1362 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
176 critiques spectateurs
5
32 critiques
4
75 critiques
3
44 critiques
2
21 critiques
1
4 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Luuuuuuuuc
26 abonnés
872 critiques
Suivre son activité
4,5
Publiée le 20 décembre 2021
Les premières oeuvres de Camus ne comptent pas parmi ses plus connues. Elles sont abruptes, comme de lentes et longues descriptions d'une nature aride, qui transcende et transforme celle des hommes qui y vivent.
Ainsi, ce formidable road trip inspiré de plusieurs d'entre elles se décline en quelques scènes où les dialogues n'ont que peu d'importance. L'absurde est partout, dans la sécheresse de ces abords désertiques et dans la pluie d'hiver qui détrempe, comme cette maison où se réfugient les deux protagonistes et qui n'a pas de toit ou comme cette guerre qui opposent les amis d'autrefois.
Au milieu du dérisoire, thème que semble affectionner Viggo Mortensen, cheminent un instituteur et son prisonnier qui veut se livrer aux autorités françaises pour enrayer la spirale de la loi du sang. Pris en tenaille entre les villageois qui veulent se venger, les colons en colère, les rebelles indépendantistes algériens et l'armée française, ils parviendront jusqu'à la croisée des chemins, où un choix s'impose, celui de la révolte.
Les interprétations sont d'une justesse parfaite, les paysages à couper le souffle. Reste que les sous-titres sont indispensables, la plupart des rares dialogues étant murmurés.
Un très beau film : lent, majestueux, aride à l'instar des sublimes paysages de l'Atlas. Les deux personnages principaux, l'instituteur Viggo Mortensen et le paysan Reda Kateb sont tous deux des taiseux et l'on découvre au fil du récit, leur intériorité et leur humanisme. L'interprétation est magistrale et porte littéralement le récit. Face à ces deux hommes totalement seuls, les bandes armées se révèlent aussi cruelles les unes que les autres. La fin du film porte très peu d'espoir mais sait-on jamais ?
Merci à Viggo Mortensen d'avoir participé à cette réalisation française sur l'adaptation d'un roman d'Albert Camus. Un très bon moment de cinéma, très tendre et humaniste où l'on retrouve un professeur ancien commandant de l'armée qui guide un "prisonnier" vers un choix inévitable à prendre. Génial !
Avis aux spécialistes du" je le verrai à la télé": voilà un film qu'il faut aller voir sur grand écran, tant la qualité de la photographie est bonne. Ce "western de l'Atlas" est en outre porté par l'interprétation des acteurs, Vigo Mortenssen en tête. Librement inspirée d'une nouvelle de Camus, l'intrigue se déroule en 1954. Le contexte politique est évidemment présent, mais subtilement, ce n'est pas un film-dossier. C'est d'abord la rencontre de deux hommes qui nous est montrée, deux hommes que nous découvrons aussi petit à petit. Les personnages sont en effet tout sauf caricaturaux, ce qui nous change d'une grande partie de la production cinématographique actuelle. Amis cinéphiles, ne manquez pas "loin des hommes".
Très beau film, excellent jeu des acteurs, très beaux paysages, très beau récit inspiré de L'hôte, texte d'Albert Camus dans son livre L'exil et le royaume. Finalement une belle incitation à lire ou relire l'ouvrage de Camus pour connaître les pensées et sentiments de ces personnages. Je conseille chaudement ce film qui montre, comme l'étranger de Camus, que bien des pieds-noirs avaient une vie humble et très proche des algériens. En l’occurrence j'ai beaucoup de sympathie et d'admiration pour le personnage de Daru, instituteur dans une école isolée sur le haut plateau de l'Atlas. Si Albert Camus nous montre Daru qui rentre chez lui après avoir guidé son prisonnier, et le prisonnier qui se rend seul à son lieu de perdition, le scénario nous fait vivre des épisodes des premiers conflits de l'indépendance qui sont des apports qui nous heurtent. On a là les deux aspects du comportement des français, certains dans une attitude de service et d'autres dont l'armée défendant une propriété territoriale de la France et donc impitoyables avec les indépendantistes...
