L'histoire, étonnante, fait écho à celle d'un autre documentaire, Sugar Man, pour le côté "reconnaissance tardive et miraculeuse" d'un artiste de l'ombre. Mais à l'inverse de Sixto Rodriguez, le "héros" de Sugar Man qui avait voulu percer dans la chanson sans succès (sauf dans un coin isolé du monde...), Vivian Maier, photographe amateur, ne s'est jamais positionnée en artiste et n'a jamais cherché à rendre son oeuvre publique... Voilà qui pose, de façon intense et troublante, la question de la définition de l'art et de l'artiste par rapport aux notions d'intentionnalité, de diffusion et de reconnaissance. Cette question n'est malheureusement pas approfondie ici, mais elle constitue, en filigrane, l'un des intérêts de ce documentaire. Documentaire présenté, comme Sugar Man, sous la forme d'un conte moderne et d'une enquête pour exploiter le potentiel dramatique de la découverte d'un "trésor caché" et d'une personne qualifiée par ceux qui l'on connue de "secrète", "mystérieuse", "excentrique". John Maloof, réalisateur du film et heureux détenteur de l'oeuvre de Vivian Maier, se met en scène lui-même dans la reconstitution de cette découverte : l'acquisition des volumineuses affaires personnelles de Vivian Maier, l'énorme travail de tri et de classement, le développement et la numérisation de quelque 100 000 photos et films, l'archivage, la promotion de cette oeuvre inconnue... On le suit également dans ses tentatives pour connaître l'histoire et la personnalité de Vivian Maier, via une série d'interviews de celles et ceux qui l'ont côtoyée (essentiellement des personnes qui l'ont employée comme nounou - sa profession), via également un voyage en France pour retrouver ses origines. La forme de ce documentaire est ainsi plutôt classique et convenue, très calculée pour être efficace narrativement (et elle l'est), à défaut de chercher la singularité esthétique. C'est l'histoire qui captive. L'histoire d'une femme qui va de famille en famille pour garder des enfants. Nounou attachante pour les uns, dingue voire violente pour les autres. Nounou pas comme les autres en tout cas, toujours son Rolleiflex autour du cou, captant quotidiennement, avec une sensibilité et une maîtrise technique remarquables, le monde qui l'entoure, sa tendresse et sa souffrance, son étrangeté et sa folie. Captation souvent à la dérobée. Vivian Maier se définissait "un peu comme une espionne". Et comme une espionne, elle a joué avec son nom et son identité, tout en jetant un voile opaque sur son histoire personnelle et celle de sa famille. Ce voile n'est pas levé par l'enquête du documentariste. Et c'est mieux ainsi. Par respect pour elle. Et pour rester dans l'esprit de ses photos, entre ombre et lumière. Enfin, au-delà de l'histoire singulière de cette femme, le documentaire vaut aussi le coup d'oeil pour une autre histoire, celle de la rencontre de deux obsessions : l'obsession de Vivian Maier qui, par son désir permanent de photographier ou de filmer, mais aussi par son souci de tout conserver (journaux, factures et autres objets du quotidien) s'était lancée dans une sorte de recensement compulsif de son monde, de son époque, et l'obsession de John Maloof qui a plongé dans l'oeuvre et la vie de Vivian Maier avec un intérêt (probablement dans tous les sens du terme) et un engagement jusqu'au-boutistes et fétichistes, allant jusqu'à retrouver le village d'enfance de l'artiste en comparant une photo de clocher avec des milliers de photos de clochers trouvées sur Internet... Vive les idées fixes !
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1,0
Publiée le 13 juillet 2021
Un documentaire sur une photographe demanderait une narration en voix off afin de donner un temps d'écran complet aux photos, vidéos et objets personnels de Vivian Maier. Au contraire John Maloof est devant la caméra pendant une longue partie de son documentaire. Le contenu du film est également décevant et un peu triste. La plupart des informations sont déjà connues grâce à des articles de presse et bien qu'il possède 100 000 négatifs de Maier Maloof ne montre pas une seule photo exclusive. Pas une seule fois le documentaire n'a tenté de définir son art ou d'identifier les influences artistiques de Vivian Maier. Maloof la dépeint comme une sorte de savante idiote ou une génie autiste totalement déconnecté des arts de son temps alors que que Maier a été influencée par Henri-Cartier Bresson et les surréalistes et qu'elle a même croisé la route de Salvador Dali. Maloof a effectivement besoin de conservateurs de musée. En montrant sa lettre au spectateur Maloof semble affirmer que les musées ont refusé l'art de Vivian au départ donc je suis au moins aussi compétent que lui pour gérer le patrimoine artistique de Vivian Maier. Il est effrayant que la plupart des photographies de Maier soient sous le contrôle d'une seule personne qui n'a pas vraiment de diplôme en art mais qui agit en tant que conservateur en chef (conservateur nom de la personne en charge d'un musée un directeur ou un superintendant quelle ironie). Alors cher John si je peux me permettre pourquoi ne pas transférer tous les droits de propriété et de reproduction à une fondation sans but lucratif appelée Vivian Maier...
