C'est ce genre de films qui me donne encore envie de m'intéresser au cinéma. Un film percutant, bien filmé avec des acteurs remarquables, de très belles images et un scénario poignant. Un film qui dérangera ceux qui veulent penser que cette misère sociale n'existe pas, ils auront toujours beau jeu pour argumenter d'épingler certaines invraisemblances (et il y en a) mais ces invraisemblances sont compensées dans la réalité par le fait que 1000 autres misères semblables existent réellement dans nos sociétés. Qui donc se préoccupe des enfants de drogués, de délinquants, de détraqués sexuels qui vivent (ou plutôt survivent) dans certaines banlieues où rentrer chez soi après l'école est un enfer ? (on me dira bien sûr que j'exagère en agitant le cliché des banlieues). Oui, un film qui dérangera à coup sûr ceux qui pensent que le summum de la misère chez nous, pour un enfant, c'est de recevoir une fessée et qui s'agitent pour l'interdire, croyant sortir ainsi l'enfance de la pire des violences. La pire des violences pour un enfant, c'est de le laisser faire à peu près ce qu'il veut comme c'est le cas dans ce film.
Sans aucune fioritures ni édulcorants, Le Géant égoïste nous fouette le visage sans prévenir avec toute l'amertume d'une Angleterre ouvrière et misérable. Clio Barnard nous dresse un tableau d'un réalisme saisissant. Un film aussi immersif que bouleversant. à aller voir sans hésiter !
En sortant de la salle d'ou je ne me suis pas attardé j'ai pensé que c'était un film à voir sur Arté en fin de soirée au coeur d'un hiver froid et rigoureux et encore... A proscrire si l'on est deprimé; Plutôt fan du cinéma anglais et de celui qui depeint la vie "pas toujours facile" des basses classes sociales, j'ai là été très deçu par une histoire, un contexte et des personnages dont on peine vraiment à s'interresser. Paumés nous sommes dans un quart-monde anachronique et humide ou mine de rien y'a du blé à se faire dans la recup' et la feraille (mais on s'en fout il fait froid, rien n'est beau, rentrons nous rechauffer) Par ailleurs, le personnage principal du film est un jeune garçon prepubère et violent, il pèse 12 grammes et est au moins aussi charismatique qu'un David Cameron en short.
Bref, je n'ai pas aimé ce film, il ne suffit pas de filmer la misère pour qu'elle soit belle.
Le géant égoïste ce doit être le producteur de ce film digne d'une série de télé-réalité sur la vie du lumpen prolétariat anglais, c'est long comme un jour sans fin. Je me suis rarement aussi ennuyé, heureusement que je suis abonné car dans le cas contraire j'aurais aussi regretté mes 9,50 euros.
Terrible drame humain. Un sacré coup de poing. On est dans la lignée du film social de Ken Loach et j'aurais du mal à différencier les deux réalisateurs. Mais ici ceux qui essaient de sauver cet enfant ne le peuvent pas contre lui-même. Il faudra ce choc avec un retour en arrière impossible pour lui faire prendre conscience de son état sauvage. Assez dur avec une fin très belle empreinte de regrets
Une chronique sociale anglaise qui fait le choix – pertinent – du naturalisme et qui par la mise en scène tout en sobriété de Clio Barnard offre un beau moment de cinéma. Etreint par l’émotion sans jamais déborder dans le pathos, le film par instant contemplatif possède son caractère propre. D’une direction d’acteur irréprochable où les deux jeunes comédiens principaux sont d’un étonnant de naturel.
Il y a 3 ans, la réalisatrice britannique Clio Barnard s'était fait connaître avec "The Arbor", un documentaire consacré à Andrea Dunbar, une dramaturge originaire de Bradford, dans le Yorkshire, film présenté et récompensé dans de nombreux festivals mais jamais sorti en salle dans notre pays. C'est dans cette même région de Bradford, dont elle est originaire, que Clio Barnard est allée tourner "Le géant égoïste", son premier véritable long métrage de fiction, présenté à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes 2013 et primé au Festival de Film Britannique de Dinard 2013 ainsi qu'au Festival des jeunes réalisateurs de Saint-Jean de Luz 2013. Dans ce film, Clio Barnard n'hésite pas à nous montrer une image de l'Angleterre du Nord contemporaine digne de Dickens, ce qui, malheureusement, n'est pas totalement faux. A côté de "Le Géant égoïste", les films de Ken Loach, même les plus durs, font presque figures de bluettes sentimentales. Cela étant, il manque encore quelque chose à cette jeune réalisatrice pour qu'on puisse la ranger au même niveau que celui qui, manifestement, est un modèle pour elle.