S.Leone nous a si souvent fait kiffer le western spaghetti que je ne résiste pas à la tentation d'un clin d'oeil d'amateur pour qualifier cette toile en inventant la catégorie "western couscous". Laissez-vous tenter, c'est nouveau, ça vient de sortir ! David Oelhoffen est français, malgré ce que pourrait laisser supposer son patronyme. En lisant deux trois trucs d'internet sur lui, j'ai d'ailleurs découvert qu'il avait co-écrit le scénario de SK1, que j'ai bien aimé. Oelhoffen, donc, s'est senti accroché par la lecture d'une courte nouvelle ("L'hôte") dont l'auteur est pour le moins crédible sur la question algérienne, puisqu'il s'agit d'Albert Camus, mais si mais si. Ca fait beaucoup de bonnes références, et pour la distribution aussi y a du beau monde dans les deux rôles principaux : Viggo Mortensen que j'ai tant aimé dans "La route" et Reda Kateb qu'on a vu récemment en toubib convaincant dans "Hippocrate". Comment voulez-vous après ça que le film soit une daube ? Et de fait, c'est loin d'en être une ! Au fin fond de l'Atlas algérien en 1954, Daru est un colon français, instituteur solitaire épris de sa mission pédagogique dans son école bâtie au milieu de nulle part, perdue dans un paysage lunaire de monts rocheux et de cailloux. Il se voit obligé de convoyer vers la ville la plus proche un prisonnier coupable d'homicide, Mohamed, pour qu'il y soit jugé. Il faut marcher une journée sur une piste montagneuse. Gare aux mauvaises rencontres : le soulèvement populaire a commencé, les fellagahs ont pris les armes et le maquis. Les doigts ont tendance à être un peu nerveux sur la gâchette, en ces temps troublés. Commence donc un long cheminement qui sera pour les deux hommes l'occasion de chercher à se connaître, et dans la confrontation avec le danger de se révéler aussi dignes d'estime l'un que l'autre. C'est un film magnifique, contemplatif selon moi malgré les scènes d'action crûment filmées. Et c'est l'âme humaine qu'il contemple et donne à contempler, en plus des grandioses paysages du rude Atlas. Par delà la notion de race, l'âme humaine, ses pulsions et ses aspirations essentielles : instinct de survie, soumission à des lois, sens de l'honneur, désir brut, que sais-je encore... Un seul bémol, puisqu'il est question de désir : comme dans certains (je dis bien certains) des meilleurs westerns, c'est une histoire d'hommes et les femmes ont peu leur part à dénouer dans le fil du film. Ici elles ne sont pas présentées sous leur meilleur jour, loin s'en faut ! Si Camus les avait mises dans le rôle qu'elle tiennent ici, ça n'aurait pas fait de lui un grand féministe, je dirais. J'ai d'ailleurs relu "L'exil et le royaume", pour en avoir le coeur net. La nouvelle "L'hôte" y tient une place discrète du fait de sa brièveté mais c'est une de mes préférées. Or, j'ai eu beau chercher, Camus n'y a mis aucun personnage féminin... A bien y réfléchir, les développements ajoutés par Oelhoffen et son équipe au scénario, par rapport à la trame très simple de cette nouvelle minimaliste, qui se termine dans le livre quasiment où elle commence dans le film, sont tous assez bien vus à mon sens. Sauf peut-être précisément cette courte intervention de quelques femmes dans le film. Enfin ce n'est que mon avis d'admirateur de Camus. Je laisse chacun juger sans en dire plus ... Quant aux acteurs, si l'étrange accent de Mortensen quand il parle français peut surprendre au début malgré sa discrétion, on l'oublie vite tellement il colle à son personnage, irradiant son magnétisme habituel sans aucune fausse note. Reda Kateb lui aussi s'affirme comme un tout bon, beaucoup plus qu'un faire-valoir en face de son aîné. C'est du lourd, ces gonzes. Chapeau bas, respect et toute cette sorte de choses.
Un film rempli d'humanité qu'il fait bon voir en ces temps difficiles, tristes et violents... David Oelhoffen m'a complétement embarquée dans son histoire grâce à des images à vous couper le souffle, grâce à une direction d'acteurs parfaite, grâce à une musique sublime, grâce à Camus... Merci Mr Oelhoffen, vous êtes un grand.
