Derniers Avis : Les Filles du Docteur March - Page 18
Les Filles du Docteur March
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cosette2010
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4,0
Publiée le 21 janvier 2020
Très jolie version de cette histoire qui a bercé mon enfance. Saoirse Ronan est excellente, et me rappelle sans cesse ma fille. Timothée Chalamet confirme son talent. Très bon moment.
J’ai beaucoup aimé ce film, rythmé, nerveux, capable de concentrer en un peu plus de deux heures toute la sève créatrice qui coule dans le livre éponyme ; c’est assez rare pour le souligner. Les actrices sont absolument géniales avec en premier lieu Ronan Saoirse qui sublime le rôle de Joséphine March le rendant crédible pour tout un chacun. Car c’est l’élément étonnant de cette œuvre, qu’elle soit livresque ou cinématographique : Comment peut s’intéresser ou même essayer de s’identifier à des jeunes femmes aux Etats-Unis à la fin de la guerre de sécession ? Et pourtant, nous serons soit des Meg’s, soit des Amy’s, soit des Jo’s ou soit des Beth’s. Les caractères bien trempés de nos quatre héroïnes savent encore nous parler cent cinquante années plus tard ; elles étaient tellement de leur temps tout en étant des personnes qui ruaient dans les brancards, elles savaient sublimer leur époque. Bon rythme, belle photographie, sauf le recours au flashbacks continuel et systématique pourrait nous fatiguer quelque peu. Mais, on connait l’histoire et on se complait à rentrer dans l’histoire dans les différentes époques sans sourciller.
J'avais beaucoup hésité à aller voir cette énième version des filles du Dr March. Ses diverses nominations aux Golden Globe et Oscars m'ont décidé à franchir le pas. Je suis au final assez déçue de cette version et ne partage pas l'enthousiasme général. Greta Gerwig a voulu faire original en émaillant son film de nombreux flash-back, mais c'est là un des principaux défauts du film outre sa lenteur et sa longueur. On a du mal à s'y retrouver dès le début et s'est assez déstabilisant d'avoir à faire des gymnastiques de l'esprit pour retrouver le fil. Les décors sont beaux et les acteurs sont parfaits dans leur composition (Ronan, Streep, Pugh et Scanlen en particulier). Saoirse Ronan qui incarne Jo est vraiment remarquable (comme dans ses autres films) et porte à elle seule tout le film. Cependant, il est regrettable d'avoir autant sous-exploité les autres personnages. Ca manque de richesse, et d'audace, c'est trop propret et convenu. Ce film n'apporte rien de plus par rapport aux autres versions et son casting de rêve ne suffit pas à me faire l'apprécier.
Un mot sur le titre francophone vient de sauter et cela veut presque tout dire. À l’heure où les femmes doivent se battre pour leur image et leurs droits, nous sentons une réelle envie de créer la différence. Mais elle se traduit par une distance qui ne sera pas négligée quant à l’approche moderne de l’œuvre de Louisa May Alcott, pour la énième fois sur grand écran. Greta Gerwig impose son style, impose le changement. Nous lui reconnaissons une certaine aisance d’écriture chez des personnages juvéniles, notamment avec “Frances Ha” de Noah Baumbach et “Lady Bird”, qu’elle réalisera plus tard. Et pour cette adaptation, nous la sentons motivée et fidèle à elle-même, bien que sa démarche possède ses limites. Après être passé tant de fois sur une même histoire, la question qui préoccupe le plus c’est sur l’utilité de l’œuvre et si elle pourra s’inscrire dans la lignée des “Little Women” qui ont marqué leur époque, avec leurs talents de l’époque. Ni oui, ni non.
Doté d’un casting prestigieux, la production mise tout sur ces figures féminines qui cherchent avant tout à épouser l’émancipation, avant de trouver l’homme à chérir. L’intention est louable, car on nous immerge dans une époque très distincte, où les esprits artistiques se manifestent. Pour Jo (Saoirse Ronan), l’écrivaine amateure, il y a un désire de reconnaissance fort, comme on le souligne avec les échanges entre elle et son éditeur. Il y a une certaine revendication de justice derrière ces dialogues qui anticipent justement la fin d’une œuvre qui ne semble pas plaire à Gerwig. Elle le remanie avec intelligence, ce qui n’est pas forcément le cas de la structure narrative de son film, à y perdre un nouveau spectateur ou même un aguerri de l’histoire. Les flash-backs sont soutenus et reviennent en masse pour se donner les moyens de comprendre comment cette jeune fille, et miroir de l’auteur, s’est retrouvé à travailler loin de sa famille et loin de l’amour, qu’elle s’amuse à décrire à défaut de la ressentir.
