un très joli film issu du cinéma indépendant américain, sans surenchère, sans démagogie, d'une justesse totale. Le réalisateur s'approche avec subtilité au plus près de ces jeunes êtres sans repère, aux fêlures multiples, souvent incapables de formuler leur mal-être. La complicité avec les "responsables" de ce séjour court est souvent dû au schéma reproduit par leur propre expérience, et composer un Rap ou écrire un conte pour enfants permet parfois d’exorciser et de mettre des mots sur la souffrance. les silences, les non-dits, les regards, sont autant de signes pour ceux qui savent les recevoir. Une réussite absolue, bien loin des habituels blockbusters américains. Une petite pépite.
Ça manque sérieusement d'un scénario consistant. C'est un peu une succession de drames qui fait tomber un peu le film dans le mélo. Mais la mise en scène est sobre, pas de sur-musique pour appuyer tout et ça et une bonne comédienne principale. Vite oublié mais honnête.
Long-métrage plutôt original, "States of Grace" manque tout de même d'aplomb pour que l'histoire nous entraîne vraiment. Le scénario reste intéressant et la réalisation juste, puis les acteurs jouent correctement. Néanmoins, le film n'est pas assez captivant malgré un ensemble travaillé.
Le genre de film qui nous fait hésiter tout du long. Des scènes d'une émotion rare noyées dans un récit linéaire plus ou moins ennuyant et déjà vu. Du très bon et du moins bon, donc. Le film est très agréable à regarder car il est bien réalisé et les acteurs attachants (même si les seconds rôles auraient beaucoup gagné à être plus développés), mais le propos n'est pas très pertinent et original. Dommage, car les intentions sont très bonnes.
Une sensibilité et une justesse constantes, notamment grâce aux acteurs d'un naturel épatant, font de ce film un coup de poing dans le cœur et l'esprit de la jeune femme que je suis. Perturbant. « J'ai mal au cœur, l'état d'un sens, une horreur face à l'impuissance... »
Mise à part vers la fin du film la scène des retrouvailles avec les parents où il est question de gros sentiments, Staes of Grace est bâti sur un suspense psychologique brillamment mis en scène et orchestré. De plus ce film est très instructif sur le milieu de la rééducation d'enfants soit disant difficiles.
Sélectionné et acclamé dans de nombreux et prestigieux festivals internationaux – dont Deauville – States of Grace, premier film porté par la jeune et talentueuse Brie Larson, est une œuvre qui compte et dont on ressort forcément les yeux rougis, profondément ému et amoureux de son héroïne. Destin Cretton, Brie Larson, indéniablement deux artistes à suivre.
Grâce de nos ados De "Juno" à "Smashed" sans éviter l'excellent "Little Miss Sunshine", le cinéma indépendant américain a connu récemment de très beaux jours. La recette miracle fonctionne toujours à merveille. Mise en scène épurée, personnages attachants, chouette musique et surtout des histoires de vies touchantes. Mais il faut admettre que ce rouage peut facilement s'enrayer et devenir extrêmement lassant. C'est d'ailleurs l’inquiétude que peut laisser les premières secondes de ce film. Ouverture classique sur un dialogue en fond sonore d'un écran encore vide. Ces tout premiers instants un peu classiques sont les seuls qui soient bancals. Du reste, "States of Grace" livre une histoire bouleversante et touchante sur un ton drôle. Un humour cynique délicieux porté par des personnages pleins de vie. La sensibilité de Grace, le dynamisme de Mason, la maladresse de Natte, la fragilité de Jayden, la réserve de Marcus, la folie Sammy sont très justement marqués dans l'écriture et l'interprétation. Tout ces traits de caractère nourrissent une singularité du récit et nous apportent un flot d'émotions. On s'attache très rapidement aux personnages. Raconter la vie au sein d'un Centre de Détention pour Mineurs peut permettre d'aborder beaucoup de problématiques et de relations passionnantes. "States of Grace" se focalise sur les échanges entre les animateurs du centre et les jeunes. Cela permet de traiter avec bonté la question de ce qu'il y a après le passage dans ce centre. Dans les difficultés que rencontrent le couple Grace-Mason et leurs vécus, l'étroite relation entre les usagers et leurs encadrants est d'avantage liées. On sent immédiatement une certaine fraternité régner. Le