magnifique film dont le noir et blanc sied a merveille, tres esthétique avec ses ombre et ses perspectives d'architecture, les actrices bien sur et la musique aussi.
Film austère et triste, mais d'une très grande beauté formelle posant les problèmes de l'identité, de la culpabilité, de l'engagement religieux, servi par deux actrices excellentes. Le N&B, le format 4/3, les plans fixes (à l'exception du dernier), le cadrage avec des personnages souvent petits en bas de l'écran, ou plus grand mais en bas à gauche, toujours dominés par un paysage gris, nuageux, et triste, triste.. une musique discrète, sauf aux moments "relativement gais" comme l'orchestre dans l'hôtel, tout concourt à souligner le lourd passé de la Pologne, que ce soit par le comportement de certains face aux juifs pendant la guerre ou le manque d'enthousiasme de la Pologne communiste des années 60.
Le réalisateur ne nous rend pas sympathique ses personnages, c'est ce qui m'a fait le plus apprécier son film, l'histoire se suffit à elle-même. Merveilleuses actrices!
Voici un put*in de très beau film !!! Beau dans tout les sens du termes. Beau déjà par l'histoire, certes minimaliste, voire simple, mais il n'y a pas besoin de multiples rebondissements. L'histoire n'est pas celle de l'enquête sur les origines d'Ida mais bien sur son éveil à la vie profane et la naissance de sa relation avec sa tante. Et beau surtout par sa photographie exceptionnelle. Et on peut dire que Pawlikowski nous laisse tout le temps de l'admirer : rythme lent, plans fixes, peu de dialogues. La photographie de ce film ne brille pas que par sa lumière et son contraste mais surtout par sa composition. Le choix du format 4:3 est un choix artistique fort qui permet de séparer l'image en quatre. A ce titre, beaucoup de lignes verticales et surtout horizontales viennent séparer l'espace. La plupart du temps l'objet d'intérêt ou les personnages n'occupent que la moitié inférieur (la moitié supérieur étant souvent réservée au divin, au religieux). Ce découpage crée un sentiment d'oppression malgré que ce soit souvent le ciel qui occupe le haut de l'image, comme si une chape pesait sur eux. Et Ida, personnage centrale, héroïne de ce film, elle n'occupe bien souvent qu'un quart (voire même moins : un coin) inférieur, comme s'il elle se refusait à la vie séculière. Quand par hasard elle se retrouve au centre du cadre, c'est pour en sortir immédiatement et revenir dans un coin. L'un des rares moment où elle atteint la moitié supérieur du cadre (via la voiture qui remonte la rue) c'est pour tout de suite passer à un plan où ,priant dans une église, elle occupe à nouveau un coin de l'image. Il y a plein d'exemples dont je pourrais parler mais c'est un vrai plaisir que je ne veux pas vous gâcher d'admirer et d'analyser ces images. Le seule regret que j'ai de ce film c'est que les 20 dernières minutes manquent d'intensité émotionnelle comparativement à la première heure. Cela aurait pu être rattrapé par une belle conclusion, mais je n'ai pas compris le choix du réalisateur pour cette scène finale spoiler: d'Ida filmée de face marchant vers le couvent avec une caméra à l'épaule très instable. Pourquoi ce choix ? Alors que tout est filmé en plan fixe ou par de lents travellings ? Ida est pourtant d'un calme olympien à ce moment là. De cet apaisement qui suit la prise d'une importante décision. Bref, regret mineur pour un très beau film : 4.5/5
Un beau film . Avec une image esthétisée d'un lumineux Une histoire certes bouleversante sur la lâcheté et une époque bien douloureuse de la Pologne. Pologne des années 1960 bien reconstituée . Un film pour autant frisant l'ennui .
