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4,0
Publiée le 18 août 2016
Cinquième long-métrage du réalisateur Tom McCarthy, "Spotlight", qui rafla de précieuses statuettes à la course aux oscars, et notamment celle du meilleur film, a été le film événement de ce début d'année. Ode au journalisme d'investigation, le film a secoué la communauté religieuse en raison du sujet qu'il aborde. En effet, l'intrigue qui s'inspire de faits réels survenus en 2002, montre comment quatre journalistes ordinaires vont révéler l'un des plus gros scandales de la décennie : le réseau pédophile au sein de l'Église catholique de Boston. Oscar du meilleur scénario original, le film s'appuie sur une intrigue d'une richesse inouïe et quasi exhaustive sur tout ce qui entoure la révélation du scoop. Pas d'effet grandiloquent, pas de mélo larmoyant, pas d'héroïsme glorifié, ni même de thriller journalistique. Les faits, rien que les faits, un par un, mis bout à bout. Et tout ce travail d'investigation, orchestré parfaitement par un Tom McCarthy inspiré, est très captivant et donne naissance à une oeuvre grave, émouvante et sincère. Une leçon de journalisme ainsi qu’une leçon de cinéma, sublimée par une musique touchante et discrète signée le grand Howard Shore. Le casting est brillant, les acteurs proposant des interprétations crédibles sans recourir à des artifices clinquants : Mark Ruffalo s'offre une nouvelle prestation de haute volée, Liev Schreiber et Stanley Tucci impressionnent par la justesse de leur jeu et Michael Keaton revient en force après un lourd passage à vide. Ils interprètent des journalistes très ordinaires, des enquêteurs besogneux, qui vont pas à pas, consciencieusement révélés un scandale occulté par l'Eglise et les avocats véreux. Avec son approche quasi documentaire, "Spotlight" est un film troublant, intelligent et nécessaire qui n'a pas volé sa statuette de meilleur film.
Populaire dans le milieu du cinéma indépendant ( ("The station agent" en 2003 , "The Visitor" en 2008), Tom MacCarthy fait avec "Spotlight" une brutale percée dans le genre du film réquisitoire en s'emparant de l'affaire aux répercussions mondiales des prêtres pédophiles de Boston mise au grand jour en 2003 par une équipe spéciale de journalistes du Boston Globe du nom de Spotlight, récompensée la même année du prix Pulitzer pour ses travaux. Deux statuettes sont venues consacrer le film à la Cérémonie des Oscars en 2016 (film et scénario). La comparaison a immédiatement été faite avec "Les hommes du Président" d'Alan J. Pakula en 1976 qui avait eu encore plus de retentissement du fait de son casting prestigieux (Robert Redford et Dustin Hoffman), de l'affaire encore toute fraîche mais aussi de la nouveauté de la démarche. Hollywood aime à heure régulière se rappeler que son cinéma est encore capable de remplir sa fonction citoyenne et "Spotlight" participe de ce mouvement qui vient maigrement contrebalancer l'enfilade de plus en plus continue de films pour teenagers aujourd'hui solidement constituée d'une armée de super-héros bien décidés à en découdre à longueur de blockbusters formatés. Selon les recettes éprouvées par les réalisateurs illustres qui l'ont précédé (Sidney Lumet, Alan J Pakula, Michael Mann, Steven Soderbergh), MacCarthy s'évertue à préserver l'intérêt du public en entretenant un suspense haletant sans jamais oublier de bien viser sa cible en restant très didactique. Il est en cela très bien secondé par un casting très solide qui tout en jouant sa partition a su préserver la modestie de ces hommes et femmes qui cherchaient tout simplement à bien faire leur travail. Michael Keaton tout d'abord qui semble revenir en grâce auprès des producteurs depuis "Birdman" (Alejandro Gonzales Inarritu en 2014) impeccable en chef de file en conflit avec les gens de son propre milieu d'origine qu'il tente difficilement de faire collaborer à l'éclatement de la vérité. Mark Ruffalo ensuite qui semble se fondre dans le décor partout où il passe ou Liev Schreiber chez qui l'on découvre une nouvelle maturité à travers ce rôle assez mutique du nouveau directeur de la rédaction du Boston Globe qui lui va à ravir et enfin Rachel McAdams tout en retenue car celle du groupe qui sait le mieux recueillir les confessions des victimes. Il serait injuste de ne pas citer Stanley Tucci et Billy Cudrup tous les deux parfaits dans leurs rôles d'avocats respectifs, justicier pour l'un , marron pour l'autre. Certains critiques ont décrié cette modestie de traitement en reprochant à MacCarthy de s'être trop approché du documentaire. Le point de vue s'il se défend semble un peu sévère quand on replace "Spotlight" dans le panorama corseté de la production hollywoodienne actuelle.
