Un excellent film qui retrace l'histoire lamentable de la liste noire hollywoodienne à travers le regard et l'expérience d'une victime entrée en résistance : le scénariste Dalton Trumbo. Même si la tragique réalité de cette chasse aux sorcières est plus proche du discours prononcé par l'acteur-témoin à la fin du film que de l'ambiance bon enfant, parfois drôle du film, il n'en est pas moins vrai que l'accusation développée tout au long porte un coup fatal à ce qui n'était absolument pas une le résultat d'une opinion" politique. Dalton Trumbo a raison de dénoncer le caractère criminel de l'entreprise de destruction du sénateur du Wisconsin. Le seul problème, sans doute, est l'insistance du scénario sur le génie incomparable de Trumbo. Quel sort eût été réservé aux travailleurs lambdas d'Hollywood, communistes avérés ou supposés, si Trumbo n'avait pas été un écrivain éminent ? Le nom du héros ne dira sans doute plus rien à grand monde. Celui de ses scénarios marque durablement l'histoire du cinéma américain : "Vacances romaines", "Spartacus", "Exodus", "Johnny s'en va-t-en guerre"...
L'histoire interessante et impressionnante d'un scénariste de génie devenu et accusé de communisme par la cours fédérale des Etats-Unis. Une autre Amérique d'un autre temps. Un scénario bien écrit et bien ficelée, un belle histoire. L'histoire d'un génie.
Ce film est une réussite, vrai. Il retrace une époque pas si loingtaine où les noirs de battaient pour les mêmes droits que les blancs, une époque où les communistes étaient vus comme les terroristes d'aujourd'hui. Mais une époque où le Cinéma plus que jamais a besoin de vivre et où la population a besoin du Cinéma. Ce film est merveilleusement bien filmé et joué par des acteurs géniaux. À voir.
Dans le rôle-titre, Bryan Cranston ("Breaking Bad") est incroyable et livre une partition parfaite, très bien entouré par une belle brochette de comédiens. Incontournable !
Je suis surpris par la qualité du film, qui traite pourtant d'un sujet qui peut ne pas être forcément passionnant pour le profane. Dalton Trumbo est un scénariste membre du Parti Communiste, mis sur liste noire et interdit de travailler dès la fin des années 1940 pour cause du maccarthysme. Alors qu'il est au début du film "le scénariste le mieux payé du monde" (sic), il doit diviser son salaire par trois pour survivre, écrivant clandestinement des scénarios, devenant un véritable pisse-copies. Malgré (ou peut-être grâce à) la rapidité à laquelle il doit les écrire, Trumbo recevra deux Oscars sous faux-nom.
Où le film est vraiment intéressant et sort du lot, c'est dans le sens où le manichéisme est plus édulcoré que dans d'autres productions hollywoodiennes. Si le maccarthysme reste présenté comme une vilaine chasse aux sorcières (ce qu'elle a été à bien des égards, bien que, n'en déplaise à certains, MacCarthy ait vu juste plus souvent qu'on ne le croit), la personnalité du scénariste est assez correctement présentée : autant courageux (devant la commission d'enquête sénatoriale) qu'ombrageux et têtu (spoiler: la scène de l'anniversaire de Nicolas ) et incapable de comprendre la détresse, compréhensive, ayant poussé Edward G. Robinson à abandonner Trumbo à cause d'une pression politique trop forte. Dans une scène (avec de beaux dialogues), Robinson dit à Trumbo qui lui reproche son témoignage devant la commission d'enquête : "spoiler: Si je suis fier ? Qui peut encore se le permettre ? Toi bien-sûr, toi, avec tes pseudonymes et tout le reste ? Toi tu travailles dans ton coin, moi je me montre chaque jour : c'est CA mon travail. Le seul que je peux être c'est moi. J'avais pas le choix Dalton ".