Comment ébranler le train-train quotidien d’une jeune religieuse arrivée au terme de son noviciat ? Rien de plus simple : confrontez-la à un passé qu’elle ne soupçonnait pas, faites-la cohabiter temporairement avec sa tante, passionaria politicienne assumée, au mode de vie rock’n’roll, et mettez en péril sa pureté originelle en lui faisant croiser le chemin d’un joueur de saxophone plutôt beau gosse. Le tout sur fond d’une Pologne rurale morne et antisémite. Pour l’emballage artistique ? Un noir et blanc aux cadrages audacieux et une image au format carré ont été choisis pour exprimer sous une forme épurée le cheminement spirituel et la quête d’identité de la jeune fille. C’est malheureusement au détriment du récit et de sa narration que l’on se raccroche par dépit aux qualités visuelles de ce film dépourvu de toute émotion. C’est également le jeu figé et uniforme de son actrice principale qui écarte d’emblée l’empathie que son personnage pourrait susciter. « Ida » est un film contemplatif, livide, vain et l’engouement qu’il provoque me surprend beaucoup. Par chance, soixante dix-neuf minutes ont seulement suffi au réalisateur pour nous infliger cet ersatz de chef-d’œuvre proclamé.
Contrairement à ce que penserez sûrement en sortant de la salle, les Polonais ne croient pas en Dieu. Il y a bien longtemps que Dieu a abandonné la Pologne. Tout ce qui reste aux Polonais, c'est l'expiation d'un péché invisible, mais dont l'abandon divin constitue la preuve irréfutable. Le choix est alors simple : fuir la vie en se réfugiant dans la religion pour expier sans fin, ou bien se suicider. Soit par l'alcool, soit en cédant à la tentation de ce vide abyssal. Vous l'aurez compris, ce chef d'oeuvre en noir et blanc résume toute l'identité polonaise (difficile à comprendre pour les non-slaves, mais à défaut de comprendre, on peut ici le toucher du coeur et de l'âme). N'y allez pas pour voir la vie en rose, mais surtout allez écluser plusieurs vodkas en sortant ... C'est toujours mieux que de rentrer dans les ordres !
Un ovni au format carré, esthétique en diable avec de belles ellipses et un "storrytelling" tarabiscoté. Une réalisation soignée, fine et inspirée. Mais l'enjeu est prévisible, le thème un peu caricatural et le tout devient soporifique. Une curiosité.
Je ne comprend pas les critiques élogieuses pour ce film! D'un ennui ferme, il ne se passe rien, alors oui on en a plein les yeux du blanc, de la neige, en veux tu en voila, l'histoire aurait pu etre intéressante mais voila, à force d'attendre l'action on finit par s'endormir. Je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages. Les seuls moments sympas étaient les moments musicaux avec l'orchestre de l'hotel.
Ça ne m’était jamais arrivé : J’ai vu ce film 2 fois. A la suite ! La première, sans doute, pour me décrasser les yeux. La seconde, pour essayer d’aller au delà de la beauté sidérante des images, et profiter d'un récit dont je n'avais fait qu'entrevoir la subtilité. Le film n’a pas pâti de ces deux séances, "Ida" est un putain de chef-d’œuvre. On mesure soudain à quel point l’expression "belle photographie" est aujourd’hui galvaudée au cinéma, qu’on parle de ces cadres qui se contentent de suivre avec plus ou moins de brio le déplacement des acteurs, ou de la lumière qu’imaginent les chefs-opérateurs. Oui, ce film est un éblouissement. Des films en noir et blanc, on en voit quelques uns. Des tournés en 4/3, plus rarement, tant le format allongé est devenu la norme depuis l’avènement des écrans 16/9ème. Mais jamais choix plus cohérent, plus habité, que celui de Pawel Pawlikowski. Aucun réflexe fétichiste là-dedans, aucun désir vintage, seulement le souci de la forme juste. Ce sens de l’épure, cette façon de composer des cadres où les personnages n’occupent qu’une partie de l’image, ce retour de l’air – une notion qu’on croyait perdue - et cette foi dans le plan qui dure, donnent à l’histoire d’Ida, jeune novice partie à la recherche de ses origines, une puissance d’évocation rarement atteinte. Les personnages d’Ida et de sa tante sont dessinés avec une incroyable délicatesse. Leur questionnement existentiel n'est jamais formulé, et pourtant... Dans le rôle titre, Pawel Pawlikowski a trouvé l’interprète idéale : une débutante au visage encore enfantin, expressions indéchiffrables, regard opaque… Sa beauté mutique habite de bout en bout ce long-métrage bouleversant.