Honnête et sans originalité, le film ne dit rien qu'on ne sache déjà (le déni, la hiérarchie ecclésiastique qui couvre), ne filme rien qu'on n'ait déjà vu (et ça ressemble à une série télé), propose des plans éculés (le visage compassionnel de la journaliste recevant les témoignages des victimes). Loin du chef-d'oeuvre "Révélations", on oscille, à la recherche d'un peu de tension et de moins de mélo, entre de très bons seconds rôles (Stanley Tucci) et d'autres mal exploités et mal filmés (Mark Ruffalo). Un bon film dossier, idéal pour les Oscars, mélange entre "Les hommes du président", "Jugé coupable" et "JFK" mais tellement déjà vu, et moins bien.
Ce qui rend ce film remarquable à mes yeux (au-delà de l'audace de traiter un tel sujet, et de mon admiration personnelle pour Mark Ruffalo), c'est le prisme par lequel l'histoire est racontée. Comme le laisse deviner son titre, Spotlight, ce n'est pas l'histoire des milliers d'enfants abusés et violés par des prêtres catholiques ; c'est celle d'une équipe de reporters qui découvre, littéralement, pan par pan, ce scandale aux proportions inimaginables. Oui, on entend et voit les victimes (passages écrits et joués avec une grande humanité) mais le film porte surtout un message finalement positif. Celui que, malgré une institution du secret, quelques journalistes peuvent amener un peu de lumière et de justice à des victimes qui ne sont pas en mesure de se défendre elles-mêmes, parce qu'elles sont marginales, honteuses, et dans l'ignorance de l'ampleur du phénomène. Les membres de Spotlight sont interprétés d'une manière très subtile qui donne au film sa touche profondément humaine : ils ne sont pas là pour faire vendre leur journal au prix d'une exposition cynique des victimes, ni pour dénoncer une religion, mais bien pour raconter une histoire qui, si elle bouleverse leur foi (en l'Eglise, en ceux qu'ils connaissent et se sont rendus complices), doit être racontée pour rendre justice aux victimes et pour Boston. En résumé, malgré son sujet, ce film m'a finalement un peu redonné de foi en une société civile qui oublie parfois ce qu'elle peut faire.
Spotlight fut l'une des grosses surprises des Oscars 2016. Très discret dans les salles, le film promettait déjà un casting dantesque, avec des acteurs connus du public mais loin des paillettes. Dans un récit réel, le film est un délice de réalisation, de mise en scène et de scénario. L'affaire évite les stéréotypes policiers et annule les détails techniques qui peuvent etre importants dans le monde du journalisme pour n'en garder que des faits généraux. Ce film dure plus de 2 heures, mais le temps passe et l'on se rend compte que ce film est réussi. Meme s'il ne fait pas partie du classique film primé aux Oscars avec un scénario triste et des scènes chocs.
Très bon film, très bon jeux d'acteur. Un sujet au combien délicat sur la pédophilie et sur l'influence de l'église au cœur de Boston. Dérangeant et inquiétant.
Dans ce film tout sonne juste, sans drama. Pas de supplément de style, parce que tout est étudié dans le scénario. Toutes les scènes sont autant de réflexions possibles. Travaillant auprès de jeunes ayant vécu des violences, ce film a résonné en moi de manière incroyable.
Un film à Oscars relativement classique mais porté par un grand casting et toujours assez prenant par son sujet très fort et une enquête traitée avec rythme.
« Spotlight » est à l’image de l’enquête journalistique à laquelle il s’attache: mécanique, millimétré, haletant. La richesse de ce film tient dans un premier temps dans son scénario très dense, très touffu, qui nous met en immersion totale dans l’enquête journalistique menée tambour-battant par 4 journalistes chevronnés, dont la grandeur ne vaut que par la qualité de leur investigation, moins par la recherche d’un scoop à tout prix, ni des paillettes et les lauriers que de telles révélations peuvent apporter. Car même si le sujet de l’enquête est matière à scandale et pourrait nourrir un film, « Spotlight » se concentre sur l’enquête et non sur sur la nature objecte des faits, ni sur la conséquence des révélations. A cette image, et c’est le deuxième bon point de ce film, ce sont des purs journalistes, en pleine liberté d’action, qui nous sont présentés et jamais complètement décrits: on ne connaît que peu de choses sur leurs personnalités et leur état d’âme, on sait juste qu’ils sont humains, mais avant tout journalistes. A cette image, les acteurs, tous formidables, se fondent complètement dans leur rôles, sans grandiloquence, dans leur plus grande justesse et simplicité. Fort d’un travail subtil et tout en hommage au travail des journalistes d’investigation, ici de la presse écrite (et ici de son sérieux), T.McCarthy réalise un film aussi sobre que réaliste, avec un dosage suffisant de suspens pour rendre l’immersion passionnante. Quand le scoop a du contenu, ce qui a notre époque devient de plus en plus rare.
