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"Holland". Un nom évocateur, des images de tulipes, de maisons bien alignées, et... d'ennui profond ? Mimi Cave, après le mordant "Fresh", nous pond ici un thriller domestique qui hésite entre la satire et l’auto-parodie, sans jamais choisir. La banlieue proprette, les apparences trompeuses, la ménagère en quête de vérité : déjà-vu, vous dites ?
Nicole Kidman est Nancy Vandergroot, enseignante, épouse modèle, et accessoirement reine de la paranoïa. Elle soupçonne son mari Fred (Matthew Macfadyen, qu’on aperçoit à peine) d’infidélité. Alors, ni une ni deux, elle se lance dans une enquête bancale avec Dave (Gael García Bernal), un collègue dont la contribution principale est de soupirer d’admiration devant elle. Autant dire que le suspense est haletant... comme un dimanche après-midi pluvieux devant un puzzle de 1000 pièces.
Mimi Cave soigne le cadre, les plans, les couleurs. C’est joli, certes, mais un peu comme un magazine de déco scandinave : c’est lisse, c’est froid, et au bout de dix pages, on décroche. Le thriller ? Il apparaît en fin de parcours, comme un invité qui aurait raté son propre anniversaire. Quant aux tentatives de tension dramatique... ah, cette musique insistante qui tente de nous faire croire qu’il se passe quelque chose. Dommage que ce ne soit pas le cas.
Kidman fait ce qu’elle peut avec ce qu’on lui donne. Elle oscille entre détermination et perplexité, mais ses efforts sont noyés sous un scénario qui avance au ralenti. Macfadyen, lui, semble condamné à errer en arrière-plan, tandis que Bernal joue un Dave aussi mémorable qu’un sandwich sans garniture. Et les seconds rôles ? On les cherche encore.
On sent bien que le film veut nous parler de la superficialité des banlieues. Problème : il en devient lui-même une caricature. Les références néerlandaises sont si grossièrement plaquées qu’on se croirait dans un guide touristique.
Et ce rebondissement final, qui arrive après une éternité... Ah, trop tard, j’étais parti faire du café.
En somme, "Holland", c’est un peu comme un plat qui sent bon mais n’a aucun goût. Un thriller qui ne frissonne pas, une satire qui ne mord pas. Si c’était voulu, c’est du génie. Si ce ne l’était pas… eh bien, passons.