« Un documentaire sur une photographe décédée ». Dit comme ça, ça s’annonce intéressant mais pas forcément mouvementé ! Et finalement j’ai été plus qu’agréablement surprise ! Non seulement le réalisateur nous amène dans une énigme prenante dont on hâte de découvrir le mystère, mais en plus, en découvrant pas à pas la vie de Vivian on réfléchis à de vastes sujets sur la psychologie, la vieillesse, les choix de vie … Le tout agrémenté de clichés magnifiques, témoins uniques de la vie de société à Chicago pendant un bon demi-siècle.
Quand on prend des photos, on construit un monde autour de soi, on crée ce qui nous entoure, on invente et on s’approprie nos rêves. C’est comme ça que je vois le travail du photographe. Pour ce qui est du film ici, je ne sais si c’est le portrait d’elle que j’aime ou bien si c’est sa vie racontée, mais le documentaire est formidable.
Il raconte la vie d’une femme comme la vie d’autres personnes pourrait l’être si quelqu’un venait à redécouvrir les fragments d’une existence originale, marginale et peu commune.
Le documentaire est beau, car il ne se contente pas de raconter ce qu’elle a vu, mais aussi ce qu’elle a vécu. La solitude, la misère parfois et cette deuxième partie est captivante. Hemingway a dit: « On ne devrait jamais rester seul quand on est vieux, mais c’est inévitable »
Cette femme a fini seule comme elle a vécu mais entourée de gens qui ont su l’aider à défaut de l’aimer.
J’ai démarré ce documentaire sans rien connaître de la vie et de l’histoire de Vivian Maier, mis à part quelques photos. Le documentaire m’a donc appris beaucoup, surtout qu’il est construit comme une enquête, un fil qu’on remonte petit à petit et qui permet de connaître ce personnage très hors norme. On doit tout ce film à John Maloof qui a découvert par hasard les photos d’une inconnue et qui a décidé de creuser cette piste en partant à la rencontre des personnes qu’elle avait croisées, des lieux où elle était allée. Ce film est aussi l’occasion de découvrir un bon nombre de clichés de l’artiste. Bref, très intéressant et instructif.
Une histoire tout aussi incroyable et romanesque que celle de « Sugar Man ». Sauf qu’il n’est point question ici de musique mais de photographies. Celles prises en catimini par une nounou pas comme les autres dans l’Amérique des 50 à 70, soit des milliers de clichés jamais montrés à personne et qui ont été rachetés un jour par un type dans une vente aux enchères. Des photos qui vont se révéler dignes des plus grands photographes du siècle dernier. Mais ce documentaire est aussi occasion de découvrir à travers de nombreux témoignages l’histoire d’une femme étrange et complexe qui n’a jamais cherché à faire connaître un art qu’elle ne devait sans doute pas considérer comme tel. Un documentaire captivant, fascinant et tellement incroyable qu’on pourrait croire à une supercherie. Mais en fait non.
Un des documentaires les plus étonnant et passionnant qu'il m'ait été donné de voir. Le film, jamais ennuyeux, est une enquête sur une femme mystérieuse et atypique, une photographe de rue dotée d'un talent immense mais qui n'a jamais souhaité partager son art. Malgré son dévouement à mettre en lumière le travail de Vivian, John Maloof son découvreur ne cache pas non plus ses côtés sombres. L'histoire d'une femme complexe et insaisissable, éprise de liberté absolue. Une artiste solitaire mais passionnée par les humains qu'elle photographiait sans répit.
Vivian Maier est cette photographe dont le travail fut découvert par hasard dans une salle des ventes en 2007 et qui connaît depuis une reconnaissance exponentielle du public. John Mallof l'heureux acheteur, face à l'exceptionnelle qualité des clichés qui n'avaient pour la plupart jamais été tirés, a très vite cherché à rencontrer l'artiste. A son grand étonnement, il a découvert que Vivian Maier était une "simple" nanny décédée, avant qu'il ne l'identifie, en 2009.