Dans son panier nostalgique se retrouvent donc Meg (Emma Watson), l’aînée qui aspire à une vie romantique, Beth (Eliza Scanlen), la musicienne humble et attentionnée, puis Amy (Florence Pugh), une cadette au fort désir de réussir, plus que Jo, qui se perd lentement dans ses pages, au lieu d’épouser le monde qui l’entoure. Il faudra tout de même une Marmee (Laura Dern) pour recadrer tout ce beau monde, mais la gaieté n’est qu’illusion concernant ce personnage parfois maladroit, mais qui aura un peu plus d’élégance qu’autrefois. Pour la fameuse tante capricieuse (Meryl Streep), peu de choses à dire, si ce n’est cette fresque traditionnelle que l’on écarte volontairement pour laisser place à la jeunesse décadente mais indécise. Il fallait tout de même le merveilleux Laurie (Timothée Chalamet) afin de révéler Jo et ses ambitions féministes qui les orienteront vers une indépendance nuancée et bienvenue.
Outre un dénouement qui se détourne du roman et les quelques points de vue depuis Paris, “Les Filles du Docteur March” de Greta Gerwig manque d’être un coup de cœur dès lors que le récit ne rationalise pas toujours tout et met tout sur le dos d’un fait social d’actualité. Le fait d’écarter le professeur Bhaer (Louis Garrel) est sans doute la plus grosse erreur de la réalisatrice, qui ne pousse justement pas sa Jo à embrasser pleinement sa passion et l’amour qu’elle extraire peu à peu de ses écrits. Cependant, il faut reconnaître une certaine audace à vouloir déconstruire le récit sur l’écran, mais le débit d’informations est inégal pendant une majeure partie de l’œuvre, qui ne sait jamais s’arrêter, car le discours est dense et le discours est radical. Les bonnes idées sont souvent des détails qui n’entretiennent pas assez la cohérence dans le soutien que Jo perd de sa famille, notamment avec l’ascension d’une Amy remarquable et dotée d’un nouveau prestige au sein de l’histoire. Et à défaut d’avoir une partition que l’on ne boudera pas pour Alexandre Desplat, le mixage l’exploite si généreusement qu’elle devient envahissante pour le visionnage. Voulant aller dans tous les sens, la réalisatrice éparpillent trop ses idées pour qu’on en garde un profond souvenir convivial. Son film résonne davantage comme une provocation assidue et mal interprétée. Il y a du bon, mais il faut parvenir à le voir pour avoir une chance de toucher à l’émotion.
"La performance de Saoirse Ronan est vraiment superbe. Elle incarne une Jo pleine de caractère et de fougue. Elle fait vraiment honneur au personnage et éclipse les autres actrices." Lire la critique complète sur mon blog : https://darkbrume.blogspot.com/2020/01/les-quatre-filles-du-docteur-march.html
Un montage qui manque cruellement de fluidité : personnage mal installé, on se perd entre les époques, on ne voit aucune différence d'âge entre les soeurs, (qui ne collent d'ailleurs pas avec les actrices qui en ont le double du roman). Bref, un film de casting, sans profondeur, brouillon. Pas un film pour les gens de mon âge, mais plutôt pour adolescente gloussant aux apparitions de Chalamet et Norton. Dommage, Alcott mérite mieux.
Un film d'une effroyable platitude, je me suis littéralement ennuyé dès la première minute, et ça ne m'arrive pas souvent. Le pire c'est qu'à mon avis la réalisatrice n'a rien à se reprocher, ni le casting: le problème est que cette histoire est complètement désuète, raconte des histoires franchement barbantes en 2020, dépeint un monde disparu depuis plus d'un siècle (et quels changement au cours de ce siècle!), franchement tout ceci sent tellement la naphtaline que ça en devient démoralisant. Féministe ce film? Sans doute oui, lors de sa parution en... 1868. Le souci c'est que le monde a légèrement changé entre temps, contrairement à ce que les producteurs à l'affût d'une film "metoo" dans l'air du temps ont l'air de penser, et la représentation des femmes et des rapports sociaux de ce film sont tout à la fois à peine digne de la bibliothèque rose en termes d'émotions et d'enjeux, et franchement pas loin d'être rétrogrades selon des critères modernes. Alors après, tout ceci est certes bien fait, les filles jouent bien, mais contrairement aux dires de sa réalisatrice, on se demande vraiment l'intérêt de cette version et tout ça sent surtout très fort le film de commande: il n'apporte strictement rien à ses prédécesseurs (oui je sais la fin a légèrement été changée, mais bon...) et n'a aucun style propre. Si on avait fait un film revisité version 2020, ça aurait été différent. Dommage donc que (et surtout pourquoi?) personne n'ait eu l'idée de faire une mise à jour.
