“My old lady” a un casting très alléchant: Kevin Kline, Maggie Smith et Kristin Scott Thomas se côtoient en haut de l’affiche dans une comédie qui s’annonçait haute en couleurs. Sauf que… la sauce n’a pas pris. Sous ses airs du « Viager » de Pierre Tchernia, sorti en 1972, « My old lady » réserve peu de surprises aux spectateurs et bien que le trio fonctionne à merveille, on ne peut que regretter que le scénario, lui, laisse à désirer. Prévisible, l’histoire tourne en rond et peine à décoller véritablement. Quel gâchis !
Pour sa première réalisation, Israël Horovitz s’est servi de sa pièce de théâtre « Très chère Mathilde » qu’il a mis en scène il y a quelques années au théâtre Marigny (et dont le rôle phare était tenu par Line Renaud). A 75 ans, le dramaturge américain quitte l’univers des planches pour celui des plateaux de cinéma. Et il plante son décor dans le 13ème arrondissement de Paris, qu’il semble aimer tant il le film avec poésie et tendresse. Il a d’ailleurs avoué que « C’est en France que je finirai mes jours, j’en suis convaincu. Je me sens parmi les miens là-bas ». On ne peut donc que comprendre le choix de poser sa caméra dans les rues parisiennes pour réaliser son baptême du feu. Mais l’incendie n’a été qu’un feu de paille malgré le casting excellent qui œuvre dans le film.
En effet, les comédiens n’ont pas lésiné sur les moyens pour tenter de nous convaincre. Kevin Kline est exquis dans le rôle Mathias Gold,
un américain perdu autant dans la ville que dans sa vie personnelle. Déprimé, endetté, l’homme a toujours été en quête de reconnaissance de la part de son père et recevoir cette maison en viager n’est finalement qu’une déception de plus... Heureusement, il pourra compter sur l’aide de Mathilde, la propriétaire du bâtiment.
Et dans ce rôle, Maggie Smith adopte un jeu qu’on adore, celui d’une vieille dame qui n’a pas sa langue en poche et qui garde les idées bien claires malgré son âge avancé. Proche de ses personnages de Violet dans « Downton Abbey » ou encore de Murie Donnelly dans « Indian Palace ». Tantôt piquante, tantôt touchante, la comédienne use d’une belle palette d’émotions et nous fait entrer dans son univers les bras grands ouverts.
Les deux comédiens matérialisent d’ailleurs la confrontation qui existe entre la vision américaine et française d’une même situation. Chacun ayant un lourd passif, ils devront aplanir les choses, se parler, soulever une part des non-dits liés à la maison pour que la situation soit comprise de chaque côté. Intéressant mais maladroitement exploité, l’angle choisi pour évoquer le poids des secrets ne fonctionne pas tout à fait. En effet, nous découvrons bien vite le pot aux roses et les mystères des uns sont déjà pour nous des secrets de polichinelle… Pas de surprise, on sent venir les choses depuis bien longtemps.
La seule inconnue réside peut-être dans le rôle que tient Kristin Scott Thomas dans l’histoire, et encore.
Cette dernière est la fille de Mathilde, Chloé, et voit d’un très mauvais œil la rencontre faite entre sa mère et l’héritier du viager. Persuadée qu’il est habité des mauvaises intentions, elle ne cessera de s’en méfier et de rendre la vie dure à Mathias. A raison ? Vous le découvrirez si vous poussez la porte de la belle habitation.
Un peu long, le film ne laisse pas une excellente impression. Un peu trop conventionnel, il aurait pu laisser un goût amer si l’équipe de comédiens n’avait pas été aussi truculente. Néanmoins, nous vous conseillons de passer votre chemin : « My old lady » n’est pas un incontournable, loin de là…