Un seul élément me déplaît dans le film, c'est la manie de la production de montrer la femme de Dalton Trumbo comme parfaite, compréhensive, tentant de maintenir le lien entre le père de famille et ses enfants, quasiment toujours souriante, malicieuse, jamais en train de crier... C'est relativement agaçant à la longue. Quelques bonnes trouvailles dans ce film : spoiler: la scène où Trumbo avoue avoir gagné deux Oscars clandestinement est une merveille de réalisation (le plan, la musique qui semble presque dire : "Je vous ai bien eus !"...), également la scène où Trumbo spoiler: assiste à l'avant-première du film "Spartacus" (1960) et où son nom (sur le générique) se reflète dans son verre de lunette , et aussi la scène spoiler: du pétage de plombs anthologique du producteur King , dont l'interprète John Goodman (un colosse) est superbe.
On peut voir dans ce film plusieurs hommages : un hommage au cinéma, au talent, au courage devant une légalité sans légitimité ; comme morale générale, on peut dire, comme l'a fait remarquer un commentateur précédent, que le talent déborde tout, comme de l'eau dans un verre, et que les barrières qu'on lui impose finissent tôt ou tard par céder. On salue au passage la prestation, raffinée, de Brian Cranston dans le rôle éponyme.
Dalton Trumbo est un nom qui en France (même aux USA cela dit) ne dira pas grand-chose et pour cause, d’abord il était scénariste (les parents pauvres de la création cinématographique dans le monde et aux USA en particulier) et en plus il est mort à la fin des années 70. Je le connaissais, pour ma part, parce que j’avais lu son roman « Johnny got a gun », que je considère comme un pur chef-d’œuvre. J’étais donc curieux de connaitre la vie de l’auteur d’un de mes romans préférés (si ce n’est mon roman préféré). Comme le film le raconte, je savais qu’il avait fait partie de la liste noire de ceux accusés d’être communistes et par là même interdit de travailler dans l’industrie du cinéma. Le film raconte avec beaucoup d’énergie et de verve comment il va habilement contourner cette interdiction jusqu’à produire deux scénarios qui remporteront chacun un Oscar à la barbe de la commission chargée de contrôler la création et empêcher ainsi l’emploi de communistes ou de sympathisants communistes. On y découvre un personnage engagé, roublard et entêté qui emploie sa famille entière pour contourner les lois qui l’empêchent de travailler. Bryan Cranston joue avec brio, comme d’habitude, un Trumbo enthousiasmant qui traversa le maccarthysme et réussit à reconquérir sa place dans la création cinématographique sans jamais renoncer à sa liberté et souvent avec panache. Un biopic sur un homme courage et talentueux, mais aussi sur une période qui nous rappelle que parfois l’hystérie sécuritaire ou/et nationaliste peut entrainer un affaiblissement des valeurs contenues dans la Déclaration des Droits de l’Homme et que parfois il est nécessaire de se battre pour les conserver. Un film passionnant sur un homme et une période passionnante de l’histoire américaine. A voir absolument.
La mise en scène de la réalisation est originale, de beaux effets, la biographie qui m’était inconnue jusque là, de ce scénariste prolifique de l’âge d’or d’Hollywood est touchante, dans le contexte de la peur pendant la guerre froide.
Le film est très agréable, cette histoire fascinante, qui plus est, quelques coups d'éclats sont à notés notamment lors de la rencontre entre Dalton Trumbo ( Bryan Cranston ) et Frank King ( génial John Goodman ) et de la collaboration qui s'ensuit. Malheureusement l'ensemble est bien trop bancal et le film souffre de ce qu'il " dénonce ", son académisme. Les acteurs sont dans la surenchère et cabotine, du moins la plupart. Pire encore, le tout manque d'audace et se perd dans son récit qui est certes intriguant et bien retranscrit mais qui use de procédé racoleur et perd donc en crédibilité. Ce biopic est agréable mais trop prévisible, néanmoins j'ai très envie de revoir Johnny s'en va-t-en guerre qui m'avais fortement décontenancé jadis à tel point que je n'avais pu le terminer. Je devrais d'ailleurs par la même occasion me procurer le roman.
