Je ne sais pas trop à qui ce film pourrait plaire au dessus de 16 ans et de 100 de QI ? Parce que je veux bien racler les fonds de tiroir pour trouver à dire quelque chose de positif sur « A toute épreuve » mais il va me falloir ramer un peu… La réalisation, sans surprise à part peut-être un joli générique de début à base de BD, dommage que le film ne suive pas cette veine cartoonesque après, çà aurait au moins eu le mérite d’être original et graphique. Le scénario est un mélange d’incohérences, de personnages improbables, d’humour pas drôle et de vulgarité. On peut tout pardonner à une comédie à partir du moment où elle fait rire, et je peux me montrer dans ce cas très indulgente. Mais quand çà se veut drôle et que çà tombe à plat à chaque vanne ou presque, c’est quasiment un supplice à regarder. Côté interprétation, c’est finalement les adultes qui s’en sorte le mieux, les adolescents filles et garçons étant des caricatures d’adolescents modernes vus par des adultes (et ce n’est pas flatteur, si j’avais 17 ans je me sentirais assez humiliée d’être caricaturée ainsi !), qui surjouent à fond et qui, à part Louise Grinberg, rendent leur personnage insupportables. Du coup, on a un peu pitié de voir Marc Lavoine, Valérie Karsenti et même le rappeur La Fouine faire de leur mieux avec un scénario si mauvais. Je signale quand même que la Fouine fait preuve quand même d’un certain sens de l’autodérision dans son interprétation de Emile. Les rappeurs étant généralement des artistes qui se prennent terriblement au sérieux, çà ne fait pas du mal d’en voir un se moquer un peu de lui-même comme il le fait. Mais c’est bien peu de chose au vu des aventures interminables de Greg, l’adolescent mal dégrossi et son pote Yani. Celui là est tellement doué en informatique (et tellement suréquipé) qu’on se dit qu’il ne lui faudrait pas grand-chose pour réussir son bac sans tricher ! Et ce n’est pas la seule incongruité du scénario, quand on connait un peu le sujet on sait que les lieux d’impression des sujets du bac sont tenus secrets et pas dans des immeubles qu’on montre à la TV deux mois avant l’épreuve. Quand à la fin très morale, très attendue, 100% politiquement correcte, c’est la cerise sur le gâteau ! Punaise, des scénarii cousus de fil blanc comme çà, je devrais peut-être essayer d’en écrire sur des post-it moi aussi ! Si le cinéma français est capable de penser du fric et de l’énergie pour faire des films aussi pauvres à tous les points de vue, autant aller voir des blockbusters américains…