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Nicolas S.
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3,5
Publiée le 24 septembre 2024
Film de gangster à la française, "La French" a enfin importé en France une version moderne de ce genre qui a tant fonctionné outre-Atlantique.
C'est d'autant plus réjouissant que l'histoire de la French Connection est particulièrement riche et promettait un matériau idéal pour le cinéma.
Ici ,on suit essentiellement le combat d'un juge d'instruction, à l'époque beaucoup plus puissants qu'aujourd'hui, qui a fait de la lutte contre Gaetan Zampa son cheval de bataille.
Ce choix est particulièrement intelligent puisqu'il déplace la vision habituelle de ces films qui oscille entre policiers et gangsters sur un autre niveau, celui judiciaire.
Ici pas de gros bras ou de fusillade à tout bout de champ, on s'intéresse plutôt à l'ingéniosité de ce juge qui cherche les moyens légaux pour mettre fin à ce tentaculaire trafic.
Cela renouvelle le genre puisque nous abordons forcément différemment le trafic lorsque nous nous intéressons à la phase judiciaire et aux difficultés que pouvait rencontrer à l'époque les juges d'instruction spécialisés dans ces affaires.
L'histoire du juge Michel et d'ailleurs suffisamment marquante pour justifier à elle seule l'existence de ce film.
Jean Dujardin a d'ailleurs su parfaitement revêtir le costume de ce juge. Face à lui, un Gilles Lellouche impeccable en Gaëtan Zampa. Au milieu, beaucoup d'acteurs avec des gueules de cinéma.
Au-delà de l'écriture et de la réalisation, c'est surtout le casting qui vaut le coup d'œil et qui porte ce film.
Polar de Cédric Jimenez sorti en 2014, "La French" retrace le combat du juge Michel contre la French Connection dans le Marseille des années 1970. Véritable mafia, l'organisation criminelle a la mainmise sur les restaurants, bars et casino de la ville qu'elle rackette à tour de bras pour financer son juteux business. Dans les labos clandestins, la morphine se transforme en héroïne, revendue à prix d'or aux Américains. La ville est gangrénée par le trafic de drogue. A la tête de la Pieuvre, le tout puissant Gaëtan Zampa, dit Tany, fait la loi. Parrain aux méthodes brutales, craint par les petites mains, sans état d'âme avec les traitres. Jean Dujardin et Gilles Lellouche incarnent les 2 protagonistes. Excellente interprétation pour une confrontation de haut vol entre leurs personnages, 2 hommes aux valeurs finalement assez proches (engagement, sens du devoir), si ce n'est que l'un a choisi le clan du bien et l'autre celui du mal. Céline Sallette et Mélanie Doutey jouent avec beaucoup de sobriété leurs épouses respectives, des femmes fortes dans la tourmente qui sont à la fois la béquille et la faille. En plus de cette remarquable distribution, il convient de saluer le travail de reconstitution d'époque (ambiance Dyane, DS et 4L). Dans ce film inspiré de faits réels, Gaston Defferre n'est pas présenté sous un jour particulièrement glorieux. De maire de la ville au ministère de l'Intérieur sous François Mitterrand, édifiant retournement de veste. Dialogues efficaces au service de l'action, le rythme est nerveux, sans temps mort. Ça commence par un règlement de comptes entre membres du Milieu marseillais puis jusqu'au bout, de traques en filatures, le spectateur est embarqué au cœur de l'enquête.
Un polar qui retrace les pats d’un procureur investi, qui succombera malheureusement aux criminels qu’il traquait. Émouvant et prenant, ce film vous fera passer un merveilleux moment
C'est un film français ambitieux qui essaie de se rapprocher du meilleur du cinéma américain de genre (cf "Heat", "Le parrain") mais qui n'y parvient que partiellement. Si la reconstitution des années 70, l'image, la réalisation, sont de qualité, le rythme énergique voulu tout du long parvient moins à dynamiser le film qu'à donner une sensation de zapping constant. On a l'impression de papillonner d'une scène à l'autre sans jamais se poser pour créer véritablement de bons moments de tension ou d'émotion. On déroule donc une histoire linéaire sans réels repères temporels, tout en faux rythme, alors qu'il n'y a pas grand chose de raconté, pire encore, c'est fait de façon décousue. Pour dire, j'étais persuadé que le film allait se terminer dans les minutes à suivre tant il me semblait qu'on était proche du final, et j'ai constaté qu'il restait encore quarante cinq minutes, autant dire que j'ai trouvé le temps long durant tout ce dernier segment. J'attendais donc beaucoup mieux du réalisateur du - injustement - décrié "Bac nord" qui lui est largement supérieur en tous points.
