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Un visiteur
4,0
Publiée le 21 avril 2018
Très bien comme film entre la comédie et le drame, l’histoire suit les traces de cet homme ordinaire qui arrive au bout du chemin à m’émouvoir, un sujet sur la solitude des individus.
Si l’histoire vous semble plate et insipide, si l’acteur, Eddie Marsan, vous paraît falot et insignifiant, larguez ces a priori. Laissez-vous tenter par ce petit bijou de délicatesse qui se déguste comme un fin et subtil Darjeeling servi dans une tasse en porcelaine diaphane. Ma-gni-fi-que. Notez l’évolution de notre John May, toujours habillé de noir, maniaque tel le vieux garçon qu’il est, ayant tout de la pierre tombale, alors qu’en réalité il est pétri d’humanité et de respect pour ses semblables. Dans les trains, toujours assis à contresens, marquant systématiquement un vrai stop avant de traverser (dans les clous bien sûr) en regardant bien à droite puis à gauche. Jusqu’au jour où il fait une rencontre……… Sans aucun effort, Eddie Marsan rafle la mise, avec sobriété et peu de mots. Surtout, surtout, laissez-vous toucher, emporter, émouvoir, bouleverser par le pur moment de grâce des dernières minutes : bien des spectateurs sont sortis de la salle les yeux embués. Moi y compris.
Exceptionnel, lumineux, réaliste. Le personnage principal ne juge pas, il vit avec le même parcours, le même repas, mène sa propre vie, bien réglée. Il ne regarde pas cet homme à sa fenêtre sur son parcours de piéton, ni son voisin de fenêtre. Il gère avec minutie les dossiers dont il a la charge, avec une appropriation humaine de ses fonctions, de son rôle. Quand on pratique la généalogie, on retrouve cette attitude, ce schéma psychologique, des proches, bien vivants, qui ne veulent surtout pas revenir dans l'antre familial, le souvenir des morts est douloureux, effacer de la mémoire des vivants. L'abandon des stèles dans les cimetières français, est la preuve, consternante, de l'oubli des morts. Film émouvant et si proche de la réalité, du refus du souvenir de la prise en charge du cercueil, de l'urne, du défunt, que ce personnage lui assure en conservant l'album de photos de ses disparus non "réclamés"
Film émouvant sur un homme dévoué à son métier pour retrouver une famille afin que les obsèques du décédé ne soient pas particulièrement triste et dans la solitude.
Une dernière affaire, avant la fermeture de son service, va donner à John May une jubilation et une réussite exceptionnelle.
Sa propre solitude ne sera pas épargnée.
Un film empreint de bienveillance et d'humilité touchante.
Porté par un Eddie Marsan exceptionnel et qui méritait depuis longtemps un tel rôle, Une belle fin est un film d’une infinie tendresse, à la fois poignant et drôle. Si le long métrage souffre peut-être d’un scénario un peu simpliste par moments, il n’en reste pas moins une très jolie surprise, réalisée avec beaucoup de talent.
Un long metrage discret et pourtant magnifique. "Une belle fin" mérite complètement d'être vu, pour la beauté de son message, pour son personnage principal incroyablement attachant, pour ses thèmes puissants et la beauté subtile, tendre et altruiste de certaines scènes.
Ce film pétri d'humanité est porté par son acteur principal, Eddie Marsan. La beauté minimaliste des cadrages renforce encore la qualité de cet excellent film. A voir !
Magistral, (Simple, évident, puissant. Du cinéma rare…si nous n’êtes pas trop morose ou déprimé). Une chronique qui n'a besoin que de peu de mots, pour en faire éloge (funèbre, mais c'est aussi ça la vie).
La bande annonce m'avait interpellé: je devais voir ce film. J'ai même pris le risque d'y emmener Madame. Nous nous sommes enfoncés dans les fauteuils, puis nous n'avons plus quitter le héros. Attention, soyons honnête: il est possible que vous ayez envie de piquer du nez... Comment vous en vouloir? Pas d'action, beaucoup de lenteur... Mais si vous vous laissez séduire, vous aimerez ce personnage, cet homme si méthodique, qui à son rythme, va sentir son existence muter. C'est phénoménal mais filmé avec tendresse, en prenant son temps. In fine, ce bonhomme si transparent vous laissera croire qu'il est aussitôt retombé dans l'inconnu, mais c'est faux. Il sera logé pour longtemps dans votre coeur, sans avoir occasionné de remous...
Sur un sujet inattendu, « Une belle fin » est un film envoûtant, porté par un acteur remarquable, Eddie Marsan. Malgré la thématique, (la mort dans l’indifférence), d’une profonde tristesse qui sonde les solitudes de notre société actuelle, on vit au jour le jour avec ce petit employé aux airs étriqués. Son profond goût des autres, derrière son isolement et ses manies de vieux garçon, interpellent et nous invitent à réfléchir au sens que l’on donne à la vie. Le scénario est plein de retenue, de délicatesse et de lucidité et le dénouement pourrait arracher quelques larmes aux âmes sensibles. Qu’importe, c’est beau et poignant à la fois et la VO rehausse ce sentiment, que pour tout à chacun, la relation entre les êtres peut s’avérer difficile, les mots pouvant manquer quand ils s’avèrent parfois indispensables.
