La vengeance n'a jamais été aussi jouissive. Le film est séquencé en six histoires où le fil conducteur est que faire quand on est au bout du bout. La réponse apportée est souvent radicale. Mais ne croyez pas, que les séquences sont ficelées à la va vite. Oh non, c'est scénarisé à l'extrême avec un récit qui démarre par un constat, une frustration et enfin la dite vengeance.C'est excellent, drôle et terriblement efficace. On frôle souvent l'absurde, ce qui décale encore le tout. Tous les acteurs ont des "tronches" et un jeu qui apporte un soutien à la trame dramaturgique. Je recommande tout particulièrement la troisième histoire(celle avec les deux conducteurs), c'est à mourir de rire. Bravo, on en redemande encore et encore. Surtout que le thème est presque inépuisable. Vivement un n°2
[Scénario: 4/5] "Les Nouveaux Sauvages" est un film concept intéressant qui se compose 6 sketchs sans véritable rapport les uns avec les autres, si ce n'est que tous traitent de personnages malmenés par la vie et qui soudain décident que "trop c'est trop", se mettant à réagir de manière outrancière face aux obstacles qui leur barrent la route.
[Mise en scène: 3/5] Si tous les sketchs ne se valent pas, certains resteront mémorables de part ce cocktail explosif qui est le fruit d'un savant mélange d'humour caricatural et de cynisme. Ce qu'on apprécie avant tout, c'est ces personnages qui malgré leur côté un peu caricaturaux justement, n'en sont pas moins familier pour nous: ils pourraient être une tante, un père, une amie, un frère, un collègue... du coup en voyant les mésaventures qu'ils traversent, on est partagés entre ce sentiment de compassion envers eux et cette folle envie de rire aux éclats. Les gags vont crescendo bien sûr au même rythme que les fou rires s'enchaînent et s'intensifient.
[Acteurs: 4/5] On pourrait rapidement se laisser à penser que jouer un "pétage de cable" est quelque chose de tellement primitif et naturel qu'un acteur ne devrait pas avoir trop de mal à jouer cette corde et pourtant... Non c'est délicat car il faut en même temps paraître crédible, éviter le sur-jeu et rester subtil et touchant pour faire passer le bon message. Je ne sais pas si c'est lié à la nationalité du film (on dit souvent que les latins ont le sang chaud) mais j'ai trouvé le jeu d'acteur particulièrement bon dans ce contexte de pétage de plomb. Bien sûr on sent l'effet théâtral et l'approche caricaturale qui force les traits de caractère et s'autorise des gags assez invraisemblables et pourtant on rit beaucoup plus de ce comique de situation (un peu comme on rirait d'un bon Charlot) plutôt que d'une banale comédie US dans laquelle le comique est essentiellement verbal (et donc beaucoup moins drôle, voire nulle lorsque traduit en VF).
[Photographie: 4/5] Je ne pensais pas qu'elle apporterait tant au film, mais le fait est que la photographie est ici très bien utilisée, en jouant sur les angles de cadrage mais aussi sur les accessoires et le décor à disposition (pensez à moi quand vous verrez la porte battante sur le sketch du mariage) on obtient un réel dynamisme visuel. Très sympa !
[Bande Originale: 3/5] Une BO plutôt rythmée et formée d'une sorte de patchwork de morceaux déjà sortis il y a plusieurs dizaines d'années ce qui lui confère un petit côté rétro assez plaisant. Petit hommage à "Flashdance" également, saurez-vous le retrouver ?
[TOTAL: 3,6/5] "Les Nouveaux Sauvages" est un pur régal qui, sous ses airs de film indépendant un peu en vogue parce qu'il a fait un passage remarqué au Festival de Cannes, cache bien son jeu. Ce que Damián Szifron nous livre là c'est un spectacle incroyable, riche en cynisme et en humour poussif qui malgré son côté théâtral et caricatural nous fait rire aux abois. La vie en société est loin d'être drôle: des injustices, des malchances et des inégalités on en voit tous les jours. Doit-on pour autant arrêter d'en rire ? Pour en avoir le cœur net, rien de mieux que de regarder "Les Nouveaux Sauvages" ! Souhaitons-lui bonne chance pour la cérémonie des Oscars pendant laquelle il concrétisera peut-être sa prédisposition à recevoir le prix du "Meilleur film étranger".
Des gens normaux qui pètent les plombs, un humour noir corrosif et dévastateur, plusieurs courts-métrages pour des situations grandement variées: Les Nouveaux Sauvages ne fait pas dans la dentelle et me rappelle l'excellent God Bless America sorti en 2012. Un ovni en provenance d'Argentine, absolument hilarant.
Je suis sortie de ce film écœurée par sa violence gratuite. Oui, oui un monstre sommeille en chacun de nous, oui oui, nous pourrions tous avoir de bonnes raisons de vouloir tuer untel ou untel et oui oui homo homini lupus est... Mais... il y a dans ce film une telle auto satisfaction dans le propos, une telle absence de distance ou de mise en perspective que la question n'est pas de savoir si l'homme descend du singe, mais plutôt à quelle vitesse nous allons redevenir de simples animaux au sein d'un règne que nous avons par ailleurs si mal traité qu'il pourrait nous en vouloir...