"Dalton Trumbo" ou quand l'industrie du cinéma dépend de la politique ! Il ne fait pas bon à être communiste aux États-Unis en pleine guerre froide, et le scénariste de génie Dalton Trumbo s'apprête à en faire les frais. Dorénavant blacklisté par le milieu, ce mouton noir sera forcé de travailler dans l'ombre en utilisant divers pseudonymes durant plusieurs années, afin de continuer à exercer son métier de scénariste dans lequel il excelle (salué par deux Oscars). C'est donc un long parcours du combattant qui attend cet homme, mêlant la liberté d'expression à la pression politique. Et ce sera avec le film "Spartacus", et l'aide de son acteur principal Kirk Douglas, que le boycottage Dalton Trumbo viendra à s'estomper. Un biopic très intéressant sur cet envers du décor politico-cinématographique, retranscrit avec brio sous une réalisation simple mais efficace, et sous une formidable prestation de Bryan Cranston.
Un biopic classique avec une première partie pataude presque ratée heureusement la seconde est plus dynamique et plus intéressante. Ca reste assez caricatural des productions commerciales hollywoodiennes tout de même. Je met trois étoiles pour les infos que le film distille.
Ce n'est pas la première fois que l'affaire des dix d'Hollywood est portée à l'écran. Encore tout récemment les frères Coen l'ont traitée par la dérision, en démontrant toute l'absurdité dans le trop sous-estimé (2016) "Ave César". Jay Roach, plutôt porté sur la comédie (les sagas "Austin Powers" et "Mon beau père et moi"), s'intéresse cette fois au destin de Dalton Trumbo, le plus célèbre des scénaristes de la fameuse liste des "dix de Hollywood". Le scénario de John McNamara inspiré du livre éponyme de Bruce Cook se veut très didactique tout en évitant le manichéisme. Oui, l'époque était folle et infestée d'une paranoïa aiguë mais même un personnage courageux et engagé comme Dalton Trumbo n'était pas dénué d'ambiguïté, se tuant à la tâche une fois banni des studios pour conserver un train de vie de sénateur. Le rôle joué par Edward G. Robinson (Michael Stuhlbarg), tout d'abord franchement acquis à la cause puis finissant par céder à force de pression est significatif de la difficulté à tenir une position quand les enjeux personnels deviennent très lourds de conséquences. Dalton Trumbo pouvait écrire sous un faux nom, un subterfuge auquel n’aurait pu recourir un acteur comme Robinson. Ce film toujours mesuré quelquefois amusant, incite à l'humilité car il est toujours plus facile de juger assis dans son canapé. La prestation de Bryan Cranston venu au cinéma via l'univers des séries ("Breaking bad") est remarquable de sobriété ainsi que celle de John Goodman qui retrouve enfin sa verve ou encore celle d'Helen Mirren parfaite dans la peau fripée d'Edda Hooper, la cancanière anti-communiste qui avec sa rivale et complice Louella Parsons faisaient la pluie et le beau temps à Hollywood via leurs puissantes gazettes et émissions télévisées. Roboratif et didactique.
le film déroule fidèlement le récit d'une période pas très glorieuse de l'Amérique. A voir pour tous ceux qui connaissent bien cette époque, et surtout pour ceux qui ne la connaissent pas!
Quel plaisir de revoir Bryan Cranston, le prof de chimie de Breaking Bad, dans le rôle du cinéaste Dalton Trumbo, interdit professionnel à Hollywood sous le maccarthysme pour ses opinions communistes. Helen Mirren est époustouflante conne d'habitude dans le rôle d'une harpie maccarthyste. A voir!
LA FRAYEUR ROUGE. Camarades communistes dehors. Le maccarthysme a sévi, normal quand on écrit des scénarii comme la nonne nympho, meurtre au cirque ou le martien et la fermière. Drôle de métier scénariste!!!! Mais Dalton Trumbo c'est aussi des Oscars et la performance de Bryan Cranston est réussie. De l'artifice dans les personnages,de la rigueur et de la fluidité. C'est la lutte...