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Un visiteur
3,5
Publiée le 11 novembre 2015
Ce premier film d'Abd Al Malik mérite d'être regardé par le plus grand nombre (surtout dans la période troublée qui est la nôtre) même s'il comporte quelques lenteurs et si je suis toujours assez réservé sur le style autobiographique qui peut vite tourner à la glorification du réalisateur lui-même. Ce film véhicule un message positif et fort puisqu'il montre qu'une autre voie est possible (la musique, la culture, la religion dans sa version tolérante) autre que celles (la drogue, le banditisme, l'intolérance religieuse voire l'extrémisme) amenant systématiquement l'individu à s'exclure/à rejeter de notre modèle républicain.
Un film qui peint une certaine société dure et troublante. On réfléchit beaucoup après le film aux conditions de vie de tant de personnes. Un film réussit.
(...) Dix ans après la sortie de son roman autobiographique, le rappeur Abd Al Malik a réuni un budget conséquent et une équipe technique solide (avec notamment Pierre Aïm, le chef opérateur de La haine notamment, qui reproduit ici un splendide noir et blanc), afin d’adapter au cinéma cette chronique personnelle, dont l’intrigue se veut a contrario universaliste (...) plutôt que de continuer à offrir un état des lieux alarmiste de la cité où il a grandi, Abd Al Malik a préféré concentrer la dramaturgie de la première partie de son scénario sur l’évolution individuelle de son alter-ego (...) Le point de bascule scénaristique se fait lors de la confession du héros à l’islam, qui va dès lors devenir son principal vecteur psychologique (...) Dès lors, la seconde moitié est plus axée sur les affres de la création artistique et la recherche de reconnaissance (...) le script est en effet tiraillé entre une volonté de sincérité touchante et un classicisme académique flagrant (...) Ce que l’on retiendra finalement de meilleur dans l’écriture de Qu’Allah bénisse la France, est sans nul doute la prose avec laquelle Abd Al Malik écrit ses chansons mêlant argot local et références littéraires (...)
Qu'Allah bénisse la France est un film qui vient faire taire tout les faux débats que l'on nous sert à longueur de temps. Message de paix, exemple de réussite. La mixité, les différentes religions, l'amour, la famille qui veulent briller sous le même drapeau. Bravo à Abd Al Malik et à wallen
"Nous on aime la France, mais la France ne nous aime pas" entend-t-on au cours du film. Prolongement de "la Haine", le film de Matthieu Kassovitz, tourné également en noir et blanc, ce film brosse un portrait social d'une société mal en point, il déroule autour l'itinéraire d'un jeune garçon littéraire, qui s'empare de la culture au lycée catholique dans lequel il a été admis. Les chances de s'en sortir, quand on vit dans une cité ne sont pas illimitées, le pourcentage de chances d'y mourir est plus conséquent, celui de passer par la case prison également. L'islam est peut-être une issue, en tout cas, elle parle aux gens. La spectatrice que j'avais pour voisine, commentait les bribes d'échanges dans le film sur des sourates. Je suis mal à l'aise avec les notions de pureté et d'impureté, de division des sexes (les hommes d'un côté, les femmes de l'autre). Les accolades viriles entre hommes font florès, mais par contre un garçon ne doit pas embrasser une fille. Et puis, comment les familles acceptent-elles la mixité dans les couples "noirs/arabes". Quelle est également cette logique selon laquelle il y aurait les "putes" et les femmes à respecter, je ne comprends pas, plus je désapprouve cela. Le film ouvre entre autres ce type de débats. Quelle est la frontière entre le religieux et l'idéologique? La trajectoire d'Abd al Malik a été cahotique, cet artiste est parvenu à sublimer la violence qu'il a connue, lui qui, de surcroît, tient ses origines du Congo Brazzaville.
Certes, l'adaptation de son livre Qu'Allah bénisse la France par Abd Al Malik lui-même souffre de nombreuses faiblesses. Beaucoup de maladresses, de longueurs, un aspect autobiographique qui tend à étouffer l'universalité du message. Pourtant, touché par l'honnêteté de la démarche du chanteur, qui raconte son parcours depuis son enfance dans le quartier strasbourgeois du Neuhof jusqu'à ses recherches d'ordre spirituel et sa découverte du soufisme, on a plutôt envie d'aimer un film qui contient aussi de nombreux passages émouvants et/ou drôles. En résumé : le fan d'Abd Al Malik que je suis a aimé le film, le cinéphile un peu moins.
Un bon film...pas du tout nombriliste...le parcours très intéressant et humain d'un rappeur que je ne connaissais pas du tout...sauvé par la musique et la religion...un beau film...le réalisateur a eu la très bonne idée de faire jouer un très bon acteur pour le rôle du rappeur...
Ce film est un juste milieu entre La haine - pour le noir et blanc et le décor - et 8 miles - pour l'histoire.
C'est poétique à souhait, avec de belles mélodies par dessus lesquels la voix d'Abd Al Malik s'élève pour nous distiller quelques vers de sa composition.
Film d'amour, de couleurs et de tolérance, malheureusement entaché par quelques scènes sur-jouées ou carrément mal jouées mais qui ne gâche pas le plaisir qu'on a à voir ces jeunes qu'on pourrait croiser dans la rue évoluer.
Décidément, Abd Al Malik a plein de talent. Après la chanson, sa première réalisation est une œuvre très personnelle, sans clichés ni "grosses ficelles" pour séduire le spectateur. Seule l'interprétation pèche un peu dans ce film qui - c'est écrit fort justement sur l'affiche- est une belle leçon d'espoir et de tolérance, un regard sans complaisance ni caricature sur les cités.
Un film banlieue très intéressant tourne avec la poésie connue de Abd Al Malik. Le sujet est complexe et l'auteur dépeint ici sa réalité. Par ailleurs l'esthétique est très belle grâce à ce tournage en noir et blanc
Qu'allah bénisse la France concrétise ce que je pensais d'Abd Al Malik, connu plus tôt pour son second album "musical" (ou de slam selon les interprétations), Gibraltar. Je vois à travers ce personnage qu'un imposteur qui ne cesse de chercher à se repentir de son passé très discutable par le médiatique et par sa révélation soudaine à l'Islam. Dans le film, il ne cesse de se contredire en grondant son frère d'être un voyou et la scène d'après se lancer dans le vol à l'arraché avec un autre qaid. Son ascension musical est mal décrite et les discussions sur les difficultés sociales ne sont qu'effleurés... un film raté. La réalisation en noir et blanc dans les quartiers, n'est là que pour rappeler le succès de "La haine" de M. Kassovitz et espérer le même carton. Mais non. Passez votre chemin.
De son vrai nom Régis Fayette-Mikano, le réalisateur d’origine congolaise, a passé son enfance avec sa mère (seule et catholique) et ses frères et sœurs dans le quartier du Neuhoff à Strasbourg. La délinquance (vol à l’arraché, trafic de drogues) est son quotidien. Il est influencé favorablement par son professeur de philosophie, pratique le rap, se convertit à l’Islam et épouse une jeune femme d’origine marocaine. Scénario conventionnel sur un sujet rebattu depuis la sortie du film « La haine « (1995) de Mathieu Kassovitz, d’autant que les 2 films sont en noir et blanc. C’est bien filmé et l’acteur Marc Zinga (également d’origine congolaise) qui joue Abd Al Malik est excellent.