La French : Marseille, mafia et mandales
Marseille, 1975 : pendant que le monde rêve encore de peace and love, ici, c’est plutôt poudre et Kalashnikov. Pierre Michel, le juge venu tout droit de Metz (c'est-à-dire nulle part), débarque avec ses idéaux pour nettoyer les rues. Le gars a des couilles en acier trempé, mais aussi un sacré don pour se faire des ennemis, surtout quand il s’attaque à Gaëtan Zampa, le boss du business de l’héroïne. Et croyez-moi, dans le monde de la French Connection, tu joues pas les héros sans te prendre une balle perdue.
Jean Dujardin, aka OSS 117 version sombre, livre une prestation musclée et intense. Le mec joue tellement bien que tu veux l’embaucher pour régler tes propres problèmes administratifs. En face, Gilles Lellouche incarne Zampa, un parrain à mi-chemin entre Tony Montana et un VRP d’Alpina Savoie. Les deux ne se croisent pas souvent à l’écran, mais quand ça arrive, c’est du caviar : tendu, électrique, brutal. Un duel de gros calibres, au sens propre comme au figuré.
Cédric Jimenez transforme Marseille en une carte postale mafieuse : des bars où ça négocie des deals à coups de Ricard, des ruelles où les coups de feu résonnent comme des pétards du 14 juillet. La reconstitution des années 70 est bluffante, entre les costards bien coupés et les voitures qui fument autant que les gangsters. On est à deux doigts de croire que le vieux port est un spot de tournage permanent pour Peaky Blinders version méditerranéenne.
Le film te montre que pour être juge dans les années 70, il fallait surtout être kamikaze. Pierre Michel commence avec le soutien de tout le monde, mais il finit seul, comme un mec qui essaie de faire passer un message dans un débat télé entre Mélenchon et Zemmour. Sa hiérarchie le lâche, la police le tolère, et sa famille voit bien qu’il est à deux doigts de péter les plombs. Le mec a tout misé sur son idéal, et le jackpot, c’est une fin pas franchement heureuse.
La French coche toutes les cases : fusillades, infiltrations, trahisons. Ça sent le pastis et la poudre à canon, et c’est franchement efficace. Mais si on gratte un peu, on se rend compte que le film n’apporte rien de neuf. C’est du polar classique bien emballé, mais sans la petite folie qui aurait pu le rendre culte.
La French, c’est un bon polar qui fait le taf : une histoire vraie bien retranscrite, des acteurs solides, et une ambiance mafieuse qui suinte le réalisme. Ça manque peut-être d’un brin de folie, mais pour une soirée à se replonger dans l’époque où Marseille faisait encore rêver les dealers du monde entier, ça passe crème. À voir avec un Ricard à la main, pour l’immersion totale.
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