Depuis, parallèlement à sa volonté de faire connaître son oeuvre dans le monde entier, il s'est lancé dans une enquête approfondie sur cet étrange personnage. Le documentaire "A la recherche de Vivian Maier" dresse, à travers les interviews de ceux qui l'ont connue, le portrait de cette drôle de nounou. L'occasion de voir ou revoir les photos de l'artiste et de découvrir une femme aussi originale qu' inquiétante. Un documentaire plus intéressant par son sujet que par sa forme.
Le sujet est passionnant. On aurait aimé avoir plus d'élément sur l'oeuvre photographique en elle-même, mais le documentaire nous dresse un très beau portrait d'artiste.
qu'ai je aimé dans ce film ? les photos ou le film ? je crois les 2. Evidemment les photos sont grandioses et Mrs Maier avait un oeil remarquable. Ses photos en n&b sont splendides et nul doute qu'elle aurait eu un énorme succès si elle avait montré son travail de son vivant. Et pourquoi ne l'a t elle pas fait ? cela reste la grande énigme du film ? pourquoi après avoir pris 150.000 clichés, pourquoi n a t elle rien montré de tout ça à personne ? le documentaire est très bien monté et on s'attache à cette énigme y compris dans ses cotés sombres révélés vers la fin. A voir absolument. A quand une expo Vivian Maier à Paris ?
La frontière entre documentaire et film promotionnel étant fine, elle l'est d'autant plus lorsque le réalisateur du film est en même temps le principal détenteur des droits de la défunte Vivan Maier. Le piège est cependant joliment évité. On découvre alors une femme à la fois névrosée et virtuose à l'oeuvre photographique riche et écléctique.
Passionant ce portrait d'une artiste inconnue que l'on découvre après sa mort, et cette enquête pour cerner le personnage et tenter de comprendre pourquoi un talent pareil est resté enfermé dans des cartons tout ce temps. Un talent comparable a Man Ray et Cartier Bresson. Très envie de voir ses photos ! Vivement un expo a Paris !
Une histoire incroyable que celle de cette Vivian Maier ; aujourd’hui, considérée comme l’une des plus grandes photographes US du XXème siècle. En 2007, un petit jeune, lors d’enchères publiques, met la main sur des dizaines de cartons regorgeant de clichés et de pellicules non développés. Faut être fêlé de ce porter acquéreur de plus de 100.000 photos, mais aussi des films Super 8 et de tout un bric à brac… Tout ce bazar constitue toute la vie de cette artiste méconnue de son vivant. Non spécialiste de la photo, l’acquéreur est convaincu de son talent et va tout faire pour la faire connaitre auprès des musées. C’est gagné, tout le monde s’accorde à dire qu’elle offre avec ses milliers de photos prises à l’insu des gens dans les rues de Chicago un vrai témoignage sur les 50’s 60’s et 70’s. Cette femme secrète, discrète et mystérieuse se trouve consacrée après sa mort ; comme les peintres par le passé. Non reconnue de son vivant, son histoire fait penser à celle de « Sugar man » ; le film est surtout monter de la même manière, sous forme de polar. On découvre petit à petit tout le mystère qui entoure cette artiste et qui restera entier à la fin du film. Cette histoire est fascinante de bout en bout mais terriblement documentaire et peu cinéphile. Et puis lorsque l’on rentre dans les témoignages des soit disant proches, le film perd beaucoup de ce qui fait son charme, le conte moderne. Un sensationnalisme douteux. Dommage l’histoire est tellement fascinante. Ce film donne envie de découvrir son œuvre et surtout de refaire de la photo.
Documentaire absolument captivant, ce film s'intéresse tout autant (si ce n'est plus) à la vie de cette photographe inconnue mais au regard génial et absolu, qu'à son oeuvre. Alternant des clichés superbes et émouvants et des interviews de personnes ayant connu cette étrange nounou qui ne vivait quasiment que pour la pratique de son art (mais curieusement pas pour son partage), il nous fait progressivement découvrir une vie ponctuée de zones d'ombre et une personnalité ambiguë, allant de la jeune femme adorant les enfants à la vieille fille sadique envers eux, et atteinte de syllogomanie avec les journaux. Le tout est si fascinant qu'on se demande si, à la manière du film de Peter Jackson "Forgotten silver", il ne s'agirait pas d'un fake...