Avec Ken Loach, il y a des gentils et des méchants. C'est bien délimité, ça évite de se poser des questions. Bon, une fois accepté ce fait, on passe un moment sympa avec de bons acteurs. Un seul personnage plus subtil, celui du prêtre.
Peut-être pas encore au niveau de "Le vent se lève" (Que je n'est d’ailleurs pas vu, mais je fais confiance aux diverses critiques que j'ai entendu). "Jimmy's Hall reste extrêmement touchant, juste, simple et instructif, dans la veine des meilleurs Ken Loach. On y apprend beaucoup sur la situation des paysans irlandais au début du vingtième siècle ainsi que sur le despotisme de l'église et des gros propriétaires terriens.
Quel plaisir que de retrouver une nouvelle fois l'univers de Ken Loach pour un nouveau chef d'oeuvre ! Mettons rapidement de coté l'argument qui mettrait en avant le marqueur marxiste de Loach trop évident dans la composition de ses films, il l'assume et le revendique ! Les décors sont superbes, l’atmosphère de cette Irlande du début du XXeme est si fidèle aux descrip-tions que nous pouvons en avoir. Cette mise en scène nous offre un trésor de simplicité qui nous pousse à cette constatation, le progrès résiderait dans le fait d'amener la culture et le regard sur le monde qui nous entoure dans les sociétés les plus reculées. Vivement le prochain !
Magistrale évocation de la dureté de la vie dans cette Irlande des années 30. Vraiment bien joué et bien rendu. Forcément j'ai adoré les scènes musicales et dansées. Excellents moments, quand on pense qu'on opposait cette pratique à l'Eglise - l'un ou l'autre ! Ne pas oublier... ça sert aussi à cela le cinéma **
1932 en Irlande. Jimmy revient au pays après 10 ans passé aux Etats-Unis. Le climat est plus paisible en Irlande à ce moment là. Jimmy décide de remonter le Hall, un lieu où les jeunes venaient se retrouver, se cultiver, faire du sport et danser… un centre social laïc avant l’heure. Jimmy est progressiste et ce n’est pas pour plaire à l’Eglise qui veut contrôler l’éducation et le contenu de ce qui rentre dans les jeunes têtes. Des tensions vont vite ressurgir.Quelques années après « Le vent se lève », Ken Loach revient avec une partition sur le passé compliqué de l’Irlande à travers un opus moins violent et souvent plus léger. Classique et peu inspiré, ce n’est pas un grand Loach ; à 78 ans son cinéma sent un peu la naphtaline. La direction d’acteur est figé, le scénario et les dialogues très didactiques ; le tout est très peu romanesque. Après, chez Ken Loach on retrouve toujours ce qui fait l’intérêt de son cinéma : la critique de l’individualisme du monde contemporain mais aussi ses convictions claires et bien affichées. Déjà vu, son nouveau film n’apporte rien de neuf excepté juste une scène dans laquelle on comprend que les protestants et catholiques pauvres du nord du pays sont en train de s’allier contre le pouvoir. Et cette révolution naissante n’est pas du goût des puissants (notables et surtout l’Eglise) qui comptent bien toujours assoir leur pouvoir sur ces dissensions ; et oui, une scène rappelant qu’il faut « diviser pour mieux régner ». Ensuite ; il nous inflige une histoire d’amour filmée sans passion ; de la romance sur commande peu convaincante.Au final, je ne comprends pas comment ce film à papa poussiéreux s’est retrouvé dans la sélection de Cannes ; sans être raté, il n’a que peu d’intérêt. Préférez « Le vent se lève », beaucoup plus engagé.
Un film qu'apprécieront ceux qui s’intéressent à cette période de l'histoire de l’Irlande de l'entre deux guerre et sa lutte pour l'indépendance. C'était mon premier Ken Loach et je l'ai vraiment beaucoup apprécié. Et j'entends et lis ici et là que ses précédents films étaient encore mieux? Je cours les voir!
Décidément, Ken Loach est un cinéaste exceptionnel. Son nouveau film est encore un petit bijou de sensibilité, d'intelligence, de sens social et de réflexion politique. Son film est à la fois clair et profond. Les acteurs, tous les acteurs, jouent avec justesse. En un mot, du grand cinéma !
Un tourbillon d'émotions dans cette oeuvre de Ken Loach, les décors sont magnifiques et les acteurs excellents. A noter aussi la bande-son de qualité qui tient un rôle à part entière dans ce film !
Une belle fresque autant historique que sociétale très bien interprétée ce autour d'un thème qui pourrait maintenant (la danse) apparaître désuet et anecdotique mais qui était , au début du 20 ième siècle le symbole d'une certaine émancipation face à l'église omniprésente qui étouffait et corsetait les sociétés européennes notamment outre manche. Un très bon Ken Loach (comme souvent) .
Un bon film qui montre bien les tentions dans la société irlandaise a une certaine époque. L'atmosphère si particulière de ce pays est bien restituée. Dommage que le film soir un peu lent.
