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Jmartine
202 abonnés
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4,5
Publiée le 29 octobre 2018
Film austère et superbe ...éblouissant malgré le noir et blanc ou le gris qui peuvent parfois être tout aussi lumineux que la couleur...Peu de paroles, de belles musiques...Ida, touchante Agata Trzebuchowska, conditionnée dès l'enfance à l'orphelinat, pour être nonne prononcera-t-elle finalement ses voeux ? le final le suggèrerait..La foi est-elle plus forte que la médiocrité du monde ? Au moins aura-t-elle eu auparavant une saine révélation dans les bras d'un beau saxophoniste...le personnage de Wanda ( Agata Kulesca), sa tante jamais vue, est tout aussi fort ...elle a choisi le socialisme , version procureur et purges , partageant avec sa nièce un lourd héritage qu'elle noie dans l'ivresse. Pawel Pawlikowki signe là un film tout en retenu, renoue avec le passé de sa famille, l'histoire de la Pologne qui n'en a pas fini avec son passé tortueux et de son rapport avec la question juive. A voir absolument.
Le contexte (la Pologne d'après-guerre) est passionnant. Le réalisateur y croise plusieurs thèmes forts à travers la quête d'identité d'une jeune femme : communiste, catholicisme, culpabilité. Dès les premières images, on est séduit par le soin apporté à la mise en scène, au cadre et à la photographie. A cette histoire forte et émouvante, les scénaristes apportent une touche d'humour bienvenue qui donne au film son ton bien particulier et totalement addictif.
Une œuvre forte, intense, quasi essentielle au cœur d'un cinéma mondial qui n'en finit plus de fuir en avant dans la démesure, l'excès et la profusion d'effets spéciaux. Comme un marqueur, Ida, portée par une Agata Trzebuchowska tout simplement éblouissante et lumineuse, vient rappeler que le cinéma peut aussi être un art, une réflexion sur le temps et sur l'humanité. Ida, comme le cinéma de Bresson qu'il rejoint immanquablement (comment ne pas penser à Jeanne d'Arc?), éclabousse par son talent, sa puissance et sa lumière. Ici, pas d'effets, pas de surenchère, pas de complications inutiles : une histoire simple, claire, lumineuse qui vient submerger le spectateur par la profondeur de son propos. Une chef-d'oeuvre signé Paweł Pawlikowski.
Un joli film sur une jeune fille orpheline au couvent qui va découvrir l'existence de sa tante à la personnalité diamètralement opposée mais qui va l'aider à retrouver la trace de leur famille disparue. C'est très bien réalisé avec un très joli noir et blanc et le casting est à la hauteur. Ida va-t'elle prononcer ses voeux et s'enfermer le restant de son existence ou succomber à la vie trépidante de sa tante faite d'alccol, de tabac et de plaisir sous la couette? Un film court qui manque un peu d'émotion mais très agréable pour la soirée...
Nous n'étions pas loin du pur cliché du film d'auteur intimiste profondément ennuyeux. Un fait historique relatant la découverte par une nonne de sa famille disparue pendant la guerre ; c'est l'objet d'une quête psychologique, où le personnage doit retrouver ses origines et en même temps apprendre une part de lui-même. Le but est double ici : une jeune nonne ne veut qu'entrer dans le monde seulement pour raisons familiales. Le reste est interdit : pas d'alcool, de tabac ni de relations spécifiques. C'est d'ailleurs par la mort de sa tante que Ida découvrira le monde qu'elle avait repoussé. Et reviendra chez les Soeurs après. Pure intrigue psychologique, mise en valeur par la photographie, fidèle à l'ambiance des années 60 et au format 1:33, et au cadrage particulier, où les têtes des personnages dépassent le bord cadre pour ne laisser qu'un vide autour. Comme s'ils étaient écrasés par une force invisible. Artistiquement correct, mais les longueurs sont malgré tout présentes, ça doit être une manie chez ces films-là d'allonger les plans et séquences presque inutilement, d'autant plus qu'il n y a pas beaucoup de dialogues.
