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inspecteur morvandieu
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2,0
Publiée le 15 avril 2026
Zola auteur de série noire? Cela peut surprendre mais c'est bien en polar que s'est transformée "La bête humaine" dans le film de Fritz Lang. En réalité, il s'agit moins ici d'une adaptation originale de Zola que le remake du beau film de Jean Renoir. Un remake d'un tout autre esprit, donc. Car, là où Renoir tournait un drame humain populaire et tragique, Lang reproduit une de ces intrigues vénéneuses chères au cinéma de genre américain, avec femme fatale (encore que fatale à elle seule) et manipulations sur fond de jazz et d'existences provinciales. Dans son genre, le film de Lang est un classique, sobre, concis et efficace. Une réussite pourrait-on dire s'il ne subissait la comparaison avec l'œuvre de Renoir. Les personnages de Lang sont des stéréotypes de la série noire et, en tant que tels, ils sont peu surprenants et reflètent parfois le prosaïsme le moins intéressant du drame sentimental hollywoodien. Ils n'atteignent jamais la sincérité et la profondeur des personnages de Renoir. Ainsi, Glenn Ford, un peu fade dans le rôle de Gabin-Lantier, ne dépasse-t-il pas la simple fonction d'amant manipulé dont on ne perçoit même pas le désir, un comble si on se réfère au titre du film, si ce n'est dans quelques allusions prudemment imagées. Tel qu'il est abordé, le sujet originel fait figure de drame simpliste, banal peut-être, dont le ton et la situation semblent finalement plus proches du "Facteur sonne toujours deux fois" que de "La bête humaine" façon Renoir. C'est dire aussi si on s'est éloigné ici de Zola.
Adapté librement du roman de Zola « La bête humaine », un pur film noir, au scénario pas fou mais brillamment mis en scène par Fritz Lang et porté par l'interprétation impeccable de la vénéneuse Gloria Graham, bien épaulé par Glen Ford.
Un film noir bien machiavélique que nous a concocté une fois de plus avec talents le cinéaste Fritz Lang !! Ce long métrage est un Remake d'un film Français "La bète humaine" de Jean Renoir avec Jean Gabin (que je n'ai pas vus) mais "Désirs humains" a pas mal de qualités par son histoire bien orchestré au scénario astucieux et propre au genre d'un couple, lui ancien en age conducteur de train, et elle plus jeune impliqué dans un meurtre dans un wagon et un collègue présent lors des faits dans le train tombant sous le charme de cette dernière à raison ou à tort. La mise en scène de Fritz Lang est une fois de plus irréprochable avec l'introduction sur la conduite d'un train démonstratif à l'écran et le déroulement de l'histoire énigmatique remarquablement filmé. Glenn Ford est excellent une fois de plus, Gloria Grahame belle et intrigante et Broderick Crawford qui est un grand acteur que le jeune public connait peu que je conseille de creuser sa filmographie.
En noir et blanc. Dans un cadre ferroviaire remarquablement filmé, un drame au scénario bien construit autour d’un couple manipulateur qui rappelle « La bête humaine » de Zola. Mise en scène impeccable.
16 211 abonnés
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4,0
Publiée le 12 octobre 2019
Un remake rèussi de "La bête humaine" de Jean Renoir, tous deux inspirès de l'oeuvre cèlèbre de Zola. "La bête humaine (1938) et "Human Desire" (1954) partagent avec le roman la maîtrise d'une passionnante description de la vie du rail! Fritz Lang insiste sur l'aspect technique du mètier, ses plans fascinants de rails littèralement avalès par la vitesse du train! Les explosions de jalousie du mari, incarnè par l'excellent Broderick Crawford, ont une telle vigueur que c'est l'amant, jouè par Glenn Ford, qui apparaît en comparaison « fade » . Ce remake doit beaucoup aux acteurs (Gloria Grahame est une garce mal marièe inoubliable) et à la fine psychologie de Lang qui permet de hisser ce "Human Desire" très au-dessus de la production courante de l'èpoque! Quand le train du destin est lancè, impossible de le stopper surtout avec le rèalisateur de "M" aux manettes...
