus en plus intime. Le film commence un peu languissamment, mais on s'attache assez vite aux personnages tous deux seuls et soudain rassemblés via un trésor de la culture indienne : son art culinaire. Un drame sobre, voire très sobre par rapport à la production habituelle du pays et qui, même pour un spectateur européen, pourrait rebuter un peu. Mais si l'on laisse le film prendre son envol, on assiste à une histoire touchante sur la solitude et la rencontre de deux êtres qui n'étaient pas destinés à se croiser et qui vont se relancer l'un l'autre dans une vie qui les avait enterrés dans la solitude. Une belle découverte qui mérite le détour.
Très dépaysant ce film, tout du moins par le décor et par l’ambiance… L’Inde, c’est tellement différent de l’Europe qu’on est tout de suite assez fasciné par cette société avec laquelle on a si peu en commun C’est la première qualité de « The lunchbox », nous faire plonger dans la vie grouillante de Bombay, dans ces transports en commun surpeuplés, dans ces rues perpétuellement embouteillées, dans la moiteur, la vacarme et les odeurs qu’on imaginent. C’est presque un choc culturel qu’on ressent devant l’écran. Ce système de convoyage des boites de repas est emblématique de ce choc, comment un système aussi rudimentaire peut-il fonctionner sans accros dans une fourmilière pareille ? Si un tel système existait en France, j’imagine qu’on ne déjeunerait qu’un jour sur deux ! Dans ce contexte, on est immédiatement sous le charme de la « romance » épistolaire entre Ila (incarnée par la très belle Nimrat Kaur) et Saajan (Irrfan Kahn), et on y croit d’emblée. Grace une réalisation soignée et un montage qui ne laisse pas de temps morts ou de longueurs inutiles, on est embarqué dans ce petit échange de lettres au point d’attendre avec presque autant d’impatience que les protagonistes l’arrivée de la lunchbox et de son retour. Et çà, pour le coup, c’est universel et çà parle à tout le monde : qui n’a jamais attendu avec une impatience mal dissimulée l’arrivée d’une lettre, d’un mail, d’un SMS ? Ces deux là s’échangent des petites banalités (qui n’en sont pas vraiment) sur les petits bouts de papier déchirées d’un cahier d’écolier, c’est charmant, c’est touchant et surtout on y croit. Et la relation entre eux, qui ne se rencontrent jamais, grandit sous nos yeux et on se prend à espérer, à avoir envie qu’ils s’ouvrent l’un à l’autre, qu’ils s’aperçoivent que chacun pourrait changer la vie de l’autre… Ils sont différends, elle est mariée (dans une Inde toujours très traditionnelle malgré la modernité) jeune et jolie. Lui est un veuf vieillissant et solitaire, sans vraie vie sociale, dont le seul petit plaisir (au début) est de faire tourner en bourrique le jeune homme sensé le remplacer quand il partira en retraite. D’ailleurs la relation entre Saajan et le jeune Shaikh évolue en même temps que sa relation avec Ila, et sans doute grâce à elle. Elle se transforme peu à peu en attachement père-fils plein de pudeur, c’est là encore très touchant. Mais les différences entre Ila et Saajan sont bien peu de chose au regard de ce qui les lie : la solitude, quand ils s’écrivent, ils ne sont plus seuls, c’est aussi simple et évident que cela ! Et çà aussi, c’est universel et çà parle à tout le monde, non ? Le scénario nous offre une fin ouverte qui peut paraitre très frustrante sur le moment, mais dans laquelle on peut y mettre ce qu’on veut. En fait, les dernières minutes du film, on se les fait dans notre tête, après la séance. Et dans ma tête de romantique à moi, çà finit plutôt bien.
Un conte pudiquement émouvant dans lequel le caractère inattendu, quasiment irréel, de cette relation épistolaire entre deux êtres isolés (interprétés avec force et subtilité) malgré la foule qui les entoure sans cesse est souligné par l'insertion répétée, d'abord agaçante, du collègue de bureau qui, en amenant une amitié tangible, rend plus évanescente encore cette si jolie illusion.
Une relation épistolaire va naître entre celle qui rêve d'une autre vie et celui qui craint d'être passé à côté de la sienne. (...
La plus grande force du film est de ne pas se plier au modèle convenu du happy ending attendu. Si chacun verra sa vie bouleversée, ce ne sera peut-être pas comme on s'y attendait au départ. Réaliste et mélancolique, "The Lunchbox" reste un feel good movie mais tient compte des contingences sociales, culturelles et religieuses.
Encore une pépite venue d'Asie! D'Inde cette fois-ci mais pas de Bollywood. L'histoire semble simple mais elle s'avère particulièrement bien racontée et merveilleusement interprétée grâce à des comédiens épatants. De délicieuses scènes humoristiques apparaissent ça et là, rendant ce film encore plus exquis. Un vrai régal.
The Lunchbox repose entièrement sur l'originalité de la rencontre entre deux indiens de la classe moyenne de Bombay et ses conséquences sur les choix de leur vie respective. Une réalisation et un storyboard très "auteur européen" bien loin des canons de Bollywood. Touchant et réussi.
C'est toujours une épreuve que d'aller voir un film indien. Entre déballage jusqu’à l’écœurement de danses et de chansons pendant des heures, enrobés dans des histoires naïves et sans intérêts baignant dans la guimauve, et les imitation grotesque de films d'actions américain, difficile de trouver des films vraiment défendables (même si ils restent rigolos à regarder à petite dose). Et puis de temps en temps un film qui sort du lot apparaît, certes un peu timide dans son histoire d'amour platonique (mais vu l'ambiance générale dans le pays on peut se dire que c'est déjà un sacré challenge) mais très bien construit, amusant, touchant, et prenant pour point de départ une spécificité indienne - les livraisons de boites à lunch - qui lui permet de rester encré dans le paysage cinématographique de son pays (parce que sinon on était plus dans le ton proche du cinéma chinois, l'humour en plus). Bref, une vraie bonne surprise, et un très beau film, au scénario exploitant parfaitement l'idée de départ. A voir.