Un duo d’acteur inspiré, un film où l’on ne s’ennuie jamais et qui aurait mérité 20 minutes de plus pour travailler encore mieux la rivalité du juge et du voyou. La séquence où il se rencontre arrive trop vite dans le film…
Jimenez, le metteur en scène, a fait des progrès de 2014 à 2020, de "La French" à "Bac Nord". Ici , je parle du scénario et de la réalisation, c'est beaucoup trop long, décousu, sans rythme. On ne comprend pas bien ce qui se passe. Les truands se dézinguent à tout va mais on ne voit pas réellement pour quoi. Par exemple Magimel, quel rôle joue t-il, pourquoi le liquide t-on deux fois, dont une première fois avec un chargeur complet, à bout portant, sans succès ? En supprimant les appels téléphoniques inutiles, les embrassades, les scènes de famille attendrissantes, les pots d'adieu, etc..., Jimenez aurait pu gagner facilement une demi-heure pour notre plus grand bien. Le clou du film, pompé sur l'américain "Heat" entre Al Pacino et De Niro dans la banlieue de Los Angeles, c'est l'improbable rencontre avec dialogue tendu entre le juge Michel et le truand Zampa dans les hauteurs entre Marseille et Cassis. Le chef monteur connaissait il Marseille, car on passe sans transition des calanques au Panier à un moment. Il y a quelques belles images de la corniche Kennedy. Un moment de nostalgie quand M et Mme Zampa déjeunent à Sormiou au bord de l'eau : ce restaurant a fermé. Defferre est froid et sentencieux et ne ressemble pas au vrai. Je ne me prononcerai pas sur la véracité de l'histoire, car je ne connais pas le dossier. En revanche, je donne une note médiocre au film qui m'a rasé.
Ce film est génial ! J'ai adoré suivre l'histoire de la French Connection de Marseille et du combat du juge Michel. Le duo Dujardin-Lellouche porte ce film. L'un des meilleurs films français selon moi.
Publiée le 8 décembre 2014 ( par Michel Crotti ) Géniale réalisation qui nous ramène en 75 dans le milieu Marseillais et l'affaire du Juge "Pierre Michel". Les acteurs d'abord Jean Dujardin est parfait et le méchant Zampa est interprété lui par Gille Lellouche. Film un peu long mais qui se laisse regarder et apprécier pour l'excellent travail de décors (autos entre autres), et d'ambiance des années 70. Il y a chez nous de très bons films et celui-ci en fait indéniablement partie !! **
Un film policier d'action qui frôle l'excellence grâce à sa réalisation soignée, son montage dynamique mais aussi et surtout son excellent casting où les rôles vont comme des gants à Jean Dujardin et Gilles Lellouche. Leurs prestations sont extras et bien qu'ils ne soient que très peu à l'écran ensemble, à l'instar de De Niro et Pacino dans Heat, l'alchimie fonctionne à merveille. On est plongé dans un Marseille corrompu où l'on découvre tous les vices en même temps que le juge Pierre Michel. Cédric Jiménez, qui a démontré plus tard encore son talent pour filmer et mettre en scène l'action, réussissait déjà à insuffler une vraie énergie à ses personnages et à créer un climat à la fois réaliste sans tomber dans le pataud et à la fois dans l'action de cinéma sans être extravagant. Bref, une franche réussite.
excellent Film avec un Gilles Lellouche qui m'a surpris dans ce rôle de "méchant" et un Jean dujardin qui m'a conquis. à eux deux, ils portent le film et il est vrai que n'étant pas fan du cinéma Français en général, je suis souvent conquis par le genre policier. On est bons la dessus !
Le travail de juge d'instruction, est tout sauf un petit boulot pépère au chaud dans son bureau. En tout cas tel que le juge Michel le pratiquait. Alors ça secoue ceux qui préfèrent le calme réconfortant des habitudes, même si elles ont le defaut de laisser la pègre prendre du terrain. Jean Dujardin est efficace dans son interprétation. Dans le camp d'en face, Gilles Lelouche manque peut-être de rudesse pour incarner Gaëtan "Tany" Zampa. Pour l'anecdote, dans les rôles secondaires, on notera que Benoit Magimel, ici voyou, incarnera plus tard le maire de Marseille dans la série éponyme, belle progression ! À propos de Marseille, son maire de l'époque (Gaston Defferre) est clairement présenté ici comme un homme politique pourri qui protège les voyous... ce qui ne l'empêchera pas de devenir ministre de l'intérieur de François Mitterrand ! Côté mise en scène, La French emmène le spectateur au plus près de l'action, ce qui donne le sentiment de faire partie de la scène. Il faut quand même s'accrocher pour se repérer vu le nombre de protagonistes et le double jeu de certains. Bel hommage à un juge courageux qui redore la justice.
J'aurais mis trois étoiles sans la fin. Comme souvent je trouve dans les films qui racontent des affaires réelles, l'enquête avance un peu arbitrairement, et tout n'est pas correctement expliqué, de fait on ne se sent malheureusement pas complètement à la place du héros car lui a des infos sur son univers que nous ignorons et qui sont pourtant significatives dans sa prise de décision et sa compréhension des choses. Même travers d'ailleurs dans NOVEMBRE du même réalisateur. Donc point de vue spectateur, c'est moyennement satisfaisant, même si on peut régulièrement et heureusement se raccrocher à des enjeux simples et clairs à l'écran (une filature, une fusillade, un interrogatoire...). Les acteurs m'ont convaincu, surtout Magimel et dans une sensible moindre mesure Dujardin et Lellouche. Mais ce qui emporte tout, c'est la fin. Elle est spoiler: déchirante, amère, révoltante. On réalise à quel point le Mal est toujours là, Zampa emprisonné n'étant qu'un sacrifice consenti par la filière pour se préserver. Le film a l'intelligence de ne pas commencer par la fin et donc de nous surprendre avec son épilogue noirissime. Ce pauvre juge, mort pour une noble cause, n'a même pas effleuré le combat contre la corruption de Marseille. Tragique ! J'ai donc finalement mis quatre étoiles car cette fin fait prendre au film une toute autre dimension.