remake de la bête humaine fritz lang nous embarque dans ce film noir avec maestria Glen Ford est impeccable en amant manipulé et mention spéciale a gloria Grahame en vamp manipulatrice
j'ai adoré ce film, encore plus que sa version française "la bête humaine", je trouve que l'histoire est plus réaliste ainsi, et je préfère les acteurs américains
Alors que le film de Renoir était plutôt fidèle au roman de Zola ("La Bête humaine") dans la caractérisation des personnages, Fritz Lang laisse de côté l'aspect pulsionnel et atténue aussi la dimension passionnelle pour se placer sur un plan moral. Les sentiments sont d'ailleurs moins vus dans leur pureté (échec de l'histoire d'amour entre Jeff et Vera) que comme un habile moyen de manipulation, puisque la prétendue victime de la situation devient finalement le chef d'orchestre de cette histoire qui interroge la légitimité du crime avec une perversité aussi jouissive que diabolique. Oublier le drame psychologique de Renoir pour pencher vers le film noir à l'esthétique proche de l’expressionnisme allemand, c'est le projet très personnel de Lang, qui fait une fois de plus une utilisation magistrale du noir et blanc en rendant inquiétantes les multiples projections d'ombre sur les murs, signe d'une menace perpétuelle et angoissante, renforcée dans une scène sublime où le couple Buckley croise Jeff sur le quai d'une gare envahie par un mélange de vapeur et de brume. "Human Desire", grand film sur la jalousie et la domination, se suffirait à la rigueur comme geste de pure mise en scène.
Le thème sous-jacent selon lequel une femme volage devrait en même temps être manipulatrice et méchante est un peu agaçant (mais bon ,c'est du Zola). Lang s'est considérablement éloigné du roman (et aussi de Renoir) en transformant considérablement le personnage joué par Glenn Ford, il devient un homme normal dont le destin peut basculer à chaque moment, ce qui rend le film plus fort. Les plans de chemins de fer sont somptueux, l'action est mené tambour battant, on est scotché, aucun temps mort, l'interprétation est magistrale, Gloria Grahame est fabuleuse, (on remarquera au passage l'obsession de Lang pour les poitrines provocantes.)
Une femme manipulatrice, des hommes faibles, sans honneur, la vie simple d'un trio amoureux qui ne bouscule pas le genre, qui se laisse regarder sans un intérêt majeur, car il manque un peu de tension, de nervosité, on passe à travers, comme lorsque l'on regarde le paysage d'un train à grande vitesse...on se laisse prendre au jeu et on oublie aussi vite. Ce n'est pas le meilleur des films noirs, pourtant sa distribution, étaient prometteuse avec des spécialistes du genre, et un grand réalisateur que l'on a connu plus inspiré.
Film intéressant pour de nombreuses raisons mais on ne pourra s'empêcher la comparaison avec le chef d'oeuvre de Jean Renoir : "La bête humaine", qui, pour "Désirs humains", est assez dégradante.
