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ninilechat
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3,5
Publiée le 16 janvier 2014
Film misérabiliste. Trop? Limite. C'est du Ken Loach à la puissance Ken Loach..... Disons que la jeune réalisatrice, Clio Barnard, reprend avec brio cette tradition de cinéma anglais social. Et le résultat est poignant, mais beau aussi. Elle sait faire naitre la beauté d'une ligne d'horizon engrisée sur laquelle se détachent des silhouettes de chevaux...
Nord de l'Angleterre. Un paysage lugubre, animé seulement par les gigantesques tours de refroidissement de centrales. On est chez les prolos de chez prolos. Personne ne travaille. On vend le canapé (pas fini de payer) pour rétablir l'électricité. Deux enfants, deux amis. Arbor (Conner Chapman, For-mi-da-ble!) vit avec sa mère et son frère junky. Il est caractériel -hyperactif serait un mot faible.... Malgré ses médicaments, il pique des crises de rage; à l'école il insulte les professeurs. C'est un peu l'âme damnée de son inséparable Swifty (Shaun Thomas). La famille de Swifty est d'origine gitane, alors on se moque de lui. On dit qu'il pue. (A noter que le rôle de sa mère, légèrement débile, est interprété par une des actrices de Downtown Abbey, Siobhan Finneran
A la suite de la bagarre de trop, les deux enfants sont exclus du collège. Arbor s'en réjouit, car il va pouvoir faire ce qui l'amuse le plus et, qui d'après lui, rapportera de la thune (qu'il donnera à sa mère, c'est un bon fils!): ferrailler. Les deux enfants apportent leurs trouvailles à un ferrailleur, Kitten (Sean Gilder).
La collecte des objets se fait en carriole à cheval. Et Kitten a une passion: les trotteurs, et les courses clandestines qu'on organise sur des routes, bloquées par une rangée de voitures qui suivent (de dangereusement près....) les concurrents, et les encouragent. Il y a pas mal d'argent en jeu sur ces paris. Et Swifty a un vrai don avec les chevaux.... Avec Diesel, le trotteur de Kitten, il a tout de suite su y faire.
Mais ce qui rapporte vraiment, c'est le cuivre des conducteurs électriques, en particulier celui des chemins de fer. Il faut faire cramer l'isolant, qui est marqué, pour récupérer cette matière première inestimable.... Il y a aussi les lignes de transport d'électricité, qui restent peut être sous tension même si la centrale a fermé. Donc, il y a danger. Et Kitten le sait.
Il y a là tous les éléments d'un drame. Que vous découvrirez, grâce au Festival Télérama.... Mais, les figures de ces deux enfants paumés, perdus au milieu d'adultes démissionnaires, ces enfants foutus avant d'avoir connu la vie sont inoubliables, et leurs deux jeunes acteurs, exceptionnels.
Décidemment, le cinéma anglais continue à faire bien ce qu'il sait bien faire....
Finalement, Le géant égoïste finit sur la longueur par plaire. Conner Chapman parvient à dépasser Ken Loach auquel on peut penser par la vision sinistre et pessimiste de l'Angleterre. La cinéaste ajoute une touche naturaliste en montrant l'univers de la ferraille, rarement usitée au cinéma, les débrouillardises multiples des personnages, les limites avec les lois ... Elle ajoute aussi une petite touche poétique et puis cette forte amitié entre les deux pré ados touchent quelque peu. Conner Chapman est exceptionnel, une vraie révélation, une boule de nerf exacerbée dans une famille qui part en capilotade. La mise en scène est bien (superbe photo). Mais le film a ses limites, le scénario est vraiment faiblard et tourne en rond, les surprises sont rares mais au moins Chapman ne recule pas à montrer la violence et ne juge pas trop ses personnages. Mais la critique semble bien trop gentille envers ce film surestimé mais loin d'être désagréable à voir.