contexte dans lequel nous plonge "States of Grace" se construit progressivement et subtilement. L'écriture et la mise en scène réussissent à nous surprendre avec finesse autant qu'elle nous dévoile petit à petit les éléments précis du récit. Le film ne perd pas temps pour amuser. Après avoir écouté attentivement une drôle d'anecdote on est surpris une première fois par l'irruption de Sammy. Pour ceux qui sont interrompus dans leur potins cela semble habituel, presque rituel, de courir après cet ado à moitie nu et apparemment complètement paumé. Malgré l'alarme de cette scène précise, la suivante nous prend encore de court en dévoilant l'intérieur de la façade calme vue jusque là. Contre-pied très juste qui lance une suite d’enchaînements parfaitement cadencés. C'est toute la force de "States of Grace" de ne jamais appuyer ses effets et son propos. A l'image de leurs rôles principaux, le scénario contourne le fait qu'il soit implanté dans un Centre de Détention pour Mineurs. C'est le rôle des animateurs d'éviter aux jeunes de ce sentir séquestrés et privés de liberté, celui du film de ne pas enfermer le spectateur dans une ambiance glauque et fataliste. D'où la focalisation du récit sur ce petit cercle. On ne voit que très peu le directeur du centre, pratiquement pas du tout les parents des détenus et jamais le reste du personnel ou autres personnes liées au lieu. Cela nous conforte dans un échange purement constructif. Dans un rôle un peu de grands frères, les quatre encadrants ont une relation qui laisse parfois place à la légèreté avec ces ados en difficulté. Ils semblent tous avoir un passé chargé qui résonne comme une légitimé dans la discussion avec eux. Un seul des personnages ne partage pas cette collégialité de la cicatrice. Natte commet pour commencer une bévue magistrale. Il se présente en se disant honoré d'aller sur le terrain auprès de "jeunes défavorisés". Évidement cela créer un fossé et souligne un conflit générationnel mais surtout culturel. Toutes ces bourdes sont aussi consternantes que touchantes. Une naïveté très humaine. Chacun des personnages apporte un moment de grâce, mais c'est bien le rôle titre qui illumine massivement "States of Grace". Brie Larson est absolument bluffante tant elle est crédible dans la peau de cette meneuse de foyer pour adolescents en difficulté. Rôle pourtant à mille lieux de ses débuts dans l'excellente série United States of Tara ou son apparition plus récente dans Don Jon (où elle arrivait à se démarquer dans un film moyen et une exposition plus que minime). Elle est une fiancée fabuleuse et une grande sœur géniale. Du haut de ses 24 ans, elle fait croire très fort aux milles vies de son rôle. Elle dévoile les failles de son personnage avec une superbe spontanéité. Sa relation avec son alter-ego benjamine, Jayden, est fascinante. Cette complicité se développe graduellement et symbolise le bienfait mutuel de cette rencontre. Grace fait preuve de bienveillance envers chacun néanmoins et cela se voit et se ressent. "Short Term 12", le titre original, qui se traduit par "court terme" est très adapté à ce que le film raconte. Le passage des usagers doit être court dans ce centre, au maximum éducatif et remède à la récidive. Une solution brève pour rebâtir un avenir à des jeunes en perdition. Cela dit, une fois n'est pas coutume, les distributeurs français ont choisit un titre plutôt très juste. Il est de bonne augure de mettre en valeur le prénom très bien porté par le personnage de Brie Larson. Les états de Grace sont effectivement conséquents. On aurait pu même rajouter un trait d'union à cela. Brie Larson présidente des "United States of Grace"
Très joli premier film touchant et léger à la fois. Une histoire bien construite avec à la fois une vie de groupe et une attention accrue sur quelques personnages. La réalisation est parfois inégale avec un jeu parfois trop soutenu sur la couleur ou la musique, mais le projet pour un premier long est ambitieux et très prometteur pour la suite de la carrière de son réalisateur. Les acteurs jouent juste et on se laisse prendre par ce film. A suivre !
ce film aurait pu être une grosse caricature mais il est toujours juste et sensible. Cela fait parfois mal, donne envie de se révolter ou en finir, et finalement nous montre le chemin de la résilience. Chemin qu'il faut savoir prendre...
