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Léa H.
38 abonnés
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3,5
Publiée le 13 février 2014
Le film impressionne d’abord par sa beauté visuelle : noir et blanc satiné, format 1 :37 permettant de magnifiques décadrages, sens du découpage et de l’ellipse qui retrouvent la force du cinéma muet ; Cette tenue formelle, bien qu’un peu ostentatoire, joue pour beaucoup dans l’intérêt du film, tout comme le pouvoir de fascination de son actrice, elfe opaque qu’on voit se révéler au cours du récit. L’histoire, elle, est plus classique : la rencontre de deux personnages que tout oppose, l’ouverture au monde d’une jeune fille élevée dans le plus strict dogme religieux, la confrontation à un passé traumatique qui a scellé l’existence des deux héroïnes. Ce rapport à la culpabilité, ce parcours initiatique d’une jeunesse qui découvre la « vie vivante » (sexualité, jazz et affirmation des désirs enfouis), tout comme la belle complexité de la femme juge, à la fois modèle libertaire et figure de l’ancienne dictature communiste, tout cela s’inscrit évidemment dans une réalité historique forte et dessine le portrait d’une Pologne qui s’éveille de son long sommeil traumatique. Pourtant, le côté très sage et attendu de la narration et la distance que le cinéaste met avec ses personnages (privilégiant son travail sur la forme) empêchent le film d’atteindre un vrai niveau de trouble et d’émotion. Bref, l’écrin est plus intéressant que ce qu’il recèle.
Encore un film qui parle des Polonais tuant les Juifs pendant la II guerre mondiale. Apparament Pawlikowski a envie de se faire conaitre. J'ai regrette d'avoir payee pour ce film. Il est completement nul. Son histoire bien que le scenario.
Un cadrage singulier et beau. Un très bon film émouvant qui nous fait poser des questions : sommes nous issus de nos racines ou de ce que l'on nous enseigne ?
Premier film de Pawel Pawlikowski tourné dans son pays natal, la Pologne, Ida retrace l’histoire de cette nation à travers les yeux d’une jeune orpheline élevée au couvent, Anna/Ida (Agata Trzebuchowska).
Dans les années 60, alors qu’Ida est en passe de faire ses vœux pour devenir nonne, la mère supérieure lui propose, ou plutôt lui impose, de rencontrer sa tante Wanda (Agata Kulesza). Le but est simple, tester la foi d’Ida en faisant renaître le passé et en l’exposant au monde extérieur, à la tentation.
On suit le film du point de vue d’Ida, de l’ignorance à la lumière en passant par la très récente et très forte relation avec sa tante. La rencontre des deux femmes est marquée par la solitude, Wanda de n’avoir aucune famille, Ida de ne connaître le monde, mais également par la dualité. Wanda, qui a de multiples facettes (personnage politique, mère de famille…) noie son chagrin dans l’alcool et la déchéance, Ida, le visage fermé, mène sa vie selon la foi. Pour illustrer ces états d’âmes torturés et renforcer la nostalgie d’une époque révolue, Pawlikowski revient au format 1,33 dans un noir et blanc magistral, poétique. Le cadrage renforce la psychologie de nos protagonistes par des plans picturaux, décadrés, épurés, laissant place aux natures mortes ou se focalisant sur le visage des deux actrices.
J'y allais un peu à reculons, ayant peur d'une énième approche lacrymale sur les juifs et le nazisme.... Et bien rien de tout ça. Une histoire profonde, de réconciliation avec des racines, de mise à jour de la vérité, de pouvoir (celle qui joue la juge magnifique) et désespoir, d'innocence et de soif de vérité (Ida), mystique. J'ai adoré et été très touché. Subtile et jamais jugeant mais observant et élargissant. On en ressort chamboulé et meilleur. Bravo.
Les critiques presse nous promettaient "un éblouissement", un bijou, "du pur cinéma"...le film n'est pas désagréable mais il n'a rien de transcendant. Pas de surprise. Les silences, le noir et blanc, la photo, tout est attendu. On en sort gris.