Ne pas se laisser guidé par le titre. Il n'y a que générosité dans ce film. Mon jugement l'améliore avec la distance. Un peu agacé par le pathos au départ, le valorise la qualité du sujet et sa radicalité. Le genre de film auquel la mémoire fait référence pour comprendre le monde. Une histoire vraie.
Je viens de sortir à l'instant du cinéma, et j'en suis encore tout retourner. Depuis très longtemps je n'étais pas sortie d'une salle de ciné, avec les mains qui tremblotaient. Pourquoi m'a t'il touché? Peut être le faite que j'ai été très sensible par cette histoire d'amitié, le décor en lui même de cette Angleterre démuni, d'une réalité, presque comme un documentaire. A noter la performance d'acteur des deux enfants : Conner Chapman et Shaun Thomas, vraiment impressionnant!
Quelle claque devant le jeu des 2 enfants, et surtout de Conner Chapman ! Vraiment éblouissant. Et l'histoire, quelle belle plongée dans le monde ouvrier anglais, et dans cette société anglaise mise de côté. Tout est là dans l'atmosphère pour nous faire apprécier la dureté de la vie des ces différentes familles (la météo, l'architecture, les habitants...). Une réelle dramaturgie anglaise, et un film coup de point, qui il est vrai, ne donne pas vraiment la pèche (comme dirait Alain Juppé).
Quel beau film. La réalisatrice dépeint parfaitement le no futur et la destruction de la vie de ces êtres de l'ère Thatcher ( there is no alternative) à la façon Ken Loach. Magnifique et dur.
Ce n'est pas vraiment un conte de Noël! C'est une histoire qui dresse un portrait très glauque de l'Angleterre actuelle, après les exploits libéraux de Thatcher, Blair et enfin Cameron.. On ne peut qu'être admiratif devant la maîtrise de la réalisatrice qui traite plusieurs sujets simultanément, l'adolescence, l'amitié, l'école, le travail des enfants, les magouilles des ferrailleurs, les mères... (cette liste peut paraître bien lourde) sans que ce soit ni pesant ni didactique. Je ne vois pas pour ma part de réelle ressemblance avec Ken Loach. Bien sûr ils sont anglais tous deux, et traitent des sujets contemporains, mais il y a dans ce film une sensibilité différente. A voir absolument.
Depuis quelques temps, plusieurs films britanniques traitent de la plongée de l'enfant ou de l'adolescent dans la violence et/ou l'illégalité à l'image d'un "This is England", "Hooligans" ou encore un "Neds". Dans "Le Géant égoïste", le jeune Arbor, déscolarisé et hyperactif, décide de gagner lui-même de l'argent en collectant, souvent illégalement, des métaux pour le férailleur du coin. Pour cela, il est accompagné de son meilleur ami Swifty. A la fois film social sur la condition de la jeunesse anglaise dans certains quartiers pauvres mais aussi centré sur l'amitié, "Le Géant égoïste" ne fait pas dans la subtilité technique mais dévoile petit à petit son aspect bouleversant au fur et à mesure que l'on s'attache aux personnages. Les jeunes acteurs jouent trés bien et apporte leur souffle et leur énergie à ce long métrage. Du trés bon...
Un film très fort, très violent aussi. On est dans la grande tradition du film réaliste Birtish ( Ken Loach), ou l'on a pas peur de montrer la classe ouvrièrre, voir même de magnifier ce fameux "lumpen prolétariat", racine du mythe de la révolution sociale. Les enfants jouent très bien , et le scénario est solide. Ils sont livrés à eux même , quittent le milieu scolaire et se retrouvent à vivre de petites magouilles. L'histoire de ce ferrailleur peu scrupuleux est bien trouvé. Quelques belles idées et prouesses de mise en scène. La course d'attelage sur autoroute est magnifiée, et constitue une sorte de contre point aux films d'aventures, du Ben Hur de contre culture.. Le final est dur , mais on savait que tout cela finirait mal. Un film fort , avec de petites imperfections, mais tellement original.
