De Samperi j’avais beaucoup aimé La Bonne, qui pour moi faisait figure de chef-d’œuvre du genre érotique et j’avais donc quelques attentes avec ce film considéré comme l’un de ses grands succès commerciaux. Malheureusement on est pas au niveau de La Bonne, en particulier à cause d’un scénario assez oiseux. Pourtant, de base ça ressemble un peu à La Bonne, mais dans une version incestueuse, mais non… L’histoire commence bien, pose des bases intrigantes, puis rapidement ça commence à se déliter. D’érotisme, on en aura que superficiellement, de temps à autre, pas souvent mais presque toujours sous forme lourdaude, à la Tinto Brass, à base de zoom sur des sexes poilus ou de séquences pseudo-érotiques dans des intérieurs chics, mais assez risibles par la manière pataude dont elles sont placées. Vous ne verrez ainsi aucune vraie scène de sexe (c’est assez bizarre !), mais des fesses, des pubis, des seins, et puis c’est tout ! Par contre ça cause beaucoup sexe, et c’est à la fois répétitif et souvent grotesque. Puis mince, on veut pas des mots nous, on veut de l’action ! Ca parle, ça parle, et l’histoire tourne assez vite en rond, faut se le dire. Pourtant les personnages sont plutôt intéressants, surtout celui du frère. Il y avait de quoi faire avec des personnages qui ont de la consistance, mais l’intrigue reste empêtré dans un érotisme soft et des dialogues longs et oiseux qui donne l’impression d’assister à un spectacle vaguement scabreux mais pas vraiment pensé. Heureusement, la réalisation est belle, avec une photographie très soignée, des décors vénitiens de premier ordre, et il subsiste de bons moments comme celui du défilé de mode que j’ai trouvé érotiquement facile, mais visuellement bien fichu. En fait la réalisation et la technique sont là, mais comme le fond est limité, ben ça fait catalogue papier glacé.
Les deux acteurs principaux sont bons. Ils collent bien à leurs rôles et Lorenzo Lena, un débutant même pas acteur, surprend agréablement, jouant bien l’ambiguité sous des dehors « angéliques ». Guerritore tient la route et j’ai apprécié son look peu ordinaire, avec ses cheveux très courts et colorées. Ca donne une modernité à son personnage. Honnêtement, leur duo parvient à sauver plus d’une scène du ridicule.
Enfin, je note une bande son correcte mais beaucoup moins touchante et émouvante que celle de La Bonne qui participait complètement de la force de ce dernier film.
En clair, Les Plaisirs interdits est un film érotique assez décevant. Il se laisse voir, surtout car il est visuellement propre et est bien emmené par un duo d’acteurs convaincants, mais j’ai trouvé l’intrigue molle, peu subtile, les dialogues grotesques par moment, et surtout l’érotisme, le noyau dur du film puisqu’il en est le propos même, est mal maitrisé. Il est rare, et lorsqu’il est là il est souvent grossier, balourd, et il n’y a finalement que la scène finale que j’ai trouvé au niveau de l’érotisme de Samperi. 2.5