Encore un mal aimé de Fritz Lang, et certainement parce qu'il ne fait pas partie des classiques homologués comme M le maudit ou Metropolis, ni même des films plus discrets dont sont adorateurs les grands admirateurs de Lang, comme Le Secret derrière la porte ou Règlement de comptes. Et pourtant, Désirs humains est l'un de ses plus beaux films, l'un des plus forts et des plus terribles. Une nouvelle fois, Fritz Lang suit les traces du grand maître français Jean Renoir, neuf ans après avoir réalisé La Rue rouge, remake de La Chienne de Renoir (1931). Il s'agit d'une autre adaptation de La Bête humaine de Zola, avec Gloria Grahame dans le rôle de Séverine Roubaud (ou l'équivalent) et Glenn Ford en Jacques Lantier. Désirs humains marquent leurs retrouvailles après l'excellent Règlement de comptes, dont le ton est presque similaire : jeu de séduction ambigu entre les deux personnages, désir de vengeance trouble chez Gloria Grahame... Son personnage apparaît d'abord comme une femme fatale (aucun doute là-dessus, Lang est suffisamment clair), mais ni méchante, ni cruelle. Cependant, sa haine montante la rend de plus en plus terrifiante. Quand elle se révèle pleinement telle qu'elle est, elle ne parvient tout de même pas à inspirer de l'aversion pour son personnage, qui a toujours feint la fragilité et la faiblesse; C'est toujours la thématique d'une culpabilité trouble qui se dégage du film, et le spectateur a même de l'empathie pour le "méchant", qui est plus bête qu'autre chose (le terme de bête convient parfaitement à la situation comme le suggère les différents titres). Pour le rôle pathétique du mari, Broderick Crawford convient parfaitement : il a tout à fait la tête de l'emploi. La thèse naturaliste de Zola est remplacée par le traumatisme de la guerre, qui fait qu'il serait "facile de tuer un homme", mais apparemment il est plus facile de le dire que d'accomplir l'acte. On retrouve l'influence de Renoir dans certaines scènes, notamment la balade nocturne dans la gare, qui se transforme en scène de thriller (partie de cache-cache avec le vigile). Par ailleurs, le film montre plus qu'un autre le génie technique de Lang, dans les scènes de trains. Et on retrouve sa patte dans la situation désespérée où les personnages cherchent par tous les moyens de s'en sortir, mais les événements s'enchaînent à toute vitesse vers une issue inéluctable, comme un train qui file sans s'arrêter.
Après avoir connu l’un de ses plus grands succès avec Règlements de comptes, Fritz Lang retrouve les comédiens Gloria Grahame et Glenn Ford pour le compte de la Columbia en réalisant le remake du film de Jean Renoir, La Bête humaine. Après La Rue rouge en 1945, c’est la deuxième fois que le cinéaste allemand s’inspire d’une œuvre du metteur en scène français. Plus qu’une nouvelle adaptation du roman d’Emile Zola, nous sommes bel et bien en présence d’un remake reprenant les principaux évènements de l’œuvre de Jean Renoir. Après 8 versions du scénario et des problèmes rencontrés avec la censure, Désirs humains connaîtra un échec retentissant dans les salles et précipitera la fin de la carrière américaine de Fritz Lang. Si Désirs humains apparaît aujourd’hui comme une œuvre mineure du cinéaste, il n’en demeure pas moins que le film demeure exemplaire sur bien des points et intègre parfaitement la logique d’une filmographie souvent centrée sur la folie et le meurtre, la culpabilité et la vengeance. D’une réussite plastique et technique irréprochable, Désirs humains ne pèche que par la prestation monotone de Glenn Ford qui s’efface complètement (le code Hays semble avoir édulcoré l'intérêt du personnage) devant sa partenaire Gloria Grahame, fascinante et envoutante. Aujourd’hui, Désirs humains est souvent oublié dans la filmographie du réalisateur de Metropolis. Pourtant, le film s’impose comme un film noir implacable et diaboliquement orchestré, où le sexe et la violence (chaque être humain s’apparente à une bête sauvage au aguets) s’entremêlent jusqu’à l’issue pour le moins inattendue...et presque décevante.
Fritz Lang, après Renoir, adapte "La bête humaine" de Zola et en tire un excellent film noir où sommeille en chaque personne une bête sauvage prête à céder à toutes pulsions sexuelles ou meurtrières. Le scénario est bien écrit et admirablement mis en scène avec une très belle photographie. Et puis Glenn Ford, Gloria Grahame et Broderick Crawford sont tous les trois excellents.