Mr. and Mrs. Bridge
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soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 335 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 novembre 2025
Dès sa parution en 1959, Joanne Woodward avait lu le roman d’Evan S. Connell, chronique de ses souvenirs d’enfance dans les années 1930 et 1940 au sein d’une famille WASP vivant dans le très chic Country Club District à Kansas City (Missouri). « Mrs. Bridge » expose à l’aide de courtes saynètes sans réelle progression dramatique la chronique d’une famille narrée du point de vue féminin en la personne de Mrs Bridge. En 1969, l’auteur sans doute pour compléter mais aussi peut-être pour équilibrer son propos écrira « Mr. Bridge ». Immédiatement, Joanne Woodward songe à une adaptation télévisuelle où elle-même ne tiendrait pas le rôle principal pour lequel elle considère ne pas avoir encore l’âge requis.
En raison des réticences initiales de Connell, le projet s’enlise jusqu’à ce que ce que James Ivory réalisateur intellectuel reconnu pour la justesse de ses adaptations littéraires dîne avec les Newman. Paul Newman pour aider à la concrétisation du projet s’engage à tenir le rôle de Mr. Bridge auprès de son épouse qu’il retrouve devant la caméra après leur dernière collaboration datant de 1983 pour « L’affrontement », film douloureux où Paul Newman évoque la mort par overdose de son fils Scott en 1978. Face à un budget plutôt limité, les acteurs et les techniciens acceptent de revoir à la baisse leur cachet.
C’est la romancière Ruth Prawer Jhabvala, scénariste attitrée d’Ivory qui se charge de fusionner les deux romans tout en veillant à en respecter l’architecture bâtie autour d'une suite de scènes de la vie quotidienne qui additionnées les unes aux autres constituent à la manière des tableaux impressionnistes observés avec le recul suffisant, une vue d’ensemble parfaitement cohérente prenant tout son sens tout en décuplant sa force créative. Le film dont Ivory regrettait qu’il ait été incompris, s’est vu à sa sortie reproché le traitement austère d’un sujet qui ne l’était pas moins. Une froideur souvent évoquée à propos de l’œuvre de James Ivory qui provoquerait l'ennui voire le désintérêt.
Remarquablement porté par son couple vedette, « Mr. And Mrs Bridge » spoiler: montre très finement et sans parti pris comment la rigidité protestante faite de règles et de principes stricts a eu les plus grandes peines à s’accommoder des aspirations d’une société en quête d’évolutions notamment au niveau des mœurs. Le déni comme souvent face au changement est le premier réflexe d’un couple où bien évidemment la place prépondérante est occupée par un père qui quoique souvent absent pour ses obligations professionnelles d’avocat fixe les règles et arbitre les conflits du haut de son magistère moral
. Paul Newman désormais au sommet de son jeu d’acteur est tout simplement étonnant de vérité donnant à Mr. Bridge une assurance de façade rarement prise en défaut, laissant seulement entrevoir l’ombre d’un doute poindre au fond de son célèbre regard bleu acier quand l’avocat trop rigide sait pertinemment que le dogmatisme un peu binaire inculqué par l’éducation qu’il a lui-même reçue prend le pas sur son humanisme. Un humanisme qu’Ivory laisse très subtilement apparaître à plusieurs occasions montrant que rien n’est jamais complètement définitif dans la construction d’un être tout au long de sa vie.
Dire que Joanne Woodward est excellente relève de la banalité tellement son jeu est comme toujours un ravissement de justesse, campant une Mrs. Bridge qui par sa persévérance et sa résilience finit par trouver son équilibre et même parfois son bonheur au côté d’un époux qu’elle aime et qui l’aime mais dont elle a compris que rien ne pourrait jamais le faire dévier de ses certitudes fondées sur la place dédiée à chacun au sein des structures sociales et familiales. La caméra de James Ivory n’est-elle absolument pas dogmatique comme sans doute trop souvent aujourd’hui, sachant que les comportements humains sont le fruit de leur époque, composés de multiples choses présentes ou héritées du passé.
Le film se bonifie tout au long des 110 minutes de sa durée révélant la complexité des personnages mais aussi le ciment qui les unit par-delà les soubresauts parfois douloureux de leur histoire familiale. Concernant Paul Newman, on pourra remarquer avec plaisir qu’il lui aura fallu onze films tournés en commun avec son épouse pour qu’enfin il fasse totalement jeu égal avec une Joanne Woodward qui presque à tous coups lui montrait l’exemple d’une décontraction et d’un naturel dont il était souvent démuni à vouloir trop s’appliquer. Bel accomplissement pour ce couple d’acteurs exemplaires ensemble et séparément.
Redzing

1 449 abonnés 4 909 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 octobre 2024
Chose étonnante, « Mr. And Mrs. Bridge » est un James Ivory relativement méconnu, alors qu’il dispose d’une belle tête d’affiche, et que c’était la période où le réalisateur a sorti ses plus célèbres films. Il faut dire, ce n’est pas vraiment une œuvre commerciale, loin de là !
On s’intéresse, dans le courant des années 30-40, à un couple américain. Mr. Bridge est un avocat rigide, sec, têtu, et conservateur. Son épouse est bien amoureuse de lui, mais aspire à une vie plus fleurie. Tandis qu’ils auront de plus en plus de mal à communiquer avec leurs enfants, beaucoup plus libéraux.
Il n’y a pas réellement de fil rouge ou d’intrigue, ce seront simplement des tranches de vie, entrecoupées d’ellipses plus ou moins brutales. En conséquence, c’est parfois un tantinet longuet, et je comprendrais tout à fait que certains décrochent.
Néanmoins l’ensemble reste de bonne tenue. Notamment, la reconstitution évolutive des années 30/40 est soignée. Au passage, il est étonnant d’avoir choisi cette période. Car les thématiques du film (émancipation de la jeunesse et de la femme au foyer) sont habituellement plutôt en lien avec les années 50/60. Mais pourquoi pas.
« Mr. And Mrs. Bridge » bénéficie également de la subtilité d’écriture et de réalisation des films de James Ivory. A savoir, tout n’est pas toujours explicite, les sentiments et les dénouements passent parfois simplement par un regard, une posture, une absence de dialogue.
Enfin, Paul Newman et Joanne Woodward portent allègrement le long-métrage. Incarnant ce couple qui parait mal assorti, et qui trouve pourtant son équilibre. Le fait que les deux acteurs étaient mariés à la ville rajoute évidemment un peu de piment !
Shawn777