Je vous conseille ce film pour plusieurs raisons : son originalité et son ambiance toute particulière. Le talent d'Eddie Marsan et son charisme envoûtant ; mais aussi pour l'aspect philosophique du film. Et c'est seulement en allant le voir que vous comprendrez pourquoi je trouve que – pour une fois – le titre français surclasse le titre original !
Voici un film très touchant, émouvant et tout en finesse. La vie étriquée, besogneuse de cet homme méthodique contraste avec l'humanité, qu'il met à exercer son métier. Il s'agit d'historiciser la mort d'un être pour lequel personne ne se manifeste. Un être meurt et il est seul sans personne à prévenir. John May est chargé d'enquêter sur la vie des gens et d'organiser leurs funérailles. Sa vie à lui est totalement dénuée d'intérêt. Tout est rangé, organisé méthodiquement et sans perspective. Par contre, les recherches, qu'il entreprend pour "ses" morts, le font voyager. Sa présence, son écoute, son audace sont sans commune mesure avec l'homme qu'il est dans sa propre vie. Les éloges funèbres, qu'il rédige sont prononcés par le religieux correspondant à la croyance du défunt. C'est un beau texte, mais dont il est le seul auditeur. John May parviendra-t-il, au sein de sa propre vie, à faire une rencontre ? Selon quelles modalités se déroulera son propre enterrement, s'il venait à mourir ? Voilà un joli film, qui nous rappelle que les rites funéraires font partie de ce qui nous humanisent et que toutes les dictatures, tous les génocides vont à son encontre en comptabilisant les morts. Le chiffre en place de la singularité. John May, d'une certaine manière, sera rattrapé professionnellement par la logique comptable. Donc allez découvrir cette économie de la mort remarquablement interprétée par Eddie Marsan. Bravo à Umberto Pasolini pour ce très beau film.
(...) Tout comme le personnage de Wiesler dans La Vie des autres (F.Henckel von Donnersmarck, 2007) John May vit dans une routine cadenassée et névrotique, qu’il accepte, à notre grand étonnement, sans souffrance apparente. La caméra fixe ses gestes répétitifs de manière rythmée, immuable, et ancre les habitudes et la solitude au centre de la vie de John. Seul dans la rue, entouré d’immeubles immenses et écrasants, seul dans les couloirs et dans son bureau, seul quand il mange inlassablement sa boîte de thon pour dîner. La mise en scène, grâce aux cadrages et à une composition intelligente des plans toujours fixes, s’en amuse avec délicatesse. Pas de grosses ficelles mais des notes d’humour qui instillent une légèreté bienvenue et apaisante, soulignée par une excellente bande son. Les cordes de la harpe celtique sautillent et nous emportent avec John vers l’espoir d’une autre vie. Humain et empathique, par contraste avec ses collègues bureaucrates et indifférents, il nous touche profondément et parvient à nous faire oublier l’évolution parfois un peu attendue du scénario (...
L'intégralité de notre critique, sur Le Blog du Cinéma
Loin de l’idée d’une bureaucratie vaine ou plombante, Une belle fin décrit la valeur humaine de l’activité des pompes funèbres, un sujet déjà magnifiquement abouti dans la série HBO, Six Feet Under.
Le cinéaste Uberto Pasolini a accompagné des employés de pompes funèbres dans leur travail pendant près de sept mois. Réaliser ce film a été une expérience transformative. Il en a aussi profité pour frapper à la porte de ses voisins avec une bouteille, afin de faire plus ample connaissance…
À première vue, le personnage principal, John May, ressemble à un Lonely Heart, ce ou cette voisine inconnue dont on perçoit toute la solitude par la fenêtre chez Hitchcock dans Fenêtre sur cour). Avare de mots, John May accepte pourtant de délier sa langue au contact de la fille de son voisin décédé, Kelly, dont il tombe follement amoureux.
Prêt à l’absorber, prêt à (la) vivre, même pour un court moment, l’homme accèdera enfin à l'étincelle de la vie.
Still Life (le titre anglais du film) suggère le caractère figé des natures mortes (cette pomme n’en est-elle pas une ?) et de la photographie, mais aussi son contraire, still signifiant également pourtant, encore, toujours…
Dans ce double-entendre du film, tout en symétrie, chacun choisira de définir sa propre lecture.
Filmé essentiellement dans des tons gris, avec un décors de banlieue londonienne assez triste, l'histoire est celle de Mr May, fonctionnaire célibataire de 44 ans, chargé d'accompagner les démarches funéraires jusqu'à leur enterrement, de défunts isolés socialement. Avant cela il recherche des éventuelles proches, prêts à assister aux funérailles.
La magie de ce film est d'illuminer, de rayonner, sous des apparences et avec un thème profondément moroses, dans un univers a priori kafkaïen. Eddie Marsan, avec son visage lunaire, sa voix grave, sa modeste allure, tout aussi isolé que les personnes décédées dont il s'occupe, apporte sa touche de tendresse, d'humanité et entretient une flamme de vie et de souvenirs pour ces défunts souvent oubliés de tous.
Sans ne rien dévoiler, je trouve la fin très touchante, scellant le destin de cet homme, "passeur" vers le repos éternel.