Un chef d'œuvre de mise en scène. Ce premier film annonce une réalisatrice digne des Ken Loach ou Frears. Si le propos est profondément dramatique, la part d'enfance offre une bouffée d'air pur à la manière d'un conte.
Avec “Le géant égoïste” Clio Barnard nous offre un film qui n’est pas sans rappeler Ken Loach : même réalisme social, même regard tendre porté sur les classes les plus défavorisées de Grand-Bretagne, même personnages en lutte contre leur réalité et même humanisme dans l’intrigue du long-métrage. Ici, en adaptant un conte d’Oscar Wilde, la réalisatrice nous évoque les ratés du système éducatif, l’impuissance des parents face à des enfants un peu hors-normes, les petits trafics, l’amitié… Le film, bien que souvent un peu âpre, ne fait pas dans le misérabilisme, et ce, grâce à l’amitié entre ces deux garçons qui cherchent, souvent de façon différente, à s’en sortir. Entre les deux vient se dresser Kitten, propriétaire de casse, trafiquant de métaux, propriétaire de chevaux qui n’hésite pas à exploiter des enfants pour se remplir les poches. Les deux amis vont lui taper dans l’œil pour des raisons différentes et se retrouver alors en conflit. Le film doit beaucoup à l’interprétation des deux jeunes garçons et particulièrement à celle de Coner Chapman qui nous offre un Arbor en guerre contre le monde, mais en même temps plein d’amour pour sa mère et pour son pote, même s’il est parfois injuste voire violent avec eux. Le film m’a évoqué “Sweet sixteen” de Ken loach avec qui il partage cette figure de jeune garçon inadapté à la société, mais qui sous des dehors rebelles cache un besoin de compréhension et d’amour. Un beau premier film plein de force qui appelle à une surveillance de la carrière de cette jeune réalisatrice prometteuse.
Un film social âpre qui s'il n'apporte pas grand chose de nouveau au genre fait preuve d'un vrai densité scénaristique. Les jeunes acteurs sont épatants.
Un film sans idées qui manque de finesse et marche sur des sentiers battus et rebattus. Clio Barnard met en scène un film social dans la plus pure tradition britannique. Cité glauque, enfants perdus et puis tout dérape... C'est vu et revu et n'arrive pas à la cheville du splendide Sweet sixteen, tout simplement parce que l'écriture manque de punch, l'histoire est cousu de fil blanc et les personnages sont superficiels et caricaturaux. Il manque un quelque chose au film pour lui donner une dimension supplémentaire au tout venant britannique du genre qu'on est habitué à voir. La splendide photo et la lumière absolument superbe n'y changeront rien, on se fout de ce qui arrive aux deux héros. Dommage.
Je m'attendais à voir du Ken Loach après avoir vu la bande annonce. Et je ne fus pas déçu, mais ma surprise fut de découvrir que Barnard est une jeune femme. L'anglais est incompréhensible ( et pourtant j'ai résidé longtemps outre-manche, mais la vo est obligatoire, elle marque la localisation de l'action de façon indélébile. Steve Evett ( de l'inoubliable Looking for Eric) et Finneran ( Dowton Abbey, la mystérieuse O'Brien) sont tous les deux du Lancashire, quelques miles à l'ouest de Bradford, et n'ont aucun mal à parler "local". Je ne suis pas persuadé que le titre français sert beaucoup la diffusion du film, car le bouquin de Wilde n'est pas connu en France et le lien plutôt ténu avec le film. Espérons que le bouche à oreille fonctionnera. Oui, ca sent le "Kès" à plein nez. Oui, c'est déprimant (et pas un bon moyen de se remonter le moral après "The touch of sin" vu la veille!!!). Yes, it's can be true, believe me. Seule la mère de Arbor n'est pas dans la tonalité générale et ne fait pas crédible. Pour le reste, ce premier long métrage promet beaucoup, certainement sans un gros budget. Mais justement en faut-il beaucoup pour filmer la misère crasse, sur laquelle se greffe toutes sortes de profiteurs vivant de la désespérance. Bravo Mme Barnard. janvier 14