Excellent film ! Dès le début le ton est donné par une musique dramatique, on sent l'ambiance du film. On accroche assez rapidement et on suit l'enquête du début jusqu'à la fin. Un bémol peut être est le manque de la sensation que l'enquête dure assez longtemps. J'aurais encore plus aimé certainement si on avait eu la notion du temps. Le film se résume à l'enquête, on ne connait rien des personnages etc. Ce concept m'a plus car on se sent comme une caméra qui apparait puis filme ce qu'il y a et repart. A voir mais ne pas s'attendre à de l'action.
Le Boston Globe déterre un scandale monumental impliquant l’Eglise catholique Bostonienne, une institution oh combien vénérée qui aura maquillé la vérité des années durant, blanchissant un nombre conséquent de prêtres pédophiles. Voici l’histoire de Spotlight, long-métrage de Tom McCarthy, auréolé du prestigieux Oscar du meilleur film 2015. Film d’enquête journalistique académique mais puissant dans sa narration, ce pamphlet révélateur d’une quête de vérité proprement américaine marque les esprits de par la portée du scandale mis à nu, dans la veine de classique du genre, notamment Les hommes du Président. Sans culot dans sa mise en scène, sans forcer sur la dramaturgie, McCarthy parvient à tisser une toile parfaitement homogène, avançant sur des œufs pour ne jamais basculer dans le grand déballage gratuit, se contentant d’énoncer les faits, les uns après les autres. Le combat, donc, d’une presse écrite toujours moins lue face à une institution religieuse intouchable. Passionnant.
Tom McCarthy, qui synthétise parfaitement tout le volume de son sujet en deux heures, montre en main, pourra notamment compter sur un casting de haute volée, tous journalistes, tous envieux de faire éclater cette vérité désastreuse. De Micheal Keaton à Liev Schreiber en passant par Rachel McAdams, Mark Ruffalo et John Slattery, chacun y trouve une place raisonnablement importante. Chacun enquête, chacun gratte là où ça fait mal, dans un but commun d’information choc. Cet esprit de corps, dans la rédacteur du Globe, est captivante du fait qu’elle mette sur un pied d’égalité, face à la monstruosité révélée, chacun des protagonistes, maillon d’une chaîne d’information parfois mésestimée mais toujours radicalement importante pour notre société. Là où la justice n’y peut rien, les médias peuvent parfois faire bouger les choses. Parfait exemple, ici, de cette manière d’appréhender une certaine forme de justice.
Passionnant, donc, que ce Spotlight, malgré son ton résolument documentaire. Une enquête menée tambours battants sur le ton de l’information et non de la fiction, une danse du scalpe typiquement hollywoodienne, à la mode année 70, 80 et 90. Appréciable et l’on peut affirmer que l’Oscar de meilleur film n’est pas volé. Quant à cette nouvelle tâche sur le blason d’une Eglise catholique, médiatiquement parlant, celle-ci démontre une nouvelle forme de justice dans la dénonciation via le septième art. 16/20
C'est un film très psychologique qui décrit bien je pense le véritable journalisme d'investigation. Cette équipe de 4 journalistes peut prendre son temps et peut se permettre de ne pas publier tout de suite. Attendre d'avoir en main toutes les informations est plus important que de publier certes une première information importante mais qui ne décrit pas l'ensemble de la situation. Ce sont donc des journaliste privilégiés dans un sens. C'est donc une enquête policière ou presque. Les journalistes jouent le rôle des policiers et l’Église celui de la mafia. Car Elle est effectivement décrite comme une mafia qui contrôle tout et impose ses règles. Le film raconte cette histoire vraie de prêtres pédophiles dont l'histoire était en fait connue depuis des années non seulement par l’Église mais aussi par d'autres gens. L’Église ayant eu jusqu'à maintenant le pouvoir de cacher les choses. Ce film met alors en exergue toutes les histoires de prêtres pédophiles qui ont lieu dans le monde entier. C'est un peu la force du film. Elle nous donne une autre image de l’Église et comme le dit Mark Ruffalo: on va à l’Église lorsqu'on est jeune avec ses parents ou grand-parents, ensuite on n'y met plus les pieds pendant des années mais on se disant qu'un jour on y retournera peut être, lorsqu'on sera vieux par exemple. Mais cette idée est balayée par les découvertes de ces journalistes. Le film en lui même est bien construit, on ne s'ennuie pas mais il n'y a rien de particulier à signaler je pense.