J'ai regardé Monster Trucks sans en attendre grand-chose, mais avec un brin de curiosité. Un film qui mélange camions customisés et créatures sous-marines, ça a au moins le mérite de l’originalité sur le papier. Et puis, avec Chris Wedge à la réalisation (le papa de L’Âge de glace), je m’attendais à un minimum de charme ou d’inventivité. Malheureusement, même avec toute la bonne volonté du monde, difficile de sauver ce film d’un naufrage artistique.
Le plus gros problème, à mes yeux, c’est le ton. Le film semble constamment hésiter entre le divertissement familial pur jus et une espèce de délire de série B assumé. Résultat : ça ne fonctionne ni pour les enfants (trop long, parfois confus), ni pour les adultes (scénario bancal, dialogues plats, humour qui tombe à plat). L’histoire est cousue de fil blanc, et les rebondissements sont tellement prévisibles qu’on en vient à les devancer sans effort. Même les scènes d’action manquent d’énergie et de rythme, ce qui est quand même un comble pour un film censé faire vrombir des moteurs.
Les personnages, quant à eux, sont creux. Lucas Till fait ce qu’il peut, mais son rôle n’a pas grand-chose à défendre. Les seconds rôles sont caricaturaux (le scientifique gentil, les méchants industriels cupides...), et les créatures, qui auraient pu apporter une touche d’attachement ou d’étrangeté, tombent rapidement dans le ridicule. Le design de "Creech", la bestiole star, oscille entre le mignon forcé et le grotesque numérique. On sent que le film a voulu surfer sur la vague des mascottes attendrissantes, mais sans jamais y parvenir réellement.
En somme, Monster Trucks ressemble à un projet mal né, coincé entre plusieurs cibles marketing et une production chaotique. J’imagine que certains enfants peu exigeants y trouveront leur compte le temps d’une après-midi pluvieuse, mais pour moi, ça restera un étrange accident industriel du cinéma pour la jeunesse. 1,5 sur 5, et encore, parce qu’il y avait de bonnes intentions quelque part sous tout ce carburant gâché.