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De smet M.
15 abonnés
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0,5
Publiée le 4 octobre 2016
S’il n’était pas si étonnant de le voir ici, à Namur, le découvrir à Cannes a du être une toute autre affaire. Mais que le festivalier de mai compatisse avec celui d’octobre : la séance de Mal de pierre n’était ici pas suivie de Rester verticale, Elle ou Toni Erdman pour « se purger les yeux ». Enfin, restons sur le (télé-)film, si tant est que ce soit possible vu le vide abyssale dans lequel nous entraine Nicole Garcia (qui réussit apparemment mieux à duper les programmateurs qu’à faire des films). Bien sûr, il n’y a aucune mise en scène, mais il n’y pas non plus vraiment d’histoire : aucun évènement ne vient troubler cette Lithiase rénale qui, dirait-on n’a jamais démarré, le spectateur restant bloqué face à un écran — et non face un film — où, maladroitement, on a lancé l’idée d’un film sans savoir comment la concrétiser. Mais il faut croire que le sanatorium est vendeur ces temps-ci puisqu’après Youth, c’est ce Pierres aux reins qui, tout aussi vain, s’y installe.
Son titre faisait déjà rire. Marion Cotillard a le Mal de Pierres. Nicole Garcia est une bonne comédienne, mais côté réalisation, elle ne nous a jamais sidérés. Il est encore plus étonnant de la trouver en compétition officielle à Cannes 2016, tellement son drame ressemble à un téléfilm des années deux mille. Le mélo est effectivement sans arrêt présent et a de quoi nous donner le mal de tête. Le jeu de mot est facile certes, mais on a beaucoup de difficultés à se lancer dans cette histoire linéaire, malgré des acteurs aux jeux convenables. C’est justement ce qui nous laisse à croire que Garcia s’est appuyée sur eux pour cacher les nombreux écueils de l’histoire. En effet, Louis Garrel apporte la séduction, tandis que l’actrice y appose sa mélancolie. Côté folie, on admet avec souffrance la chute finale. Mais le temps était laborieux pour y arriver. Des séquences s’éternisent et n’ont pas toujours de raisons d’exister. Bref, on a envie de prendre Mal de Pierres au second-degré, car tout semble construit de manières excessives et hors du temps. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
MAL DE PIERRES de Nicole Garcia, dont j'attendais beaucoup, trop sans doute est adapté du livre éponyme de Milena Agus. L'histoire de cette française, envahie de désir, qu'on croit folle parce qu'elle ne se conforme pas à ce qu'on attend d'une femme dans les années cinquante, avait pourtant tout pour me séduire. Consumée par ses rêves de passion, Gabrielle épouse un ouvrier agricole pour fuir sa mère autoritaire. Souffrant gravement de calculs rénaux, elle part en cure thermale à la montagne où elle rencontre un lieutenant opiomane (Louis Garrel, doux et fantomatique), revenu d'Indochine. Elle jette son dévolu sur cet homme avec qui elle imagine refaire sa vie… Je ne sais pas ce qui a manqué à ce film pour qu'il me chavire comme il aurait dû, compte tenu de son sujet hautement incandescent. La mise en scène élégante (bien qu'un peu trop illustrative à mon goût) se prête assez bien à cette reconstitution romanesque très "qualité française". Peut-être manque-t-il un peu de fièvre justement dans ce mélo classique ? Le flash-back ne me convainc pas tout à fait non plus. Ce procédé un peu daté alourdit le récit en l'inscrivant dans une réalité surannée, tout comme l'époque qu'il décrit. C'est donc un peu redondant dans la forme. Et bizarrement, aucune émotion ne m'a effleurée, aucun frisson ne m'a parcourue l'échine (j'aurais bien voulu !). Je suis restée totalement extérieure aux tourments de cette amoureuse de l'amour. Marion Cotillard (que Nicole Garcia n'a pas gâtée en l'attifant comme une mémère) donne à son personnage toute l'intensité qu'on lui connait, mais ne m'a jamais troublée. En revanche, dans le rôle du mari qui souffre en silence, Alex Brendemühl, tout en intériorité, est magnétique. Et puis le twist final, si mal amené qu'il en est presque ridicule, finit de décrédibiliser l'ensemble du projet. Une vraie déception.