J’ai trouvé que ce drame était excellent. J’ai été particulièrement touché par l’histoire et les personnages. En tête bien entendu il y a celui joué par Brie Larson. C’est le plus approfondie de tous. Son vécu sera dévoilé au fur et à mesure, et c’est très poignant. On imagine tellement sa souffrance et sa difficulté à se reconstruire. Brie Larson joue ce rôle à merveille. Elle est la chouchou de Daniel Cretton car pour l’instant elle a été dans trois de ses longs métrages. Cette actrice n’en a fini pas de m’impressionner. Sa capacité à transmettre des émotions est sans limites. Le casting secondaire aussi est d’une immense qualité. Pour apporter du soutien, John Gallagher Jr. trouve sa place naturellement. Il a une bienveillance indispensable dans ce genre de situation. Les autres membres, un Rami Malek qui n’attendait qu’a explosé, et Stephanie Beatriz de BROOKLYN NINE-NINE, complète parfaitement cette équipe. Même les jeunes sont bien servis avec Lakeith Stanfield déjà très prometteur. Je regrette cependant que l’histoire des protagonistes secondaire soit moins explorée que celle du principal. C’est très fort ce qu’on va ressentir avec eux tous. On va voir la dureté que vivent ces enfants. Chacun va avoir ses traumatismes et on va en être les observateurs. L’expérience du réalisateur lui permet de nous transmettre quelque chose.
Lauréat de nombreux prix à divers festivals (SXSW Film Festival, le Los Angeles Film Festival et le Maui Film Festival, etc...) et arrivant chez nous pratiquement 1 an après sa sortie aux Etats-Unis, States of Grace (Short Term 12 en V.O., le nom du foyer du film) est le premier film de Destin Cretton, inspiré de sa vie car celui-ci fut éducateur dans un centre de jeunes à problèmes.
Malgré des maladresses scénaristiques et de mise en scène, caractéristiques d’un premier film, l’ensemble se révèle être plus qu’excellent. Destin Cretton évite les clichés pour nous livrer une œuvre sincère, touchante, légère et grave à la fois. On se surprend parfois à se demander si nous ne sommes pas devant un documentaire tant le tout respire l’authenticité. Bien que le récit, ainsi que les histoires racontées, sont dures et âpres, ne tombant jamais dans le pathos, le réalisateur arrive à insuffler un optimisme salvateur, une lumière dans cet océan de ténèbres. Il arrive à conjuguer des moments joies, de peines, de rires, de larmes avec habileté, en trouvant le bon équilibre.
L’écriture est soignée, la réalisation fluide et l’interprétation des acteurs magistrale. En étant proche de ses personnages, Destin Cretton arrive à nous faire éprouver de l’empathie et à nous sentir concernant par ce qui leur arrive. La prestation de Brie Larson est incroyable de justesse. Et bien que présente dans la plupart des scènes du film, elle arrive à s’effacer quand il le faut et à ne pas garder la couverture de son côté.
Pour conclure cette micro-critique, States of Grace, malgré quelques défauts, est très certainement l’un des meilleurs films de cette année 2014. Une écriture brillante, une excellente mise en scène, des acteurs incroyables. Une œuvre sensible et empli d’humanité. Un film généreux, touchant et optimiste malgré la dureté du sujet. Un film à voir.
Film sans prétention sinon celui de nous faire découvrir un monde méconnu avec un point de vue intérieur, celui de l’éducateur spécialisé. On peut tout de même noter quelques instants de grâce comme l’histoire de la pieuvre Nina, preuve que States of Grace fait partie de ces films qui ont réussi à surmonter leur statut de petit film pour devenir des œuvres touchantes. De celles qui nous laissent avec un petit sentiment bizarre une fois le visionnage terminé.
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