Maestro de Lea Fazer. Le pitch ? il y a quelques années, feu Jocelyn Quivrin, comédien regretté et trop tôt disparu, s’était retrouvé sur le tournage du dernier film d’Eric Rohmer, «Les amours d’Astrée et de Céladon. En d’autres mots, quand un fan de Fast and Furious se retrouve dans l’antre sacré du film d’auteur, minimaliste...et fauché. C’est ce que raconte ce «Maestro», inégal mais très attachant.
Il y a une douceur qui se dégage de ce petit film, un genre de bienveillance, teintée d’humour tout en finesse qui m’a fait très plaisir. On est dans le monde du cinéma, mais dans un monde en marge, où un figurant joue au moins cinq rôle, où le régisseur est aussi le chef-op et le chauffeur, où l’on économise de la vraie pellicule précieuse et chère, un peu comme de l’eau dans le désert de Gobi. Un tournage sans moyen...un tournage de looser. Une honte quand on sait de qui il s’agit :
Ce qui m’a fait de la peine, c’est de voir que pour son dernier film, Eric Rohmer n’eût droit qu’à des bouts de chandelles. Lui dont les films sont aujourd’hui «cultes», lui qui fût reconnu tel un demi-Dieu dans l’univers cinématographique, lui qui fût un critique puis un cinéaste adulé, n’est pas parvenu à obtenir l’argent nécessaire pour réaliser son ultime film « à l’aise». Mais au fait, qui connait Eric Rohmer ? Il faut avoir au moins quarante ans et aimer le cinéma un minimum !
Pio Marmai endosse le rôle de Jocelyn Quivrin à merveille, et je me demande si ce n’est pas là son meilleur rôle. Michael Lonsdale est sublime, tout en économie généreuse. Seules les personnages féminins sont un peu en dessous.
Je me suis surpris à arborer un sourire pendant toute la durée du film, une heure vingt-cinq, c’est court, mais il n’y a pas de petits plaisirs. Je recommande...aux fondus de cinoche !