Beau film. Quelque peu ténébreux et lisse en contradiction avec son récit chaotique et sombre. Un noir et blanc très élégant sur la pureté de cette femme, vierge de toute histoire et qui en vérité va fuir ce monde dont elle a entrouvert la porte un instant pour y voir la noirceur du monde.
Acclamé par les critiques, succès d’estime en salles et récipiendaire de nombreuses récompenses à travers le monde avec notamment l’Oscar du meilleur film étranger, « Ida » est le prototype même de la bête de festivals. Sortant clairement du tout-venant de la production cinématographique contemporaine et s’affranchissant de toutes les modes, ce long-métrage risque de ne pas plaire à tout le monde par sa facture visuelle et narrative très particulière. On y voit une nonne partir à la recherche de ses origines et de son passé pendant que sa foi se heurte à l’athéisme de sa tante dans la Pologne communiste des années 60. Beau sujet traité comme si le film avait été tourné à cette époque. Et c’est ce qui pourra laisser beaucoup de spectateurs sur le bas-côté.
L’esthétique du film est vraiment soignée et cohérente de bout en bout. Mais on a rarement vu film aussi austère dans sa réalisation. Une austérité payante car les images sont magnifiques mais tout est d’une froideur clinique qui confine à l’ascétisme. Noir et blanc sublime, cadrage carré, quasi absence de musique et dialogues limités au minimum font que « Ida » pourra en rebuter plus d’un. Mais cette forme assumée de bout en bout est aussi peu avenante qu’elle est paradoxalement somptueuse. Les personnages semblent comme écrasés par le cadre et le poids du passé et des âmes. Les plans fixes s’enchaînent comme des photographies artistiques d’antan et flattent l’œil. Mais ce déchaînement de rigueur et de sévérité visuelle est si rare qu’il faut accepter de s’y plonger sous peine de trouver tout cela artificiel. « Ida » est comme une pièce de musée, à la fois poussiéreuse mais au fond finalement universel.
La quête des origines de l’héroïne parvient tout de même à nous captiver. On a envie de découvrir le secret derrière le passé du personnage principal. Si les révélations qui s’égrènent au compte-gouttes ne sont pas renversantes, elles maintiennent notre attention durant les deux tiers avant que notre intérêt s’amenuise dans la dernière partie. Heureusement le film est court et ne semble pas durer une éternité malgré son rythme lent et son penchant contemplatif. Les thèmes abordés sont forts et bien mis en exergue mais tout cela penche parfois trop vers le conceptuel au détriment de l’émotion qu’un tel sujet et que de telles thématiques laissaient présager. Du cinéma d’auteur pur et dur pour public averti.
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À l’image caricaturale de ce qu’on peut se faire de la Pologne, "Ida" est un film froid et austère, illustration d’un pays maltraité par les massacres des nazis et les purges communistes. Le style est marqué mais étouffe l’émotion.
Assurément, l'esthétique est remarquable, tant par son élégance que par ses audaces de cadrage (parfois discutables). Mais on ne regarde pas un tableau, on est censé être au cinéma! Evidemment, l'autostoppeur est séduit par cette nonne presque mutique, énigmatique (on croirait un film noir!); la tante désagréable n'est qu'une communiste implacable et désenchantée; la jeune vierge effarouchée aspire à connaître les délices du monde terrestre mais condamne sans rémission sa parente (on jugera sa foi hypocrite et fort fragile). Quant à l'intrigue, à force de travailler par allusions (pour nimber davantage d'ennui, pardon de mystère secret, l'atmosphère pesante?), notamment sur le contexte politique du pays, on s'en désintéresse alors que les thématiques étaient réunies pour créer un suspense ou du moins une enquête intéressante (quête d'identité, remise en cause de la foi, antisémitisme étatique, ombre stalinienne...). La joliesse d'une image (vaniteuse) ne (me) suffit pas!
Un film initiatique sur la recherche de soi et sur l'importance du passé pour construire l'avenir dans un pays au passé lourd où la population en porte encore les stigmates. L'oeuvre est dotée d'une belle réalisation et d'un duo d'actrice possédant une certaine justesse. À la fois triste et optimiste, l'ensemble aurait mérité plus d'ambition.