"Loin des hommes" est inspiré de "L'hôte" d'Albert Camus. Deux personnages que tout oppose, Daru, instituteur bienveillant et Mohammed, qui doit être jugé pour le meurtre de son cousin. Mais, forcé de passer un long moment ensemble, et au fil de la discussion, les deux hommes vont se rapprocher. Au milieu d'une guerre qu'ils trouvent irrationnelle, ils vont partager des moments amicaux. Le duo Viggo Mortensen - Reda Kateb prend bien, la photographie est très belle et propose des plans de dune et d'un désert immense, la réalisation fonctionne montrant l'évolution de cette relation impossible et le scénario est bien écrit. Le film est bien rythmé, mais on pourrait tout de même lui reproche une certaine linéarité prévisible à certains moment et quelques facilités scénaristiques.
Avec Loin des hommes, le réalisateur touche à un point sensible de l'histoire, la guerre d'algérie. Sans prendre partie il nous montre tout au long de ce film une amitié naissante entre deux personnages que tout opposait initialement.. assez réussi finalement.
Librement inspiré de L’Hôte, une nouvelle d’Albert Camus, Loin des hommes propose un voyage philosophique en suivant les pérégrinations de deux personnages pris au piège de la violence environnante.
L’identité, l’appartenance, l’héritage, l’honneur, la justice et son absurdité, la fuite, la confrontation, le courage, la fraternité… autant de notions abordées tout au long du film, en plein coeur des montagnes de l’Atlas.
« Bien qu’écrit il y a soixante ans, [ce texte] m’a semblé très contemporain et applicable au monde d’aujourd’hui, dans de nombreuses régions au bord de la rupture. J’ai retrouvé dans la problématique que vit Daru, le héros de la nouvelle, des questions que je me pose : la difficulté de s’engager, la difficulté d’y voir clair dans un monde instable, la difficulté de l’action, la tentation du repli sur soi » révèle David Oelhoffen, qui met en scène un film poignant aux airs de western rugueux, âpre et mélancolique.
Face à la caméra, Viggo Mortensen livre une interprétation subtile d’un homme tiraillé entre devoir et obligation. A ses côtés, Reda Kateb est impeccable, trouvant l’équilibre parfait entre fierté et humilité...
Voilà ce qu'on attend du cinéma, comme d'une expo, d'une pièce ou d'un concert réussis, c'est de se sentir différent après l'avoir vu, la tête remplie de lumière et d'émotion. Ici c'est le cas, le film est magnifique à tous les niveaux. L'image est belle sans être "esthétisante", les acteurs sont excellents sans être envahissants, tout cela évidemment grâce à un scénario intelligent, pudique, sensible et qui ne tombe dans aucun des écueils auxquels pourrait donner lieu un sujet aussi humaniste. Ce film mérite le succès d'un grand.
Sur fond historique du début de la guerre d'Algérie et au cœur de paysages magnifiques, les destins de deux hommes se croisent. Un film profond qui pousse à la réflexion philosophique et humaniste.
D'abord les paysages de ce pays qui était merveilleux, l'Algérie, la terre qui fut sublimée par tous tes peuples qui l'ont habitée ou traverssée ; dont un peuple qui a disparu de cette terre, celui des "pieds noirs", peuple ô combien attachant par sa diversité et son métissage profond, rapide et qui a créé un peuple unique et nouveau (le seul autre exemple qui me vient à l'esprit est le peuple Brésilien). Ensuite, le déroulé d'une histoire âpre, sur un rythme alternant lenteurs et nervosité. Les ponts entre les hommes sont légions: par l'éducation, par la confrérie guerrière, par les nobles sentiments qui animent les uns ou les autres. Mais, les enfermements sont aussi fruits des traditions, des aveuglements. A la fin un homme a renoncé, le héros, et un autre s'est libéré des traditions pour aller plus loin ... Belles images, pas de vision manichéenne, une belle leçon de cinéma!
1ère vision - les acteurs sont bons, Reda a un peu de mal au début mais ça s'améliore dès qu'il a trouvé son rythme de croisière, le sujet est assez moyen mais le plus gros défaut, à mes yeux, est la réalisation. Le tout manque de peps, la narration trop pépère, dommage.