Je découvre Loach avec son dernier film, et apparemment le dernier des derniers. Considéré un peu partout comme une oeuvre mineure de son auteur, l'ensemble m'a tout de même convaincu. Bon d'habitude je n'aime pas trop que l'on me donne des cours d'histoire au cinéma mais l'introduction a le mérite de placer le spectateur qui ignore beaucoup de choses de la révolution irlandaise dans le bain de manière très concise (et je faisais partie de ce genre de spectateurs, honte à moi). Je découvre donc ce pan de l'Histoire qui m'était plutôt méconnu en même temps que je découvre ces magnifiques paysages irlandaises sublimés par une mise en scène et une photographie aussi sobres que belles. Pas besoin d'en faire des tonnes, le film est un modèle de simplicité formelle bienvenue vu le sujet. Le coeur du film se concentre sur cette communauté villageoise du fin fond de l'Irlande du début des années 30. Et ça tombe bien c'est ce qui m'a le plus plu dans ce film. On y suit des gens pas forcément intelligents ni cultivés qui cherchent, justement, à s'élever sur ces domaines-ci, qui cherchent à "s'améliorer" par le biais de lectures, de découvertes, d'échanges. La communauté parfaite en somme, perturbée bien entendu par des réactionnaires qui ne tolèrent pas tout ce cirque sur leur terre. Et c'est là où le bât blesse, Jimmy's Hall est un film relativement maladroit. Nous avons d'un côté les simples gens honnêtes et travailleurs avec à leur tête Jimmy, militant communiste tout propre sur lui ou presque face à la noblesse et au clergé ultra conservateurs accompagnés par des graines de fascistes prêts à en découdre. Un peu manichéen sur les bords ce tableau. Je pense que l'opposition aurait été plus intéressante avec un camp des "gentils" moins lisse. Malgré tout on a un duel principal entre Jimmy et le prêtre qui prend une dimension assez ambiguë où les deux parties ne se font pas de cadeaux malgré une certaine admiration de l'un pour l'autre. C'est un bon point justement, on évite la charge facile bien que le tout méritait d'être un peu plus nuancé. Loin d'être un film pro-coco, Jimmy's Hall a le mérite de ne pas être trop politisé si on ferme les yeux sur ce discours un peu maladroit sur la charrette. Le film parle plus de l'humain que d'autre chose et c'est réussi. Outre l'aspect social particulièrement présent, nous avons aussi une touche de poésie entre Jimmy et son ancien amour. C'est tendre, touchant et pessimiste également. Les rapports humains sont justement traités avec cette intelligence très appréciable. Les acteurs sont globalement très convaincants, souvent composés du "cru local". L'acteur principal est cool. Et pour un film qui traite de l'humain, ça a son importance mine de rien. Un film que j'ai bien aimé dans l'ensemble. Pour ma part je trouve le sujet très intéressant, plutôt bien traité même si ça manque un peu d'audace. Ça reste tout de même un film plutôt stimulant car il véhicule des valeurs simples par le biais de ses personnages telles que l'espérance et la solidarité. Un aspect touchant qui m'aura parlé. Je pardonne volontiers les petites faiblesses du film et me tournerai très certainement vers d'autres films du cinéaste.
Pour moi c'est un bon cru ! Ken Loach nous entraîne dans un tourbillon lyrique et populaire qui a du souffle et nous fait découvrir un épisode spoiler: honteux [méconnu post indépendance en Irlande, qui relativise nos représentations trop souvent édulcorées ou manichéennes ...
Dans ce qui serait sa dernière fiction ( on ne l’espère pas !!) , Ken Loach livre une œuvre forte, intense, prenante…merveilleusement filmée notamment dans ces magnifiques paysages irlandais… basée sur une histoire vraie réécrite par son scénariste de toujours Paul Laverty, Ken Loach dresse le portrait d’un homme libre. Un franc tireur du côté des sans terre, mais pour qui le sens de la fête est indissociable de la lutte sociale. Le contexte historique de cet affrontement est complexe – au développement des idées communistes répondent des groupes fascisants, comme l’Association des Camarades de l’Armée. L’IRA que je croyais républicaine, n’est pas sans ambigüité dans ses rapports avec l’Eglise ni dans son jugement de Jimmy Gralton. J’ai du après le film me replonger dans l’histoire de cette période. Film éminemment engagé mais qui traite avec un salutaire sens de la nuance cette opposition idéologique entre progressistes et tenants d’un ordre social placé sous la prééminence de l’Église catholique d’Irlande. Cette emprise morale de l’Eglise on la retrouve dans The Magdalene Sisters ou Philoména dans une époque plus récente. Jimmy’s Hall est avant tout un beau film, inspiré et inspirant, traversé par une histoire d’amour et de fidélité, par l’idée de la justice et de l’émancipation des faibles face au pouvoir des possédants et à l’emprise morale de l’église.