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François S.
8 abonnés
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3,0
Publiée le 6 juillet 2014
Ultime film de Ken Loach, si l'on en croit les récents propos du cinéaste. Pas le meilleur, loin s'en faut, mais qui permet de faire le point sur une filmographie extrêmement riche, de part la capacité d'indignation du cinéaste (demeurée intacte) et sa constance thématique : défense des opprimés et des exclus, solidarité dans les moments les plus difficiles, attaque en règle contre le poids des traditions et interrogation sur la notion de "progrès". Alors si le cinéaste manque un peu de nuance depuis quelques années, on peut sauver quelques éléments ici : la qualité de la photographie pour commencer (Loach sait s'entourer), l'étonnant contraste entre la magnificence des paysages irlandais et la folie des hommes.
Jimmy's Hall réussi à nous transporter dans le contexte de l'époque, à provoquer de l'empathie pour ces pauvres diables qui se démènent pour essayer de proposer une existence meilleure à l'Irlande qu'ils aiment, tout en restant très pudique dans sa façon d'être filmé. Un 1er Ken Loach qui m'amène à vouloir regarder les autres, malgré le contexte âpre et parfois désenchanté dans lequel il excelle.
"Jimmy's Hall" aurait sans doute pu être beaucoup plus beau s'il n'avait pas été aussi académique, mais Ken Loach, en usant de seconds rôles caricaturaux – notamment les amis de Gralton – éloigne son histoire des enjeux qui l'accompagnaient légitimement. Ainsi, les décors ont beau être réussis, il manque une âme au dancing de Jimmy qui n'apparaît jamais aussi important que ce que l'on essaye de nous faire croire. Le ton se veut empathique, mais la passion ou la trépidation ne sont jamais vraiment là. De même, il est difficile de s'attacher aux personnages, bien souvent trop lisses. Heureusement, Ken Loach sauve le film grâce à quelques scènes fortes qui suscitent une juste révolte. Ainsi, le montage alterné entre la soirée dansante grouillant de vie et le triste sermon du prêtre est parfaitement réussi, de même que la « confession » de Gralton, le recensement des « âmes damnées » par les grenouilles de bénitier ou les attaques des opposants. Dans l'ensemble, c'est dans les scènes de confrontation entre réactionnaires et progressistes que Loach déploie son talent avec le plus de brio, même s'il peine à retranscrire l'effervescence liée au dancing. Bien que ténue, la mélancolie sous-jacente qui parcourt le film est aussi un aspect plutôt réussi dans sa façon d'affaiblir les personnages, galvanisés par l'amour qu'ils ressentent pour les traditions irlandaises mais inhibés par la peur de l'échec et l'incompréhension des autorités locales. Une danse au clair de lune acquiert ainsi une poésie nostalgique qui contraste avec la joie qu'est censée apporter la présence du dancing. De même, l'obsession pour le communisme dont le père Seamus est atteint est aussi savoureuse qu'effrayante, apportant un peu de noirceur à ce long-métrage trop classique mais néanmoins honorable.
Je ne rate aucun film de Ken Loach, mais là vraiment c'est la déception ! C'est un film démonstratif, lent et qui laisse sans émotion. On a connu Ken Loach plus corrosif. Si c'est son dernier film c'est bien dommage !
Le scénariste Paul Laverty signe à nouveau pour Ken Loach la reconstitution d’une histoire vraie symptomatique de la déchirure irlandaise en décrivant la façon dont, dans les années 30, la prise en main dun club de danse d’un petit village isolé par un indépendantiste accusé de communisme a provoqué la colère des autorités pro-britanniques et du clergé et à créer un véritable déchirement au sein de la communauté. Comme pour Le vent se lève, le réalisateur a fait preuve d’un grand classicisme dans la mise en scène de son film d’époque mais a cette fois donné plus d’importance à la dimension politique qu’au drame vécu par ses personnages. Le romantisme et l’humanisme de ce long-métrage sont amoindris par l’extrême manichéisme avec lequel le réalisateur oppose les braves paysans aux odieux propriétaires et aux autorités ecclésiastiques terriblement réactionnaires. Ce manque flagrant de subtilité et cette volonté de signer un plaidoyer démonstratif au détriment d’un quelconque esprit de provocation et d'un rythme entrainant font de Jimmy's hall une petite déception. Espérons donc qu'il ne s'agisse pas, comme beaucoup l'annoncent du dernier film de Ken Loach, sinon quoi il aurait finit sa longue et fructueuse carrière sur une fausse note..
Oui un bon film social émouvant et intéressant sur une histoire vraie. Le pauvre monsieur qui avait des idées progressistes et voulait apporter un peu d'amusement dans son village a été forcé de partir de son pays par les autorités, tout cela à cause de propriétaires terriens très riches ayant peur du communisme et de l'église.
si on aime la politique de propagande qui sali l'image de l'Irlande pourtant si magnifique et si sublimé dans le film, les PLUS beaux discours, les plus belle danse, les meilleurs actions n'y ferons rien, la politique et curieusement l'église s'y opposeront, alors qu'en dit Moise et ses dix commandements, alors ce film est fait pour vous, si même dieux lui même reniât les beauté de la culture, qu'est ce qu'on peut faire?. Belle interprétations sur tout de la part de Barry Ward. même si j'ai faillit m'endormir une bonne centaine de fois, quelques scènes façon Ken Loach m'ont réveiller d'un coup pour me rendormir. Faute d'un scénario et une réalisation lent peut être nécessaire, surtout sur un fauteuil en velours. c'est pourtant un beau film, mais moins que "le jour se lève" nettement plus attractif et captivant.
Si le point de vue est peut être trop politiquement tranché, ce film fait réfléchir à l'heure des radicalismes en tout genre. On n'est pas dans le meilleur de Ken Loach mais assurément le réalisateur est immense.
Basé sur des faits réels, il est dommage que ce film manque totalement d'informations sur le contexte historique de l'histoire qui nous est ici racontée. Peut-être les Irlandais ou plus largement les Anglo-Saxons sont-il davantage au fait de cette période, mais le Français moyen que je suis ne l'est pas... Un mauvais point donc. Pour le reste, c'est un film honnête sur la lutte entre le pot de fer et le pot de terre, les riches propriétaires terriens abusant de leur position dominante pour humilier ceux qui n'ont rien ou pas grand chose, aidés en cela par ceux que j'appellerais les "talibans catholiques" (l'Eglise) qui stigmatise tout ce qui lui semble diabolique ou impie, la danse, l'amusement en général et, bien sûr, le communisme... Il est facile de deviner qui l'emportera. C'est un film assez lent, mais prenant et touchant, un "Ken Loach" de bonne facture, malheureusement quand même un peu lassant.
Les exactions commises par l'Eglise Catholique en Irlande sont légions... un puits sans fond qui donne régulièrement des films révoltants (comme Magdaleine Sisters). Il est une fois de plus question ici de la bêtise crasse, au travers le portrait d'un petit prêtre de campagne orgueilleux qui ne supporte pas de voir disparaître son autorité au profit d'un leader d'opinion habité par le diable : pensez donc, il veut divertir et éduquer les gens de son villages... Si ce n'était des faits réels on pourrait en rire... malheureusement la religion à fait et continue de faire là bas des ravages (comme partout dans le monde), et si le film est divertissant par certains aspects, il est surtout révoltant sur le fond.