Ce film est un régal. Il passe à une telle vitesse que l'on regrette quand la fin arrive. Même si on connaît plus ou moins l'histoire, ce nouveau film est le bienvenu. Beaucoup d'émotions. Une réalisation parfaite, deux heures de bonheur en compagnie des 4 sœurs.
Une magnifique interprétation littéraire De toutes les versions que j’ai vu et lu, c’est la meilleure. Elle met en exergue la vie des personnages et de celle de son auteure. C’est la version la plus féministe et la plus revendicative. Alors je suis désolée de découvrir qu’autant de spectateurs se sont fourvoyés en regardant ce film. Tout d’abord le parti pris par Greta Gerwig de ne pas faire une interprétation purement littérale donne de la profondeur aux destins des jeunes filles. Le personnage principale Jo est le reflet de la vie de Louisa May Alcott. Tout commence par le choix de Jo de confirmer son indépendance financière en vendant ses écrits. C’est de ce point départ que l’on comprend mieux le point de vue du personnage et de son auteure. Les femmes de son époque sont complètement prisonnières des dictactes des hommes. Dès les premières minutes du film, les écrits de Jo sont critiqués. L’éditeur lui dit d’emblée que si ses personnages sont féminins, ils doivent soit mourir à la fin ou se marier. La vie d’une femme se résumerait à sa mort ou à son mariage. Entre les deux, elles n’existeraient pas. Or, si l’on connaît la vie de Louisa, on découvre qu’elle ne s’est jamais mariée. A la fin du film, on retrouve le même contexte. spoiler: Elle montre son livre à son éditeur qui lui dit que son personnage principal doit se marier. A ce moment-là, Jo n’a pas de fiancé et demeure la seule célibataire vivante. Après avoir marchander sur le pourcentage de gains avec son éditeur, elle démontre son indépendance et sa force de caractère à mener sa barque toute seule. Juste après, on voit le retour de Friedrich Bhaer qui finirait avec Jo. Mais cette scène est commentée en parallèle par Jo et son éditeur. Cela prouve littéralement que Jo ne retrouve jamais Friedrich sauf dans son livre. La scène bucolique finale contente les gens qui apprécient les fins heureuses alors qu’en fait, elle est purement fictive. Il y a également des indices qui montrent que le mariage des 2 autres sœurs n’est pas si heureux que ça. Le bonheur des sœurs ressemble plus à une fin littéraire qu’à la vie réelle. D’ailleurs, si l’on réfléchit un peu. On se rend compte qu’il est impossible que Jo se marie avec Friedrich. Ce personnage est imbu de lui-même. Si dans le livre, Friedrich fait la cour à Jo pendant 15 jours avant que Jo accepte d’être son fiancé. spoiler: Dans le film, la rencontre dure le temps d’une soirée. Ce sont ces sœurs qui lui disent qu’elle est amoureuse. Jamais, Jo n’a pensé une seule seconde à lui jusqu’à qu’il arrive pour la retrouver. La scénariste a eu le génie de faire son film en fonction des pensées de ses personnages. Comme on sait à quoi pense les sœurs (avec l’aide des retours en arrière), on comprend mieux leurs sentiments. C’est pourquoi on devrait comprendre immédiatement que la fin du film n’est pas la fin de l’histoire des 4 sœurs mais la fin du livre écrit par Jo. « Le récit à l’intérieur du récit ». Une pirouette formidable qui contente tout le monde. Un très bon moment de cinéma intelligent et sensible.
Très beau film... Caméra de qualité, belles images et couleurs ... Moment agréable qui nous plonge dans l'univers du livre. Les personnalités des quatre filles sont bien appréhendées, un petit coup de cœur pour la modernité et la trempe de Jo March. Mériterait à être raccourci et condensé, 2h15 paraît long pour un film romantique sans réelle intrigue.