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WutheringHeights
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3,5
Publiée le 14 avril 2015
Avec des plans-séquences nerveux et une mise en scène au plus près du jeune héros, le film rappelle l'univers des frères Dardenne (...). Dans un Berlin qui semble indifférent à la solitude des deux enfants, le film nous emmène dans la fuite en avant de Jack et Manuel, une course après une mère aux abonnés absents. Partout, tout le temps, Jack est confronté à des préoccupations et des situations qui ne sont pas de son âge. (...) Mais quand sa mère lui parle au téléphone ou lui sourit, il redevient en petit garçon. C'est ce paradoxe d'un enfant débrouillard mais pas encore adulte que capte brillamment Edward Berger, avec une sensibilité brute.
Un garçon dans l'errance qui apprend à devenir adulte à défaut d'avoir une mère responsable. Peu de dialogues et une mise en scène sobre pour un film corps-à-corps !
Jack, garçon de 10 ans, vient rejoindre la cohorte d'enfants de cinéma délaissés et devant prendre leur destin en mains dans un environnement hostile. Ici, il s'agit de Berlin, méconnaissable, jungle urbaine où la course éperdue et nocturne de deux enfants peut passer inaperçue. Jack vaut principalement par la prestation incroyable de son jeune interprète, père par substitution de son frère cadet, devant les absences répétées de sa mère dont on devine en creux les raisons de son insouciance coupable vis à vis de ses deux fils, qu'elle a eus bien trop tôt. Jack n'est pas qu'un film sur l'insuffisance d'amour, il est le portrait d'un gosse obligé de grandir vite et apte à comprendre tous les codes de la société des adultes. La mise en scène, dardenienne, ne lâche pas son jeune héros d'une semelle. Le caractère imprévisible de la quête de Jack compense l'aspect parfois répétitif du scénario.
Un sujet déjà traité plusieurs fois au cinéma: celui d'un enfant dont la mère se comporte de façon irresponsable et qui doit assumer des tâches qui ne sont pas de son âge. C'est le cas dans ce film: la mère de Jack a des comportements de gamine instable, tandis que le garçon s'occupe de tout à la maison, y compris de son petit frère. Repéré par les services sociaux, Jack est placé dans une maison d'accueil, mais des circonstances le propulsent dans la fuite. Il fugue, retrouve son petit frère et tous deux s'en vont à la recherche de leur mère. Le film prend l'allure d'un parcours d'obstacles. Jack court d'un endroit à l'autre et s'efforce de franchir, l'un après l'autre, tous les obstacles auxquels il se heurte. C'est impressionnant mais aussi un peu lassant. Les scènes se suivent et se ressemblent toutes. A voir, mais ce n'est certes pas un film inoubliable... Ce sujet a été mieux traité par d'autres cinéastes, me semble-t-il. 6,5/10
On ne peut éviter de comparer ce cinéma à celui des frères Dardenne. C'est une chronique sociale féroce, avec une urgence soulignée par les courses un peu incessantes des frères et de Jack en particulier. La caméra colle au grand frère. Le scénario est assez imprévisible, la fin un peu surprenante. La tension est maintenue par une grande absence de musique. C'est du cinéma qui garde l'essentiel, bien dégraissé, efficace. Le film manque toutefois un peu de crédibilité avec cette indifférence générale face à nos très jeunes protagonistes qui errent la nuit, sans que personne s'en émeuve.