803 abonnés 3 927 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 août 2024
Sorti en 1990, ce film relativement méconnu réalisé par James Ivory, n'est pas mal du tout ! Moins pharaonique que ses précédents films puisque l'histoire ne se situe plus au début du siècle mais dans les années 30 juste avant la Seconde Guerre Mondiale (donc moins demandeur en termes de costumes et décors même si la reconstitution est toujours réalisée avec soin) où l'on suit une femme mariée délaissée, en quelques sortes, par sa famille et notamment son mari, très rigide et sévère. Mais le film raconte également la confrontation entre générations et les mœurs qui évoluent ; sorte d'opposition entre le progressisme des enfants et le conservatisme des parents, dans une Amérique changeante. Il est également important de souligner que l'histoire se déroule dans le milieu de la bourgeoisie, comme d'habitude chez le réalisateur, mais en changeant cette fois de continent, sûrement car la bourgeoisie pavillonnaire (du moins ce qui s'en apparente dans les années 30) américaine stéréotypée est bien plus parlante et surtout plus intéressante à traiter. En effet, grâce à ce milieu, on comprends tout de suite les mécanismes du contexte dans lequel évolue les personnages et il ainsi très facile de comprendre la détresse affective de la mère de famille qui a sacrifiée sa vie pour son mari et ses enfants qui ne lui donnent que très peu de gratitude, voire même de respect (d'ailleurs, la scène dans la voiture à la fin résume parfaitement les deux heures de film). Alors bien-sûr, c'est assez lent, encore une fois comme d'habitude chez le réalisateur, car tous ses films (enfin du moins ceux que j'ai vu) sont des fresques (ici sur une famille donc) s'étalant sur plusieurs années avec de nombreux personnages, car les personnages secondaires sont également développés, comme la meilleure amie du personnage principal d'ailleurs. Pour autant, ce n'est pas ennuyant car le tout est traité avec beaucoup d'intérêt et puis surtout, Ivory parvient à chaque fois à installer une atmosphère confortable dans laquelle on se laisse porter et où l'on se sent bien, même si les thèmes abordés ne sont pas toujours joyeux. "Mr. and Mrs. Bridge" n'est donc peut-être pas la plus grande réussite du réalisateur mais reste fascinant sur bien des points !
Y Leca
Y Leca

46 abonnés 1 174 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 10 octobre 2024
Tranches de vie familiales d'un couple de bourgeois coincés et guindés dans les années 30 au Kansas. Névroses, frustrations et autres petites histoires pour une reconstitution fidèle de l'époque, mais le film est bien trop long et sans but aucun. Le couple Newman surjoue beaucoup et l'élégance de la réalisation de James Ivory ne peut rien contre l'ennui qui s'empare du spectateur.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 725 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 septembre 2024
Parfaitement stylisé, élégant, distingué mais parfaitement insipide et inintéressant. Une peinture qui s’apparente davantage à une nature morte ou à un bouquet de fleurs délicatement posé près d’une fenêtre ouverte. Il embaume légèrement mais il ne sert qu’à ça……..
Gentilbordelais

402 abonnés 3 534 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 septembre 2024
A travers l'évocation de cette famille et de son cadre privilégié, on retrouve le classicisme de la caméra de J. Ivory et de toute une époque. Le scénario n'explore pas vraiment de thématiques fortes et en profondeur. Aussi, le seul intérêt est, peut-être, de retrouver son couple star dans la vie et au générique : P. Newman-J. Woodward.
perle de rosée
perle de rosée

104 abonnés 322 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 18 octobre 2020
Film un peu trop long, ça manque de rythme. A part ça film correct qui se laisse regarder mais sans grande saveur. On reste un peu sur notre faim.
Kincaid
Kincaid

6 abonnés 544 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 novembre 2024
L’Amérique profonde d’entre-deux guerres (qui semble encore exister en 2024), avec le macho et patriarcal de mari et les velléités de libération de l’épouse et des grands enfants. On a droit aux comportements et attitudes infects de l’époux, avocat au cœur desséché comme une pierre, aux souffrances de l’épouse qui tente de retrouver en lui sa passion d’antan, mais rien n’y fait, le mec est perdu à jamais, son manche à balai là où l’on pense. Et en plus, il se prend hachement au sérieux (normal, c’est lui qui ramène l’oseille). Et puis, les grand enfants, pratiquement adultes, qui luttent et tentent de s’émanciper. Le scénario se présente comme une longue chronique familiale, régulièrement éveillée par un événement inattendu et plus ou moins perturbateur, sans oublier une petite touche incestuelle… Ça se laisse regarder.
Myriam
Myriam

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5,0
Publiée le 28 octobre 2024
Merveilleux ce couple à la vie et au cinéma, mais Joanne Woodward était exceptionnelle dans ce rôle hors norme
Les meilleurs films de tous les temps