Les Parisiens aiment décidément le cinéma... C'est fou qu'un film Polonais, sous-titré, en noir et blanc, au format d'image inhabituel 4/3, un film qui parle de la vie d'une religieuse au début des années 60, reste à l'affiche pendant trois mois !!!... La curiosité m'a fait plonger à mon tour dans ce morceau de Pologne communiste qui a du mal à cicatriser les blessures de la guerre toute proche. On en prend plein la gueule au niveau de l'image : brute, froide, minimaliste, elle ne cache rien de l'extrême dénuement du pays. Ce misérabilisme donne un sentiment d'oppression, renforcé par les premières images quasi silencieuses de la vie d'un monastère. On sait qu'on n'est pas venu là pour rigoler, mais cette austérité vous fige littéralement dans votre fauteuil. Mais cette Ida a heureusement un beau regard qui transperce. On est pris dans son histoire. L'histoire de ses origines, très liées à la guerre et au massacre des juifs qui l'a accompagnée. Cette jeune femme, accompagnée de sa tante qu'elle ne connaît point, essaye de savoir ce qu'est devenue sa mère. Ce retour aux sources l'amène à s'interroger sur sa vocation. La rencontre avec un petit groupe de musique Pop et son beau saxophoniste apporte détente et tentation, comme un ilot de bonheur dans un destin aride. Mais la chose paraît finalement trop futile au regard de l'éternité qu'offre une vie au service de Dieu. Elle fait finalement le choix que lui avait réservé le destin, en faisant d'elle une bonne catholique, malgré ses origines. Que dire de ce film ? C'est une tragédie grecque, au sens où les personnages ne sont maîtres de rien. Ils subissent en silence et sans protester. Tout l'inverse de notre conditionnement actuel. C'est pourquoi ce film nous laisse sans voix. Eteints. Pétrifiés. Et aussi un peu agacés car on a du mal à voir dans cette histoire ce qui est notre humanité. Mais sur le plan de la narration, quel beau film ! Il mérite, en tout cas, son succès....
Je suis habituellement un grand admirateur des films noirs et blancs contemplatifs qui évitent d'en dire trop. Mais Ida m'a complètement largué, alors oui le noir et blanc est très propre, les plans parfaitement pensés (bien que trop de dé-cadrage tu le dé-cadrage). Un film qui veut renouer avec le cinéma classique mais qui n'atteint jamais la force de ces prédécesseurs. Un film sur le parcours d'une famille au passé douloureux dans l'après-guerre qui ne parle finalement de rien, décevant.
Un film formellement sublime qui n'oublie pas le scénario, sans cesse au service de l'émotion. Pavlikowski nous offre, avec Ida, une œuvre magistrale : la photo est d'une pureté absolue où la lumière nous souffle à chaque plan, avec un noir et blanc d'une grande beauté. Au-delà de la mise en scène, l'histoire est déchirante et éclaire le spectateur sur les plaies d'un pays en proie aux démons de la reconstruction. Les actrices finissent de donner une dimension extraordinaire au film, tout en contraste et légèreté. Sublime !!
Noir et blanc, format 4/3, musique des années 60, ambiance polonaise post-guerre, caméras fixes, un scénario qui tient sur un post-it. Quelques frissons faciles lors du "dénouement". Une Ida qui m'a laissé dubitatif notamment lorsqu'elle découvre son "sombre secret de famille". Secret qui m'a grandement déçu, l'intrigue étant inexistante.
Un ovni au format carré, esthétique en diable avec de belles ellipses et un "storrytelling" tarabiscoté. Une réalisation soignée, fine et inspirée. Mais l'enjeu est prévisible, le thème un peu caricatural et le tout devient soporifique. Une curiosité.
Wow, quelle claque visuelle ! C’est fantastiquement beau et froid, classieux et épuré. Le format carré de l’image, qui encadre les visages comme des tableaux, est là pour rappeler le poids du secret et le destin des juifs, pendant la seconde guerre, dans une Pologne ruinée qui survit sur les cendres de son Histoire. Le poids des maux fait écho à l’absence de mots et les dialogues réduits génèrent des silences qui trahissent la culpabilité des êtres. C’est remarquablement bien filmé, c’est admirablement bien joué et le trouble qui se distille réside dans une terrible question existentielle que se posent, sans jamais la formuler, deux femmes dont les chemins se croisent. Entre la lumière et les ténèbres, ce film est habité par ses personnages, dans une nostalgie aussi froide que l’hiver qui atténue le bruit des bottes.
Si on caricaturait on pourrait dire pour résumer "film polonais en noir et banc" et on ne serait pas très loin de ce que chacun s'imagine en lisant cette phrase. Le film va bien sur un peu au delà de ça, proposant une vision moins sombre que ce qu'on pourrait imaginer, mais s’empêtrant dans des scènes trop longues parfois inutilement dramatiques et souvent un brin caricaturales (le noir et blanc n'aidant pas). Reste que l'histoire est jolie et le personnage bien construit, malgré une fin franchement décevante (d'un point de vue personnel bien entendu).
Ida est une jeune nonne qui hésite à faire ses voeux pour devenir soeur. Un film austère et magnifique qui fait penser dans sa réalisation exceptionnelle (cadrage, lumière) au couteau dans l'eau de Polanski mais plus généralement au cinéma polonais du début des années 1960. L'actrice principale est une amatrice qui déclarait ne pas vouloir tourner une nouvelle fois, dommage parce qu'elle est exceptionnelle, ainsi que personnage de la tante. Ce film est un questionnement complexe sur les origines et ce que l'on fait de sa vie. Un chef d'oeuvre.
Un film avec une belle photographie, mais avec une histoire qui au départ est intéressante, et qui par le traitement, devient lénifiante tellement le rythme est lent. Pas terrible.