Un drame social très réaliste et poignant. Pourtant, le petit est loin d'être attachant, c'est une petit délinquant incontrôlable et agaçant pourtant on le suit dans son quotidien de débrouillardise avec son pote Swifty plus calme, plus raisonnable mais influençable. Encore une fois, dans ce genre de film, j'ai été plongé dans cet environnement pauvre qui me touche beaucoup. Comment ne pas se sentir con face à ces gens qui doivent vivre dans ce milieu? Ici, le scénario est captivant et la mise en scène pas extraordinaire mais efficace... Pas grand chose à dire de plus, c'est vrai que c'est du "déjà traité" mais une petite piqûre de rappel ne fait pas de mal pour ce genre de choses....
Le Nord de l’Angleterre, un quartier populaire de Bradford ; le décor du film social réaliste de tradition anglaise est posé. Arbor, un jeune garçon de 13 ans, compense sa petite taille par une gouaille incroyable et une tronche de petite frappe. Il est indomptable, une boule de nerf toujours en rébellion. Cet enragé injurie ses profs, pique des crises en toutes circonstances et va même jusqu’à exiger des flics qu’ils se déchaussent avant d’entrer chez lui. Seul Swifty, son copain issu d’un milieu encore plus défavorisé que le sien, trouve grâce à ses yeux et le comprend. Ce dernier est aux antipodes d’Arbor ; mou, doux, gentil, peu dégourdi ; il forme avec le roi de la débrouille d’Arbor, une association improbable. Ces deux, après s’être fait exclure de l’école, décide de gagner de l’argent en s’associant avec le ferrailleur du coin : Kitten. Ils dérobent et ramassent tous les matériaux ferreux qu’ils dénichent pour les vendre à Kitten. Ce dernier organise des courses de chevaux illicites ; Arbor est attiré par l’argent, Swifty, lui, rêve de courir avec le cheval de Kitten. Mais qui est donc « Le géant égoïste » du film ? Kitten, l’ogre qui profite et abuse de ces jeunes ados ; le système social vicié ; cette forme de capitalisme violent laissant bon nombre d’individus sur le bord de la route ; ou tout simplement le petit Arbor, plein d’autorité et d’une influence totale et quasi exclusive avec Swifty. Clio Barnard, jeune réalisatrice, arrive à point nommé avec ce premier long pour prendre la relève d’un Ken Loach en pré retraite. Son film est dans la droite ligne de l’héritage néo réaliste social anglais ; naturalisme brut et modestie des effets. Même si ce film peut avoir un goût de déjà vu ; l’absence de perspective de toute une population engloutie dans la misère fait froid dans le dos ; car à travers ces 2 ados, Clio filme tous les oubliés du progrès : familles décomposées, chômeurs, junkies, enfants déscolarisés,…La réalisatrice parvient tout de même à éviter tout forme de misérabilisme. Clio Barnard originaire de ce coin d’Angleterre a fait appel à deux jeunes du coin aussi ; des amateurs très éclairés. Conner Chapman et Shaun Thomas sont des novices exceptionnels et sidérants de vérité. Du bon film social britannique et une réalisatrice à suivre.
Un très beau film, dramatique, juste. La relation des deux gamins est belle a voir, touchante, et c'est servi par un casting digne des grands films. A voir.
Un acteur prodigieux (le jeune Conner Chapman) dans un rôle très dur. Un film sans doute éprouvant pour quiconque se sera attaché au fil de l'histoire à ce personnage qui fait face à tous les obstacles avec une force et un courage bouleversants. Personnellement je n'avais pas été aussi remué par le destin d'un personnage de film depuis "The Wrestler".
Un film social comme les anglais savent si bien le faire. "Le géant égoïste" met la lumière sur un gosse de famille défavorisée du Nord de l'Angleterre, Arbor. Livré à lui même, avec son pote Swifty, ils se livrent à des activités de vol de métal pour le compte d'un ferrailleur du coin. La mise en scène est sobre mais efficace. Et l'intensité dramatique aussi. Quant aux acteurs, ils sont parfaits. Rien à dire.