On rit abondamment face à ces situations qui dégénèrent immanquablement jusqu'à la folie dévastatrice. Ce film détonant, je peux vous assurer d'une chose, il y en aura pour tous les (mauvais) goûts : il y aura des cris, des larmes, de la sueur et du sang, il y aura des cadavres à la pelle et des armes en tous genre, il y aura des injures, des insultes et des outrages, il y aura des affronts, des châtiments et des vengeances… volcaniques ! Six films comme des bâtons de dynamite, qui explosent les genres, les conventions et les règles de la bienséance, dévastent tout sur leur passage et laissent derrière eux l'écho des éclats de rires dans un champ de ruines… De la bombe, vous dis-je !
Ils se marièrent et eurent beaucoup... Beaucoup de quoi? Eh bien dans ce film à sketchs, il vous faudra attendre ha fin pour en découvrir l'issue. La fatalité des événements, des rencontres, l'enchaînement des circonstances, l'accablement qui peut parfois nous gagner, lorsqu'on se sent impuissant à réagir face aux contraintes administratives, qui nous plongent dans un univers kafkaïen. Voilà ce que nous fait vivre ce film caustique à loisirs, drôle excessivement, parfois chargé d'horreur, où le piège se referme avec subtilité. Bref un petit bijou almodovarien (que de l'ovarien se manifeste ici suscité notre étonnement) à déguster avec délice. S'agit-il de tuer ses pères et mère pour exister? C'est le propos d'ouverture du film, mais cette mission sacrificielle peut aussi peut-être connaître la sublimation...
Excellent film à déguster sans à priori. C est bien dans la lignée d Almodóvar. Avec un humour noir grinçant et décapant ,le réalisateur inspire propose six situations banales au depart où les acteurs blessés vont avoir l occasion d assouvir leur vengeance sans toutefois maitriser une situation qui va tourner à l improbable .Tout est savamment amplifié sans tomber dans l irréel. On se prend au jeu , des scènes courantes d incivilité,banales se transforment sous nos yeux médusés mais amusés en cataclysmes. Comme au mikado on enleve une tige et tout peut s effondrer . C est bien joué ,la bande son est au diapason .ça gratouille ,ça démange ,c est fin ,c est enlevé , on déguste .Mince c est déjà fini ,dommage on en aurait bien repris une tranche.il y aurait tant d autres situations à aborder . OK pour une suite?
Complètement fou ! Complètement barré ! Un truc que seuls les Hispanos peuvent nous sortir. Une palette de personnages haut en couleurs qui en ont marre de se laisser faire et que pètent les plombs et c'est juste jouissif pour le spectateur ! On passe un très bon moment devant cette comédie absurde totalement délirante.
Ensemble réussi même si quelques excès dans la caricature surgissent au gré de quelques scènes. Le séquençage en six sketches donne du rythme et ne nous laisse pas le temps de l'ennui, bien au contraire. Regard argentin lucide sur sa société qui pourrait être la nôtre à travers un prisme qui peut nous rappeler "Affreux, sales et méchants" d'E. Scola. On en redemande.
Les nouveaux sauvages, ou la claque de ce début d'année 2015 !
On suit les aventures totalement indépendantes de personnages ordinaires, poussés à bout ou se trouvant dans des circonstances exceptionnelles, qui finissent par péter les plombs.
Le format "histoire courte" nullement rédhibitoire ici, permet de garder intacte la tension du film sur toute sa durée, masquant aussi au passage les défauts inévitables sur des histoire plus longues. Sous couvert d'humour grinçant, le film égratigne assez salement les travers de la société argentine: corruption, clientélisme, injustice, bureaucratie, arrogance, jalousie, vengeance et j'en passe!
Tous les sketchs a des degrés divers sont assez géniaux: originaux, féroces, biens filmés, hyper réalistes avec un humour souvent noir mais savoureux. Ces critiques d'une société violente, corrompue, malade... sont toujours bien vues et souvent truculentes et prennent au dépourvu. Mes préférences au 1er sketch dans l'avion, le mariage délirant digne d'Hellzapoppin, l'accident de voiture du fils de famille (chef d'œuvre d'ignominie de classe, les contraventions en cascade, j'ai détesté le sketch des automobilistes trop violent mais excellent dans son genre. Du cinéma comme on l'aime.
Tout d'abord, une bande annonce hyper accrocheuse. Avec ce morceau monstrueux de "Pigeon John", ça laissait présager un film furieusement péchu et déjanté... Pari tenu, je n'ai pas été déçue !! Les nouveaux sauvages est une petite pépite ! On rit, on est surpris, bref on ne s'ennuie jamais! On assiste à une série de mini courts métrages qui mettent en scène les pétages de plombs de personnes lambda.. On est témoin de ce moment où tout bascule... où la colère, la frustration que l'on retient en nous ne peut soudainement plus être contenue, et se transforme en hystérie. En un fragment de seconde, les personnages craquent, la situation dérape et leur échappe complètement.. Et quand le point de non retour est franchi, qu'ils persistent dans leur folie, les scènes sont absolument jubilatoires ! Le film surfe tout au long des différentes parties, sur la frontière entre violence et comédie... violence des actes, violence des mots le tout dans une démesure qui rend les scènes hilarantes. Il y a un petit côté Tarantino dans le côté excessif et exagéré des situations, ce qui donne une ambiance cocasse et burlesque au film : jouissif!