Ghost Shark est un film Syfy avec, encore une fois, un scénario assez incroyable. Même si l’ensemble est assez fun, je le rapproche du Arachnoquake du même réalisateur, c'est-à-dire un film de monstre sympa, mais qui ne va pas suffisamment au bout de sa logique débile !
Coté acteur le casting est original. En effet on trouve des personnages assez différents de d’habitude (pas de bimbos, de mec aux pectoraux huilés...), et plutôt sympathiques à suivre. MacKenzie Rosman mène la danse avec un personnage très plaisant, qu’elle joue avec un réel entrain, à défaut d’un talent franchement transcendant. D’ailleurs c’est le sentiment que dégagent les jeunes acteurs du métrage. Du dynamisme, de l’envie de bien faire et de s’investir dans leur rôle malgré le caractère improbable de l’intrigue, et de prendre l’affaire avec un réel professionnalisme. Cela même si visiblement ils n’ont pas de grandes capacités. L’acteur le plus rodé du lot est sans doute Richard Moll, qui traine sa dégaine inquiétante dans ce film, avec clairement plus d’expérience. Il joue bien l’homme bourru et alcoolique, arrivant à être crédible malgré un paquet d’absurdités le concernant. Il ne faut pas non plus s’attendre au summum, mais enfin il assume pas mal son rôle de mentor ici.
Le scénario relève donc du n’importe quoi, avec un requin fantôme qui apparait partout où c’est mouillé ! Autant dire que ca permet des scènes très cocasses pour certaines, et qui a bien fait travailler les méninges des scénaristes, qui sont comme perclus d’imagination ! Même si c’est délirant et que certains passages sont vraiment amusants, malgré cela Ghost Shark ne parvient pas à atteindre le niveau de Jersey Shore Shark Attack, ou de Mega Python vs Gatoroid, et se place plutôt dans la sous catégorie des Bigfoot et Arachnoquake. Des films suffisamment fous et généreux pour échapper au qualificatif de navet ou de mauvais film, mais qui n’insiste pas suffisamment sur la folie et l’absurdité pour totalement décoller et transporter le spectateur. Le rythme pour sa part est très convenable, sans être non plus ébouriffant, et la gradation est plutôt bonne jusqu’à un final sous la pluie qui vaut son pesant de cacahuètes.
La mise en scène de son coté est correcte. Furst qui n’est pas réputé pour son immense talent, offre néanmoins des attaques bien filmées, qui pour certaines sont mêmes très sympathiques (sur le tapis savonneux par exemple). Je relève aussi un plan très alambiqué, avec une caméra qui, sous un angle biscornu, avec une contre-plongée impressionnante, fait mine de vouloir montrer la hauteur vertigineuse du phare en s’attardant sur les fesses de l’héroïne dans son petit short en jeans ! La photographie en revanche est toujours aussi minable, avec des couleurs artificielles à n’en plus pouvoir (il y a un plan bleu sur la fin censé se passer la nuit mais tellement lumineux et clair qu’on dirait le jour), et les décors, sans être outrageants, ne sont franchement pas géniaux. Après, c’est passable pour une petite production. Alors Ghost Shark bien sur propose des effets horrifiques. Ils ne font pas illusion, et ne feront peur qu’aux plus jeunes, mais ils sont audacieux et très violents (corps coupés en deux verticalement ou horizontalement, membres arrachés…). De ce coté là c’est généreux et souvent granguignolesque, mais encore une fois, impossible de vraiment avoir peur, car c’est souvent teinté d’humour noir, et c’est peu réaliste. Je conclurai par la musique. Elle est un peu déconnectée du film, mais elle reste très correcte, dans un certain classicisme formel qui ne lui fait prendre aucun risque.
En conclusion Ghost Shark est un film qui mérite éventuellement un petit coup d’œil, après il ne faut pas non plus se jeter dessus. C’est un film de monstre assez drôle, mais pas aussi délirant que son synopsis le laissait penser, et qui apparait souvent un poil timoré. Ca se regarde, mais il faut savoir à quoi s’attendre, c’est un dire un métrage fauché mais qui, assumant quand même son absurdité, reste un divertissement honnête et sans prétention, distrayant pour une soirée.